10/07/2010

Cherche d'où vient l'odeur

« Papa, ça pue dans la cuisine, ça sent les patates brûlées ». « Je sais, gamin, c’est l’eau des patates qui bout, qui déborde et qui se répand sur la cuisinière. La cuisinière chaude fait évaporer l’eau et brûle les bouts de patate qui se sont échappés lors de l’ébullition. C’est un phénomène naturel, gamin, comme le réchauffement climatique ». « Mais, papa, ça pue. Fais quelque chose ». « Ouvre la porte-fenêtre qui donne sur le balcon. Comme ça, gamin, si l’odeur de patates brûlées te dérange tu auras celle des gaz d’échappement. Tu y es habitué. Moi pas ». « C’est quoi tes odeurs préférées, papa ». « Heuuu, l’odeur du lait qui sort du pis de la vache, l’odeur de la lavande mais pas dans le savon ou le nettoyant pour la vaisselle, la vraie lavande qu’on trouve dans le parc communal. Mais, gamin, il faut bien choisir sa lavande. Celles du bord sentent le pipi de chien. Il faut marcher dans les parterres pour s’y vautrer à plat ventre et humer le Sud. Mais attention, gamin. Il ne faut pas bouger. Un jour, je m’étais allongé ventre contre terre dans le parterre de lavandes du parc, j’avais les jambes qui battaient de l’aile en l’air et je criais : ‘Ah, je jouis, je jouis, je jouis’ quand une patrouille de policiers qui surveillait les éventuels pédophiles à la sortie de l’école près du parc m’a pris en flagrant délit ». « Et alors, papa ? ». « Commissariat, gamin ». « Et alors, papa ? ». « Sauvé par une femme, gamin. La commissaire s’appelait Delphine et elle, elle a compris qu’un homme pouvait aimer les fleurs ». « Tu lui dis quoi, à cette madame Delphine, papa ». « Merci ».

28/06/2010

Prendre son pied de porc (2)

« Papa, tu m’as promis de m’expliquer le pied de porc ». « Gamin, c’est simple. Porc égale cochon ». « Comme quand tu vas sur les sites cochons quand je dors, papa ? ». « Non, gamin. Tu as déjà mangé une côtelette, non ? ». « Des côtelettes d’agneau chez Mamy et Papy ». « Je m’en doutais, gamin, tes grands-parents maternels te font sucer des bouts d’os barbecutés en te disant que ça sent bon le romarin en poudre. C’est ça ? ». « Oui, papa, ça pue le méthanol et il n’y a à manger que des patates à peine cuites dans du papier aluminium qu’il faut éplucher soi-même ». « Gamin, et ta maman ne t’épluche pas les pommes de terre ? ». « Non, Mamy et Papy m’explique qu’elle a trouvé un type qui sait la faire sauter et que ça la change de toi ». « Ah bon ! ». « Oui, papa ». « Sauter ? ». « Oui, papa ». « Pourvu qu’en la faisant sauter ce type la mette sur hors-bite ». « Oui, papa. Dis, papa, c’est quoi le pied de porc ? ». « Demain, gamin. Je te le dirai demain. Aujourd’hui il faut que j’imagine la boustifaille que les vieux cons te font bouffer ». « Oui, papa ».

04/12/2009

La solution

Ce qu'adorent les belges ce sont les vieux murs parce que les vieux murs c'est frite. C'est le gamin qui me l'a suggéré sans le savoir : il a du recopier dix fois "Les vieux murs s'effritent". Chacun sait qu'en Belgique, au nord comme au sud, les tétines des biberons sont carrées pour habituer les bébés à la forme des frites mais, bon, de là à voir des frites partout, hein. En plus, la frite a été inventée par un joueur de tennis à qui on avait lancé une patate au lieu d'une balle. Si, c'est le gamin qui me l'a dit. C'était sur un château-fort et le gars, de rage, a pris les bouts de patates pour les jeter dans l'huile bouillante que les assiégés s'apprêtaient à déverser sur les envahisseurs. Ceux-ci auraient crié "Envoyez aussi la mayonnaise". Que c'est beau, l'Histoire, quand c'est le gamin qui la raconte.

16/05/2009

Cherche l'institutrice du gamin

« Papa, on a parlé de toi à l’école ». « Gamin, je la connais. Un ardoisier est venu parler de son métier, c’est ça ? ». « Pourquoi tu dis ça, papa ? ». « Parce qu’un ardoisier parle de toit. Je le sais depuis mon service militaire. Je me suis fait avoir par des copains de chambrée. Alors, pour bien me faire voir de l’adjudant-chef, je lui ai dit – On a parlé de vous, chef. – Ah bon. Qui ça. – L’ardoisier, chef ». « Et alors, papa ? ». « J’ai été de corvée épluchage des patates pendant une semaine. Mais pourquoi a-t-on parlé de moi à l’école, gamin ? ». « Tu as été cité en exemple, papa ». « Ah, enfin, mes qualités sont reconnues par ton institutrice ». « En exemple à ne pas suivre, papa ». « Comment ça, gamin ? ». « A la question ‘Que fais votre papa ?’ j’ai dis que tu avais fait un vol plané en trébuchant sur le tuyau de l’aspirateur ». « Et alors, gamin, je me suis relevé, non ! C’est de l’héroïsme ». « Madame a dit que tu étais un bel exemple de malpropre qui laisse traîner ses affaires et qui s’en mord les doigts ». « Gamin, c’est quand la prochaine réunion de parents ? ».

23/07/2008

Cherche à faire de la place

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. Parce que j’ai vu une belle promotion sur les pommes de terre devant une ferme. Le moins cher c’est par 100 kilos. J’imagine les tonnes de purée que je pourrai faire avec 100 kilos. Conseil aux ménagères : parfois j’ajoute du fromage rape.  Rape ou rapé, je ne sais pas, c’est écrit en majuscule. M’en fous. Le principal c’est que le gamin en raffole. C’est beau, ça fait des fils. C’est Noël et ses guirlandes. Avec des patates, incroyable, non ? Bon, fini de perdre mon temps à vous raconter ma vie, je descends à la cave.

25/06/2008

Cherche la poésie

« C’est quoi, ça Gérard ? ». « Des renoncules ». « Renoncule, je t’en … ». « Stop, j’ai des voisins, moi ». « Gérard, c’est quoi, ça ? ». « Je viens de te le dire, des renoncules ». « Ah, Renoncule, je t’en … ». « Arrêêête, on n’est pas au cinquième étage, ici ». « Tu n’es pas poète, hein, toi, Gérard, tu n’as pas la rime facile. Et là, c’est quoi ? « . « Là, ce sont mes patates ». « Vive van’ boma, patâte ne sossisse ». « T’arrêtes, oui, ou alors tu pars ». « Pas avant que tu me dises ce qu’il y a dans ta flotte, là ». « Là, c’est la mare aux grenouilles ». « C’est profond ? ». « Non, pourquoi ? ». « Alors, j’ai trouvé. Poème. Dans la mare aux grenouilles, j’ai de l’eau jusqu’aux cou … ». Bllullullullup, stlllopllll, Glérlaaardllll, je vais me noir, je ne vllleux pas boufflller des tétards ». « Maintenant, tu te tais ? ». « Oui, Gérard ».

24/11/2006

Cherche à faire bouffer le gamin

"Papa, arrêtes, ma viande c'est pas une crêpe". "Gamin, c'est écrit : faites sauter le morceau de viande dans l'huile. Allez, hop, hop, hop". "Papa, y a plus d'huile, elle est par terre et sur les murs". "C'est ça, la nouvelle cuisine, hop, hop". "Papa, c'est quoi le légume". "Des pois mange-tout". "Pourquoi mange tout ?". "Parce que je veux voir une assiette vide après". "Papa, alors pas de purée". "Gamin, la purée fait partie de l'alimentation équilibrée". "Oui mais c'est toujours de la purée en poudre, c'est dégueulasse". "Gamin, tu m'as déjà vu peler des patates, hein. Il m'en faut trois kilos pour avoir de quoi manger à nous deux". "La poudre, berk, berk, berk". "Gamin, il est comment mon café, hein, il est en poudre. Et le sucre, hein, en poudre. Et le riz dont ta mamy se plafonne la figure, hein, il est en poudre". "Ouuuuuiiin". "Gamin, qui a écrit à Saint Nicolas qu'il en avait marre des raviolis en boîte, hein". "J'ai oublié d'ajouter la purée en poudre". Je cherche comment faire pour faire bouffer le gamin.