21/05/2009

Cherche le dénouement

Je ne dors plus. On m’annonce que je dois être mûr pour enlever le plâtre. J’ai peur d’un massacre à la tronçonneuse. Je n’en ai pas mais j’ai déjà vu une tronçonneuse. Si j’éternue pendant le spectacle je serai transformé en rondelles, en carpaccio sans le parmesan, la roquette et le vinaigre balsamique. Mon Dieu, c’est ma dernière volonté : j’ai envie d’un carpaccio, un vrai. Un carpaccio en entrée. Après, un américain (steak tartare pour les français) frites mayonnaise. Trou normand à l’Eau de Villée et, ensuite, puisqu’il faut manger du poisson pour le phosphore, douze cuisses de grenouilles à l’ail. Attention : pas douze fois une cuisse mais douze fois deux cuisses. Pas des cuisses de grenouilles unijambistes. Une grenouille unijambiste ça tourne en rond, dzoing, dzoing, dzoing, comme moi quand j’essaye de me gratter avec mon plâtre à gauche quand ça chatouille au cou du côté droit. J’a dit au cou mais ailleurs c’est le même. Seigneur, j’ai honte de vous embêter avec mes petites histoires. C’est pourquoi je vous laisse le choix du dessert, avec une petite préférence pour une crème glacée à la vraie vanille surmontée d’un bon chocolat belge. Mon Dieu, le dénouement est proche. Donnez-moi la force de ne pas éternuer pendant la tronçonneuse.  

30/04/2009

Cherche l'énigme

« Docteur, pour les séances de divan, faites-vous des abonnements à prix réduit ? ». « Non, pourquoi ? ». « Je crois que ça va être long avec moi, docteur. Je suis une énigme pour moi-même ». « Qu’est-ce qui vous turlupine aujourd’hui ». « Je n’aime pas ce mot, docteur. Je n’ai plus turlupiné depuis des années-lumière. Il n’y a plus de lumière, docteur. Quelqu’un a du couper le courant ». « Avez-vous des indices sur l’origine ». « Quelqu’un m’a dit que je faisais une obsession sur les raviolis ». « Ah bon ! Je ne vois pas le rapport ». « Vous voyez, docteur, vous ne voyez rien non plus. Pas de rapport, c’est ça qui me turlupine ». « Mais ! ». « Docteur, moi je peux le dire. Je paye pour le dire ». « Sans vouloir vous demander le prix d’une séance, expliquez-moi comment vous préparez les raviolis ». « En ouvrant une boîte, docteur ». « Bien, bien. Ensuite ? ». « Quand c’est chaud j’appelle le gamin pour qu’il vienne à table ». « Je veux dire : entre les deux que faites-vous ? ». « J’allume le gaz. Le gamin n’aime pas les raviolis froids ». « Bien. Racontez-moi. Que mettez-vous sur les raviolis, du gruyère, du parmesan, du persil de la ciboulette ? ». « C’est quoi ça, de la ciboulette, docteur ? ». « Ce sont de fines herbes qu’il faut couper en tout petits morceau ». « C’est trop dangereux la ciboulette, docteur ». « Mais non, c’est bourré de vitamines ». « Je veux dire que c’est dangereux pour moi si je dois la couper en petits morceaux, docteur. Je n’ai déjà pas facile pour ouvrir la boîte, j’en mets partout, d’ailleurs je ne mets plus les raviolis dans une casserole, ça fait trop de vaisselle, je chauffe la boîte ». « Mais il n’y a pas de manche à une boîte ! ». « Je sais ». « Et alors ? ». « J’attends que ça refroidisse. Une expérience m’a suffit. Pas con, hein, docteur ». « Ce sera tout pour aujourd’hui. Vous restez une énigme pour moi ». « A propos, docteur ». « Oui ». « Pour la prochaine fois mettez plus de coussins sur le divan ».

03/04/2008

Cherche à me recycler

« Gamin, je change de boulot ». « On t’a mis à la porte, papa ? ». « Non, gamin, mais j’ai envie de faire autre chose. Tu sais, que des photocopies à faire, ça me déprime parce que ça me fait penser à un charcutier qui débite des tranches de jambon à longueur de journée. La différence, gamin, c’est que lui voit la vue en rose et moi, en noir et blanc ». « C’est pour ça qu’il y a des salades plein le balcon, papa ? ». « Oui, gamin. Sur le balcon, elles restent au frais ». « Tu vas vendre des salades aux dés de gésier de canard, aux pignons de pin, aux raisins de Corinthe, avec des copeaux de parmesan et un jet de vinaigre balsamique, papa ? ». « Je n’ai rien compris, gamin ». « Mais c’est bon, tu sais, papa ». « J’ai l’impression que tu me racontes des salades, gamin ». « C’est pour donner une note printanière et champêtre au balcon, papa ? ». « De l’élevage, gamin ». « Papa, si c’est pour activer Kiki et Pipette, tu dois savoir que les hamsters ne doivent pas trop manger de crudités ». « Gamin, tu me connais, je suis un calme, je suis incapable de courir après des bestioles qui filent plus vite que moi ». « Tu vas élever quoi, papa, sur le balcon ? ». « Des escargots, gamin ».

12/05/2007

Cherche un dictionnaire italien.

« Petit, petit, petit, houhou ». « Vous parlez à qui, voisin ? ». « On m’a dit qu’il fallait parler aux plantes ». « Vous savez, à vous voir, j’ai cru que vous étiez musulman s.c.f. ». « C’est quoi, çà, s.c.f. ? ». « Sans carpette fixe. Sans indiscrétion vous parliez à qui ? ». « A mes choux de Milan, pour qu’ils sortent de terre ». « Vous auriez du semer des choux de Bruxelles ». « Ah bon ! Pourquoi ? ». « Je ne sais pas si vos choux de Milan comprennent le français ». « Je vais essayer en italien : petito, petito, houhou, pronto pronto, milano, la vita é bella, adagio ma non troppo, parmesan, pizza, carpatcho, coucaratcha, moutchos grassiasse, olé, olééé, oléoléoléé, il est des nôôôtres, il est des nôôôtres, olééé, oléoléoléé ». « Dites, voisin, arrêtez, vous allez faire fuir les vers de terre »