31/08/2010

J'ai peur de revoir Robert

Hier j’ai commis un impair avec Robert. J’ai des excuses, non ? C’est incroyable de voir un collègue faire le hamster avec du pain de mie. Plus je chasse la vision de Kiki quand je vois Robert et, hop, plus je pense à ma grand-mère quand elle récitait ses chapelets. Pourtant il y a des similitudes et des ressemblances. Robert n’a pas de moustache mais Kiki oui. Ma grand-mère en avait aussi, moins que Kiki ou que la femme de Gonzales, le portugais du troisième, mais quand même. Elle tenait son chapelet en main et récitait ses pater et ses ave silencieusement mais en remuant la bouche. Petit, j’étais sidéré du spectacle et de sa rapidité d’élocution silencieuse. Parce que le chapelet défilait dans ses mains à la vitesse d’une chaîne de vélo. Mon grand-père m’a expliqué que, pour aller plus vite dans ses dix tours de chaîne quotidiens, elle marmonnait « èco l’même su sti ci, èco l’même su sti ci » (la même chose sur celui-ci). J’ai peur de retourner voir Robert et de l’imaginer en train de réciter ses chapelets avec du pain de mie.

30/05/2009

Cherche une punition exemplaire

J'ai surpris le gamin en train de fumer un cigare de la main gauche. " C'est un tout petit, papa " disait-il de la main droite. Il a osé ajouter : " Tu devrais avoir peur, papa, je suis le potiron masqué et je vais cracher tous mes pépins ". "D'accord, gamin, mais fais-le par la fenêtre. A l'intérieur ça ne poussera pas sur la moquette ". " D'accord, papa, mais j'exige une rançon ". " Tu sais ce qu'est une rançon ! ". " Oui, papa, et je suis déterminé à combattre pour mes revendications ". " " De mieux en mieux. Quelle est la rançon ? ". " J'exige, ce midi, une vraie soupe faite avec des légumes du marché, des poireaux, des oignons, des épinards à la crême à la place d'une soupe en poudre dans un sachet. Une soupe rouge, avec des boulettes ". " Et oui, rouge, j'aurais du m'en douter ".

2007 octobre 094 - Copie

02/04/2009

Cherche à prévenir le gamin

« Allo, l’école ? ». « Oui, monsieur ». « Je suis le papa du gamin. Passez-le moi ». « Mais, monsieur, votre fils est en classe, je ne peux pas le déranger ». « C’est pour une urgence ». « Dites-moi tout et je l’aviserai lors de la récréation ». « C’est personnel, monsieur ». « Racontez-moi et j’estimerai si c’est urgent ». « Voila. Ce matin il a laissé tomber le tube de dentifrice. Ouvert. Il ne l’a pas ramassé avant d’aller à l’école. Devinez qui a marché dessus, hein. Moi. Et qui a glissé, hein. Moi. Et qui s’est encastré la tête dans l’armoire en dessous de l’évier et se l’est coincée dans le syphon, hein. Moi ». « Monsieur, on va vous envoyer du secours ». « Attendez, je n’ai pas fini. Dans les tentatives de dégagement la couture arrière de mon pantalon a cédé. Comme je n’avais plus de slip propre je me suis mis le maillot avec une grosse tête de lion imprimée sur le derrière et j’ai peur que le gamin soit effrayé en rentrant de l’école. Passez-le moi, on va rigoler. Soyez rassuré, après, je lui dirai poisson d’avril ». « Monsieur, c’est une honte. Vous m’avez dérangé pour une bêtise pareille ! En plus, le premier avril est passé, monsieur ». « Je sais. Mais, hier, je l’ai envoyé chercher du ressort à boudin à la boucherie ». Tûûût, tûûût, tûûût.

18/01/2009

Cherche à dompter ma peur

Je viens de passer devant un immeuble sur la façade duquel il y avait une plaque en cuivre avec, gravée en noir, l’inscription « Médecine du travail ». Maintenant  j’en suis sûr, le travail est une maladie. J’ai peur. Conseillez-moi : comment en faire moins ?

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : travail, cuivre, conseil, peur, cherche |  Facebook |