23/05/2009

Cherche à libérer mon bras

« Aïe ». « Vous avez mal quand je pousse là ? ». « Aïe, non non, docteur, aïe ». « Vous êtes plutôt intellectuel ou plutôt manuel ? ». « Vous êtes bien curieux pour un orthodontiste, docteur ». « Orthopédiste ». « Ah bon, excusez-moi, docteur, je croyais que les orthopédistes c’était pour les pieds ». « Je m’occupe aussi des pieds, quand il faut choisir un plâtre de marche, par exemple ». « Ah non, hein, docteur, vous n’allez pas me mettre un plâtre de marche alors que vous venez de retirer celui de mon bras ». « Pour mon diagnostic j’ai besoin de savoir si vous êtes plutôt intellectuel ou manuel ». « Un peu les deux, docteur. Ma spécialité ce sont les raviolis. Tant que vous y êtes, dans les diagnostics, docteur, selon vous, ce sera Anderlecht ou le Standard qui sera champion ? Je dois parier avec un copain ». « Pratiquez-vous un sport ? ». « Je suis croyant pas pratiquant, docteur, dans tous les sports ». « Bon. Et du bricolage ? Des gestes violents ? ». « Heuuu. Ah oui, ça m’arrive ». « Je pense qu’il vaut mieux que vous portiez une orthèse maintenant le pouce et le poignet ». « Une hortèse, docteur, qu’est-ce donc ? C’est lourd à porter ? ». « Disons que c’est un plâtre amovible, en tissus élastique, contenant des plaques en acier, qui maintiendra votre poignet et votre pouce quand vous travaillerez manuellement ». « Amovible ! Heuuu, ça sa visse et ça se dévisse ? C’est une jambe de bois pour le bras ? ». « Vous verrez, c’est léger, ça s’attache avec du velcro ». « Ah bon, après le velpo le velcro. Docteur, et le vélo, c’est pour quand ? ». « Ah, vous faites du vélo ? ». « Du vélo d’appartement, docteur, pour avoir des cuisses fermes qui retarderont l’action des vers quand on m’enterrera. Un jour je l’ai descendu difficilement du cinquième par l’ascenseur pour circuler dans la rue mais il n’avançait pas. Des voisins m’ont dit que c’était normal parce qu’il n’a pas de roue. Vous comprenez ça, vous, docteur, un vélo qui n’avance pas ? ». « C’est comme vous ». « Ah bon ! »

22/05/2009

Cherche le youkaïdi youkaïda

Youkaïdi youkaïada, youkaïdi youkaïda. Je n’ai plus de plâtre au bras. Youkaïdi youkaïda. Le gars à l’hôpital  a gardé les bandes vieille peau mais m’a donné le plâtre en souvenir. J’ai voulu en faire un vase mais il coule. J’aurais du y penser avant de le remplir d’eau puisque puisqu’il manque un morceau verticalement. J’ai un vase de Soissons, cassé. Je vais mettre une étiquette autocollante dessus : vase de Soissons, pour épater les copains. Reste le problème du youkaïdi youkaïda. Fou de joie comme un mec qui a réussi à s’extirper d’un préservatif en boyau de vélo, enfilé facilement à jeun mais devenu strangulatoire par la suite, je tape sur la porte du palier en hurlant youkaïdi youkïda. C’est Gonzalez, le portugais du troisième, qui me menace : « Biloudionne, chi tou continouache à tapotache, yé rachemble oune comité dé quartier pour tou espoulser ». J’ai promis à Gonzalez de ne plus taper sur la porte et de chanter toute la chanson. Mais je ne connais pas les paroles. Je cherche le texte de youkaïdi youkaïda.

NB. Si vous avez raté des épisodes, le reportage sur le plâtre a commencé le 13 mai (voir colonne de droite).

21/05/2009

Cherche le dénouement

Je ne dors plus. On m’annonce que je dois être mûr pour enlever le plâtre. J’ai peur d’un massacre à la tronçonneuse. Je n’en ai pas mais j’ai déjà vu une tronçonneuse. Si j’éternue pendant le spectacle je serai transformé en rondelles, en carpaccio sans le parmesan, la roquette et le vinaigre balsamique. Mon Dieu, c’est ma dernière volonté : j’ai envie d’un carpaccio, un vrai. Un carpaccio en entrée. Après, un américain (steak tartare pour les français) frites mayonnaise. Trou normand à l’Eau de Villée et, ensuite, puisqu’il faut manger du poisson pour le phosphore, douze cuisses de grenouilles à l’ail. Attention : pas douze fois une cuisse mais douze fois deux cuisses. Pas des cuisses de grenouilles unijambistes. Une grenouille unijambiste ça tourne en rond, dzoing, dzoing, dzoing, comme moi quand j’essaye de me gratter avec mon plâtre à gauche quand ça chatouille au cou du côté droit. J’a dit au cou mais ailleurs c’est le même. Seigneur, j’ai honte de vous embêter avec mes petites histoires. C’est pourquoi je vous laisse le choix du dessert, avec une petite préférence pour une crème glacée à la vraie vanille surmontée d’un bon chocolat belge. Mon Dieu, le dénouement est proche. Donnez-moi la force de ne pas éternuer pendant la tronçonneuse.  

20/05/2009

Cherche à éviter la fête

« Papa, j’ai raconté à l’école ce que tu m’as dit hier. Ils ont ri tellement bruyamment que le directeur est venu voir ce qui se passait parce qu’on dérangeait les autres classes. A la récré on a essayé de faire ce que tu as dit en faisant le bras cassé et en retirant nos pantalons et le directeur s’est fâché. Mais toi tu es devenu un héros ». « Pour ton institutrice aussi ? ». « Je sais pas, papa. Mes copains demandent que tu viennes mimer comment tu fais à une main dans les toilettes ». « Ah, gamin, ce sont des moments de grande solitude, surtout quand on s’aperçoit trop tard qu’il n’y a plus de papier ». « Tu viendras, papa ? On te donnera une chaise percée de l’école gardienne». « Non, gamin, non, pas à cul tout nul devant ton institutrice ». « Tu n’as qu’à garder ton slip, papa. Madame a dit que si c’était comique on te demanderas de le faire sur scène à la fête de l’école ». « Pourquoi pas à la starac tant que tu y es. Je chanterais ‘Viens, viens, ma brûûûne’ a capella. Et puis, j’espère bien que je n’aurai plus de plâtre le jour de la fête de l’école. Si c’est le cas, je demande qu’on me plafonne le reste et je fais don de mon corps au musée Grévin. Donc, c’est non ». « Et qu’est-ce que je vais dire à madame, papa ? ». « Tu n’as qu’à lui dire que j’ai dit que ce n’est pas par le derrière que nous ferons plus ample connaissance ».    

19/05/2009

Cherche à décrire ma siruation

« Papa, tu peux m’aider ? Pour l’école je dois écrire sur une grande difficulté qu’on peut rencontrer dans la vie ». « Heuuu, je ne sais pas, moi. Heuuu, arriver à pousser sur le bouton de l’ascenseur et puis sur le bouton de l’étage quand on a un sac de provisions dans chaque bras avec les verts de poireau qui dépassent et qui chatouillent le nez et qu’on ne sait pas si ce qui coule dans un sac sont des tomates écrasées ou des œufs cassés ? ». « Pas ça, papa. Madame a dit : une grande difficulté ». « Gamin, prends de quoi écrire, je tiens le sujet. Titre : Comment enfiler un pantalon quand on a un orteil bleu d’un côté et le bras dans le plâtre de l’autre ». « Papa, tu es sûr que c’est une grande difficulté ? ». « Une heure et demi pour y arriver, gamin, c’est une grande difficulté, je peux aller faire la démonstration devant ton institutrice. Ecris ». « Oui, papa ». « Petita : comprendre que vouloir le faire debout, c’est se casser la gueule une deuxième fois. Petibé : s’asseoir sur le bord du lit et enlever son pantalon de pyjama à une main. Peticé : se relever en prenant appui sur le pied qui ne fait pas mal, sinon, ouille, on retombe sur le lit, et ça parce qu’on a oublié de prendre son pantalon. Petidé : s’asseoir à nouveau mais pas sur le pantalon jeté sur le lit sinon on retourne une case en arrière. Petiheu :  glisser prudemment le pied endolori dans la bonne jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petiteffe : c’est là que ça se corse car un pantalon ce sont deux jambes et une partie commune, là où il y la braguette et la ceinture. Impossible de faire entrer l’autre jambe dans un pantalon remonté jusqu’au dessus. Donc redescendre, à une main, la jambe du pantalon sans qu’elle ne sorte de la jambe, la vraie, celle au pied à l’orteil bleu. Petigé : essayer de faire entrer l’autre jambe dans l’autre jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petihache : remonter le tout, à une main, une fois côté gauche, une fois côté droit, sinon ça coince ». « C’est long, papa ». « Attends, gamin, ce n’est pas fini. Jusqu’ici ça ne fait que trois quarts d’heure. Il faut recommencer toute la procédure parce que tu viens de t’apercevoir que tu as oublié de mettre ton slip ».

15/05/2009

Cherche de l'huile de coude

Suite à la présence d’un plâtre sur mon bras gauche je suis plus large que d’habitude. Avec Gérard, un copain qui me conduit en voiture au supermarché, on rigole beaucoup quand j’abats une colonne de boîtes de conserve avec mon plâtre. Parfois sans le faire exprès et parfois pour rigoler. Devant l’attroupement je me mets à pleurer : ouiiin, ouiiin. Gérard, tout haut : « Ah, quelle salope, ce sont sûrement les chevrotines qu’elle t’a tiré dans le bras qui te font faire ça. C’est en plomb les chevrotines et le plomb ça donne le saturnisme ». Moi : « Ouiiin, ouiiin ». Des dizaines de mains tenant un mouchoir en papier se tendent vers moi. Gérard : « Surtout pas, mesdames. Quand il se mouche à une main il en envoie partout. Ce qu’il lui faudrait c’est quelqu’un, jeune et jolie, qui viendrait chez lui pour lui ouvrir ses boîtes de conserve. Soyez sans crainte, il a terminé ses viagra hier ». Bizarre, plus d’attroupement. Alors Gérard et moi rejoignons la sortie par des allées différentes pour ne pas éclater de rire. Dans l’appartement c’est différent : c’est aux chambranles de portes que je me cogne. En plus du gros orteil droit j’ai le coude tout bleu. Je cherche une huile de coude, légèrement parfumée, pour retrouver mon teint habituel.

14/05/2009

Cherche du viagra

J’ai du m’absenter des blogs suite à un dérapage non contrôlé sur le tuyau de l’aspirateur dérangé, c-à-d non rangé. J’ai toujours le gros orteil bleu. Le gamin me nargue en chantant « Quand on a les pieds bleus c’est qu’on est amoureux ». Le pire, c’est écrire. A cause du plâtre au bras gauche. Surtout les majuscules parce qu’il faut souvent les deux mains. J’ai trouvé le truc : j’utilise les pilules de viagra achetées un jour par curiosité et que je n’ai jamais utilisées par manque d’occasion malgré mes nombreuses tentatives. J’ai un problème : l’effet du viagra s’évapore en plein milieu d’une phrase, sans prévenir. alors je fais appel aux veuves récentes. mesdames, tout d’abord je vous présente mes condoléances. si, en fouillant dans les tiroirs secrets de feu votre homme, vous retrouvez des pilules de viagra, vous pouvez me les envoyer. j’en ferai un usage honnête. d’avance merci.