30/06/2010

Le pied, ce n'est pas le pied (4)

« Papa, tu fais les pieds de porc ? ». « Gamin, écoute ça : il faut braiser et désosser les pieds de porc ». « C’est quoi, braiser, papa ? ». « C’est là que je coince, gamin. Je suppose qu’il n’y a pas une erreur d’impression mais je n’ai jamais braisé personne ». « Et désosser, c’est enlever les os, papa ? ». « Je suppose, gamin. Pourtant, quand j’achète du jambon à l’os il n’y a pas d’os dedans. Et le jambon c’est juste ce qu’il y a au dessus du pied de porc, que je sache ». « Parce que le jambon c’est du cochon, papa ? ». « Ben oui, gamin, c’est ce qu’il y a entre les pieds et les côtelettes. C’est pour ça que le jambon est cher : c’est parce que le cochon a des milliers de côtelettes mais il n’a que quatre pattes dont deux avec du jambon ». « Pourquoi, papa ? ». « Les cochons, c’est comme les grenouilles, gamin. Dans les grenouilles on ne mange que les pattes de derrière, celles qui servent à sauter. Celles de devant c’est pour lire le journal, se brosser les dents ou faire des pieds de nez ». « Et des pieds de nez, ça se mange, papa ? ». « Je n’en ai jamais vu au rayon des surgelés, gamin. ». « Papa, j’ai appris à l’école qu’on pouvait faire du vin en plantant des pieds de vigne. Si tu plantais les pieds de porc dans des pots que tu mettrais sur le balcon, on aura peut-être du jambon pour pas cher ». « Bonne idée, gamin. Vas fouiller dans la poubelle de la voisine de palier. Elle se fait souvent des moules mais elle ne mange pas la barquette. On va y planter les pieds de porc. Gamin, si tu trouves des pieds de vigne, ramènes-les, on fera du vin ». « Oui, papa ». (la suite vendredi)

11/09/2009

Cherche psy dodo canapé

Je me suis trompé de photo quand mon psy m'a demandé si j'en avais une de moi quand l'étais jeune, pour voir si j'avais déjà la bosse des maths, le creux de la vague, la langue bien pendue, la culotte de cheval, les nerfs à fleur de peau, les guibolles qui flageollent, un poil dans la main, une odeur de moquette fumée, les seins qui louchent, les dents de la mère, une cervelle d'oiseau, des pieds de porc, une langue de boeuf, les dents du dessous qui baignent, les pieds dans le plat, l'oeil de Moscou, la rate qui se dilate, les deux doigts dans le nez, le nez en trompete, une tête à claques, les tripes à la mode de Caen, le waterzooï à la gantoise, la tête pressée entre deux saindoux comme chez le boucher, une côte à l'os, un oeil qui dit coucou à l'autre, un coucou qui sort quand c'est l'heure, un cheveu sur la langue, une langue de bois. Quel questionnaire j'ai du subir. Ah, il faire beaucoup d'études pour être psy. C'est quand je lui montré la photo que ça c'est gâté. " Vous avez besoin de vacances. Et tout de suite. Mais pas dans mon canapé. Allez, réveillez-vous ".

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17/08/2009

Cherche la vocation du gamin

Je le sens gros comme une maison, le gamin a ce qu'il faut pour devenir chirugien. (une photo du demi poulet avant dissection a été postée le 15 août) Il faisait pluvieux ce jour là et, en papa responsable et éducatif, j'ai entrepris d'ajouter à la culture du gamin la culture du poulet, autrement dit comment retirer et trier le 'à manger' et le 'à pas manger' d'un poulet précuit acheté dans une barquette sans le laisser tomber par terre plus de quatre fois parce que le poulet précuit ça glisse quand il est chaud. Première leçon : travailler avec le poulet précuit refroidi si vous l'avez chaud et refroidi aussi si vous l'avez acheté froid et réchauffé par erreur. Et de un, ça glisse moins, et de deux on ne se brûle pas les doigts. Deuxième leçon : si le poulet précuit a été acheté chaud et est destiné à être consommé tout de suite, ne le laisser pas refroidir, manger ce que vous avez à manger et laisser ce qui reste refroidir après. Jusque là le gamin a tout compris. Troisème leçon : confisquer les objets chirurgiquaux du docteur Maboul, le poulet n'est pas un jouet, c'est de la nourriture et on ne joue pas avec la nourriture sauf avec la purée assez ferme avec laquelle on peut faire des sculptures. Mais ce n'est pas du jeu, c'est de l'art. Quatrième leçon : vas-y gamin, prends les outils qui te semblent utiles et débrouilles toi. Scié. Pas le poulet. Moi, j'étais scié de voir comment il s'y est pris, Il a scalpé le poulet, l'a désossé. J'ai même appris des choses : il faut trier les déchets de poulet entre les recyclables et les non recyclables. Les os, par exemple, et spécialement les petits pointus, sont à jeter Les peaux et cartilages sont à donner aux animaux. Le gamin m'a appris que je ne devais pas mettre ces déchets sur le balcon car, au cinquième étage, je ne vais nourrir que des mouches. Je dois les déposer dans le parc, mais pas sur les bancs. Voici le résultat du tri sélectif du gamin : 

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21/06/2009

Cherche un bon barbecue

Le dimanche c'est creux, pas beaucoup de lecteurs. C'est normal, c'est barbecue chez vous ou chez des amis. Le barbecue, la joie des bouchers. Hop, les viandes avariées, hop, dans une marinade avec des herbes réhydratées et avec de l'huile, hop, promotion, hop, brochettes, hop, bénéfice. Seul investissement : une baguette en bois. " C'est le vin rosé qui m'a rendu(e) malade ". Non, non, c'est la brochette de boeuf faite avec des morceaux d'une entrecôte qu'une dame est venue rapporté parce qu'elle n'avait pas commandé une entrecôte aux champignons. " Prends quelques spare ribs ". " C'est quoi ? ". " Des côtes d'agneaux ". " Elle est où, la viande ? ". " Tu dois ronger l'os ". " Ouaf, ouaf, j'ai pipi, c'est sur quel arbre que je peux lever la patte ?. " Où as-tu trouvé des merguez orange, il ont du se tromper dans les doses de colorants. Tu as l'étiquette avec la composition ? ". " Non, c'était en promotion, en vrac, au kilo, vente rapide, à consommer le jour même, ne pas congeler ". "Dis, il y a quoi pour manger. J'ai faim ". Je cherche un bon barbecue. Si nécessaire j'apporterai une bouteille de rosé. 

09/02/2009

Cherche un chien volant

Certain(e)s ont cru ou croient que je n’aime pas les chiens. C’est faux. Je les adore. Et pas à l’ail comme les cuisses de grenouilles, ni bourrés de viande de porc comme les cailles farcies, ni en magret comme le canard, non, je les aime comme on adore un chien de qui on dit : « Il ne lui manque que la parole ». Heureusement qu’ils n’ont pas la parole. Je n’aimerais qu’un chien aille raconter ce qui se passe chez moi. Si je n’ai pas de chien c’est parce que j’habite au cinquième étage. Mais je ne désespère pas, je crois aux miracles, au chien volant descendu du ciel pour aller ronger les os des côtelettes que je lance sur les balcons des immeubles d’en face, au cinquième étage. Ne soyez pas médisant, même si c’est vrai que, ce faisant, j’économise des sacs poubelle. Non, j’attends. Si un jour, ou peut-être une nuit, un chien noir, me trouvant endormi, trouve un os, de l’autre côté de la rue sur le balcon d’en face au cinquième et me le ramène sachant que c’est moi qui l’ai lancé, je me rase et, barbe à ras, je l’accueille. Je cherche un chien volant.