10/07/2010

Cherche d'où vient l'odeur

« Papa, ça pue dans la cuisine, ça sent les patates brûlées ». « Je sais, gamin, c’est l’eau des patates qui bout, qui déborde et qui se répand sur la cuisinière. La cuisinière chaude fait évaporer l’eau et brûle les bouts de patate qui se sont échappés lors de l’ébullition. C’est un phénomène naturel, gamin, comme le réchauffement climatique ». « Mais, papa, ça pue. Fais quelque chose ». « Ouvre la porte-fenêtre qui donne sur le balcon. Comme ça, gamin, si l’odeur de patates brûlées te dérange tu auras celle des gaz d’échappement. Tu y es habitué. Moi pas ». « C’est quoi tes odeurs préférées, papa ». « Heuuu, l’odeur du lait qui sort du pis de la vache, l’odeur de la lavande mais pas dans le savon ou le nettoyant pour la vaisselle, la vraie lavande qu’on trouve dans le parc communal. Mais, gamin, il faut bien choisir sa lavande. Celles du bord sentent le pipi de chien. Il faut marcher dans les parterres pour s’y vautrer à plat ventre et humer le Sud. Mais attention, gamin. Il ne faut pas bouger. Un jour, je m’étais allongé ventre contre terre dans le parterre de lavandes du parc, j’avais les jambes qui battaient de l’aile en l’air et je criais : ‘Ah, je jouis, je jouis, je jouis’ quand une patrouille de policiers qui surveillait les éventuels pédophiles à la sortie de l’école près du parc m’a pris en flagrant délit ». « Et alors, papa ? ». « Commissariat, gamin ». « Et alors, papa ? ». « Sauvé par une femme, gamin. La commissaire s’appelait Delphine et elle, elle a compris qu’un homme pouvait aimer les fleurs ». « Tu lui dis quoi, à cette madame Delphine, papa ». « Merci ».

27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

14/01/2009

Cherche à échanger

Je cherche quelques grosses cloches pour Pâques. En contrepartie j'offre une splendide crèche, en bois massif laqué rouge, ainsi que trois personnages qui surprennent un peu car deux d'entre eux ont déjà une crèpe de la Chandeleur sur la tête. Le personnage de droite, celui à la grosse biloute au bout rose, est en fait la maman. Le papa de Jésus, à gauche, est représenté dans sa position au travail, celle du policier au milieu du carrefour. Utilisation possible comme porte-clefs mais pas de fonction décapsuleur. Voici une photo pour que vous compreniez.

 

019 - Copie

16/05/2008

Cherche à lâcher

« Vas-y, papa, lâche ». « Heuuu, non, hein, gamin, pas sur monsieur le curé ». « Là, papa, deux vieux ». « Non, hein, gamin, ils vont avoir un nain fractus ». « Papa, papa, ma maîtresse d’école, vas y, vite ». « Heuuu, elle sait que tu habites ici ? ». « Je crois, papa ». « Alors, non, hein, gamin ». « Mais papa, si tu ne lâches pas du cinquième étage le ballon à gonfler que tu as rempli de farine parce que tu t’es trompé et que tu croyais que c’était du sucre en poudre, je ne m’amuse pas ». « Attends, gamin, là, regarde, un policier qui me met une contravention parce que je n’ai pas mis le disque de stationnement derrière le pare-brise. Lui, il ne me connaît pas. Envoyéééé ». 

20/04/2006

Cherche plans de cendriers

Le gamin a trouvé les coquilles des huit kilos de moules de la soirée de la semaine dernière avec les copains. Il fera un bon policier, il a un bon odorat. Je ne savais même plus où je les avais planquées. Le gamin est à l'âge du bricolage et il veut fabriquer avec les moules des cendriers pour les vendre à la fête de l'école. Il dit qu'il a vu des cendriers en moule à la mer. Ah bon ! Ca existe, ça ? Il y a à peine place pour trois mégots ! Ce sont des cendriers pour ceux qui cherchent à arrêter de fumer ? Bon, passons, ça m'arrange doublement : il va se faire de l'argent de poche et je ne devrai pas descendre aux poubelles la montagne de coquilles de moules. Je cherche des plans de cendriers.

00:37 Écrit par Fanny | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gamin, moules, policier, cendrier |  Facebook |