18/06/2008

Cherche les petits tuyaux

Je n’ai pas de tuba pour descendre dans le bocal de Maurice, le poisson rouge, et lui parler. Et si j’en avais un je n’irais pas, je ne sais pas nager. Les profondeurs de l’être humain me semblent impénétrables, il ne faut pas demander celles d’un bocal à poisson rouge ! Pas de tuba, pas de blabla. Et bien, si. Je me suis rappelé que, dans certains restaurants gastronomiques, qu’on appelle ‘Ma queue à donald, putaing, cong, couillong’ dans le sud du sud, si on achète un truc imbuvable on peut prendre autant de serviettes en papier et autant de tuyaux en plastique qu’on veut. « Madame, je voudrais un truc comme là, le plus petit possible, et je vous signale qu’il n’y a plus que 23 tuyaux dans le distributeur, je viens de les compter. En fait, il n’y avait plus que 23 tuyaux et maintenant y en a plus, faudrait en remettre, j’ai difficile à boire dans un gobelet avec un chapeau ». « Monsieur, il faut faire la file, comme tout le monde ». « Madame, c’est un répondeur automatique ou c’est vous qui m’avez parlé ? ».  « Dans la file, monsieur ». « Madame, vous venez de perdre un client potentiel et 23 petits tuyaux en plastique ».

17/06/2008

Cherche un poisson intelligent

« Maurice, rapporte. Allez, Maurice, rapporte ». Mais qu’il est con, Maurice, le poisson rouge. Je l’entraîne à rapporter et il me fait blup blup. Pourtant, apprendre à rapporter, ça rapporte. J’ai vu des propriétaires de chien qui lançaient un bois de bois en criant « rapporte » et dont le chien rapportait des sacoches. L’investissement de départ n’est pas cher : un bout de bois. Je rêve d’un poisson rouge qui, quand je lance un melon du cinquième étage en criant rapporte, bondirait hors de son bocal, dévalerait les cinq étages en piqué vertical, freinerait pour ne pas recevoir le melon sur la tronche tellement il aurait été vite et me rapporterait, je ne sais pas, ce sera selon son imagination, un casier de bières, un parcmètre plein de sous, le sac à dos d’un touriste avec la tente, un décapsuleur et un tube de crème anti moustique, mais rien, rien de rien, il ne rapporte rien. J’en suis à dix-huit melons lancés du cinquième étage. Tout va bien, jusqu’à présent pas de victime. A part la camionnette des flics qui en a pris un sur le pare-brise et un autre dans le capot. Si on m’interroge je plaiderai la perte de cargaison d’un avion. Je ne suis pas fier de Maurice. Ce poisson rouge a l’esprit limité aux dimensions de son bocal. Je l’échange. Faire propositions.   

16/06/2008

Cherche des sauces

En ce moment, nous sommes seuls dans l’appartement : Maurice, le poisson rouge, et moi. Le dialogue est difficile. Je n’arrive presque plus à distinguer Maurice dans son bocal. Au ketchup avec lequel le gamin avait essayé de dessiner d’autres poissons rouges sur le bocal s’est ajouté la sauce andalouse que j’avais sur mes doigts après le sachet de frites acheté à la fête foraine.  Ketchup et andalouse, c’est tout ce que je vois. Certains voient l’avenir dans une boule de cristal, je vois ketchup et andalouse sur un bocal. Où est mon avenir ? Quand je crois que le ketchup bouge, en fait, c’est Maurice. Quand la sauce andalouse bouge, c’est parce qu’elle n’est pas encore sèche et qu’elle dégouline. Mon psy m’a dit : tant que ça vous amuse, continuez. Je continue. Je cherche d’autres sauces. Faxez-moi les vôtre, des vertes si possible, pour varier.

14/06/2008

Cherche à faire péter Maurice

Gilles Berbécot a chanté que la solitude, ça n’existe pas. Si, Môssieur, ça existe. Et c’est pire encore quand on est seul. Quand le gamin est chez sa mère. Quand Kiki et Pipette, les hamsters, sont chez Papy et Mamy parce qu’il faut huiler la roulette. Quand Gérard ne répond pas au téléphone. Quand personne ne parle quand je descends dans la rue et que je pousse sur la sonnette de mon appartement. Quand les poules auront des dents. Quand. Qu’entends-je ? Blup. Y a quelqu’un ? Blup. Sortez de là, je vous ai entendu, vous avez une gastro-entérite, vous avez dit blup. Blup. Mais, le bruit vient du bocal. Cornichon, es-tu là ? Mais c’est toi, Maurice. Je t’avais oublié, petit poisson rouge. Tu es muet comme la truite vagabonde et tu dis blup. Maurice, nous allons faire causette. Françoise Dolto et les autres vendeurs de livres à l’usage des parents le disent tous : il faut dialoguer. Maurice, nous allons dialoguer, un blup pour oui, deux blup pour non, comme les derviches tourneurs de table. A toi Maurice, à toi l’antenne. Mauriçounet, ne te vexe pas, j’ai dit antenne comme on le dit à un papillon, j’aurais du dire à toi la nageoire. Blup blup blup. Ben tiens, ce n’est pas au dictionnaire, ça. Les problèmes linguistiques commencent. Maurice, nous allons changer de méthode. Quand tu blup par l’avant, c’est oui, et quand tu blup par l’arrière, c’est non. Je cherche un moyen de faire péter Maurice.

12/12/2007

Cherche un réveillon à deux

Le réveillon approche. Peut-être vais-je sortir. Pour manger autre chose que des raviolis en boîte et des pizzas surgelées. J’ai un problème : je voudrais associer Maurice qui vit seul toute l’année. Maurice, c’est le poisson rouge du gamin. Il déprime. Je cherche un restaurant où je pourrais passer le réveillon en tête-à-tête avec un bocal.

15/02/2007

Biglodion : un an d'annonces (1)

15 février 2006, le lendemain du 14, la grande aventure des blogs commence pour Biglodion.

Voici une des premières annonces :

 

Maurice déprime.

« Pépé vient de décéder. On l'a enterré avec son dentier. Maurice déprime. Maurice,c'est le poisson rouge du gamin. Il est maintenant seul, la nuit, dans son bocal. Je cherche pour Maurice un dentier, haut et bas, de maximum 28 centimètres car c'est la dimension de l'ouverture du bocal de Maurice. »