01/08/2010

Robert à l'hosto

J’ai un ami, Robert Bouchez, qui n’avale plus rien, sauf du liquide. Déjà qu’il n’avalait pas facilement les couillonnades que je lui racontais, maintenant il n’avale plus la tarte aux pommes ni les magrets de canards. Quand il mange des frites il sait juste sucer la sauce andalouse. Un pot par portion de frites. Je lui ai offert un assortiment tartare, américaine, béarnaise. Et aussi un tuteur à tomates que j’ai scié en trois morceaux de vingt centimètres, histoire de ne pas gaspiller les portions de frites et d’avoir une sucette pour chaque pot. Ses poubelles débordent de frites. J’ai essayé de les ramener à la maison pour les manger le soir mais des frites froides ce n’est pas bon. En plus il les avait toutes léchées. Pire, il avait sucé toute la sauce.

09/02/2010

Cherche le bandage

« Papa ». « Oui, gamin ». « C’est quoi bander ». « Heuuu, c’est, heuuu, vois-tu, gamin, il y a un homme et, en face de lui, une belle jeune femme pulpeuse ». «  Mais non, papa, c’est avec une pomme ». « Une pomme ? ». « C’est écrit dans mon livre, papa : Guillaume Tell a bandé ». « Tourne la page, gamin ». « Son arc, papa ». « Pffffffffffffffffff ».

09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

11/10/2009

Cherche Vve Pommery

« Gamin, regarde, Waterloo à l’envers ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce qu’ici, lors d’une excursion, nous devions d’abord descendre les marches et puis les remonter ». « Pour prendre le métro, papa ? ». « Non, gamin, pour visiter une crayère ». « Une fabrique de crayons, papa ? ». « Non, gamin. Les crayères sont de grands trous de plus de trente mètres de profondeur creusés par les romains pour en extraire de gros blocs de craie pour leurs constructions. Plus proche de nous, différentes crayères furent reliées par des tunnels par une dame, Vve Pommery, pour y entreposer des millions de bouteilles ». « Vé-vé-euh, quel drôle de prénom, papa ». « C’est ce qui était écrit, gamin ». « C’était comme un drive-in mais à pied, papa ». « Non, gamin, on ne pouvait pas toucher parce que les poussières sur les bouteilles de champagne étaient millésimées, gamin ». « C’est quoi du champagne, papa ». « Disons que c’est du kidibulle pour adultes et que c’est fait avec du raisin ». « Papa, avec son nom, madame Vé-vé-euh Pommery aurait du fabriquer du cidre, avec des pommes ». « Excellent, gamin, celle-là je vais la raconter au bureau ». « Et on s’est promené dans les galeries chauffées naturellement à 12 degrés. Brrrrr, rien que d’y repenser ». « Papa, ce n’était plus crayère, c’était gruyère ». « Gamin, je t’ai déjà dit mille fois que c’est dans l’emmenthal qu’il y a de gros trous pour laisser passer les souris. Dans le gruyère nous ne savons pas puisque je n’achète que du gruyère râpé ».  « Tu as pu en boire, papa, du champagne ». « Oui, gamin, mais les organisateurs ne sont pas cons. Nous devions d’abord remonter toutes les marches pour déguster un verre ».

017 (3)

02/10/2009

Cherche pourquoi j'ai eu un supplément

« Alors, papa, l’énigme d’hier, c’était quoi ? ». « Un arbre célèbre, gamin ». « Ah bon, il y a des arbres célèbres, papa ? ». « Oui, gamin : l’arbre génial à logique, l’arbre à Came (et Léon mais pas celui des moules), l’arbre de la pomme que, Adam, le con, a croqué dedans et a découvert qu’il était tout nu et que depuis on doit mettre des tongs et des strings à la plage, l’arbre aux quarante écus appelé également gingko biloba, l’arbre à lettres de Guillaume Tell et bien d’autres ». « Et celui-ci, papa, pourquoi il est célèbre ? ». « Parce que j’ai pissé dessus, gamin. C’est ma signature pour marquer mon passage. Il y en a qui prennent leur canif pour graver des insanités dans l’écorce mais moi, Biglodion, je respecte l’arbre et je l’abreuve. Vois-tu, gamin, dans le monde entier, mais surtout le long des routes de Wallonie, il y a des chats qui se disent : snif, snif, tiens, tiens, Biglodion est passé par ici ». « Mais, papa, si l’arbre était éclairé, on t’a vu ». « Pas longtemps, gamin ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce que j’ai mal visé et que j’ai noyé le boîtier électrique ». « Et alors, papa ? ». « Et bien ça a fait bzzzzz pof, gamin ». « Et alors, papa ». « Il a fait tout noir, gamin ». « Et alors, papa ? ». « Les salauds de l’hôtel m’ont compté un supplément pour le fusible ». « Tu vois bien que tu as été vu, papa ». « Mais non, gamin. Je me suis vendu. A l’hôtel, quand ils m’ont vu dans mon attitude titubanesque et délire homme très mince, ils m’ont proposé de me ramener dans une brouette jusqu’à ma chambre ». « Et alors, papa ». « Comme je n’aime pas les brouettes parce qu’elles n’ont qu’une roue j’ai dit que j’allais m’alléger sur un arbre ». « Ah, c’est con, ça, hein, papa ». « Heuuu ».

224

01/06/2009

Cherche un menu à deux plats

« Papa, aujourd’hui c’est le jour de la tarte aux pommes. C’est chouette, non ? ». « Gamin, depuis quand crois-tu que c’est toi qui vas composer le menu ici ? Aujourd’hui on mange italien. En entrée, l’antipasti, c’est raviolis nature, et, en plat principal, raviolis à la sauce. Comme je n’ai que des boîtes de raviolis en sauce je vais en laver quelques uns pour préparer l’entrée. Gamin, j’espère que tu accepteras que nous n’ayons qu’une seule assiette pour tout le repas. Ils l’ont dit à la télévision : il faut économiser l’eau. C’est pour ça que, sur le balcon, j’aurais préféré planter un platane parce que c’est plein d’oiseaux, mais je me contente d’un bonzaï en pot. Pour les toilettes et pour la vaisselle c’est la même chose, il faut économiser l’eau et, pour la vaisselle, en plus, il faut économiser les gestes inutiles. C’est grâce aux économies que je peux t’offrir des vacances de deux fois un demi-jour à la plaine de jeux. Je résume : gamin, aujourd’hui journée italienne, deux plats, une assiette ». « Papa, tu peux supprimer l’entrée, je n’aurai pas fort faim car je dois garder une place dans mon estomac pour la tarte aux pommes. Papy et Mamy me l’ont dit ». « Pourquoi t’ont-ils dit ça, ces vieux schnocks, gamin ? ». « Parce que, papa, normalement, après les raviolis et avant ta sieste, il est prévu que tu me conduises chez eux ». « Gamin, tu veux faire la révolution ? Non seulement tu décides de mon repas mais tu veux gérer mon emploi du temps ! ». « Papa, si tu es sage maintenant, quand tu seras à l’hospice j’irai te porter des bonbons qui ne collent pas à ton dentier ». « Heuuu ».

24/02/2009

Cherche à expliquer les sapins

« Gamin, regarde, là, une forêt de petits sapins ». « Ce sont des carottes, monsieur ». « Heuuu, gamin, tu as vu les sapins. Monsieur dit que ce sont des sapins carottes. Je t’explique. Sur les pins il y a des pommes, des pommes de pin. Et sur les sapins il y a des carottes, des carottes de sapin ». « Monsieur, ce sont des carottes carottes, point ». « Elles bégayent ? Des carottes carottes de sapin pinpin ? ». « Des carottes, des carottes, des carottes, pas des pinpins ». « Monsieur, calmez-vous. J’explique la nature au gamin. Si vous continuez à sauter comme ça vous allez écraser tous vos sapins ».

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sapin, pinpin, gamin, foret, pin, pomme, carotte |  Facebook |

26/12/2008

Cherche un pharmacien pas sourd

« Monsieur le pharmacien, bonjour ». « Bonjour, monsieur ». « Je voudrais des prschwasnitch ». « Je ne vous comprends pas, monsieur ». « Des prschwasnitch ». « Parlez plus fort, monsieur ». « Dites, il y a des concitoyennes dans votre officine, je ne vais quand même pas crier sur tous les toits que je cherche des préservatifs, non, hein ». « Quel parfum désirez-vous pour les préservatifs, monsieur ? ». « Aux pommes, c’est pour un boudin ».

12/10/2008

Cherche à éviter les mélanges

Je suis à nouveau au salon de l’alimentation de Bruxelles. Je ne sais plus si j’y suis venu hier. Il n’est même pas dix heures du matin et j’en ai déjà fait tout le tour. Et dire que le premier jour je trouvais le salon immense, comme un supermarché des dégustations. C’est vrai, j’ai déjà trouvé des dégustations gratuites, mais jamais à déguster assis, avec une fourchette et un couteau, une serviette en papier et un verre de rouge pour mettre le salami en situation réelle. Si on reconnaît un bon ami dans le besoin, on reconnaît un bon salami quand il est accompagné d’un verre de rouge ou d’une bonne trappiste. Il faut que ça se marie, tous les gastropodes les plus diplômés le diront. Essayez du salami ail, fines herbes, armagnac et fumé sous la cendre avec une limonade à l’orange ! Ici, la limonade gratuite est à côté du salami, le maïs tendre et croquant à dix mètres du chocolat artisanal, la crème légère tomate méditerranée à deux pas de la compote potagère pomme chou rouge qui, selon le dépliant publicitaire accompagnera à merveille une simple saucisse mais aussi vos préparations élaborées comme la biche, le chevreuil et le marcassin. Biche, oh ma biche, je connais mais j’ai du me faire expliquer les deux autres, d’autant plus que je croyais qu’une paire de marcassins c’étaient des godasses. J’ai décidé qu’aujourd’hui je ne mangeais pas. Par contre j’ai soif. J’ai repéré qu’il y avait plus de stands de bières que de stands de vins. C’est décidé : ce sera la bière.

11/12/2007

Cherche à passer un bon Noël

Entre le bœuf et l’âne gris, dort, dort, petit Kiki. Tu vois, Kiki, gentil petit hamster, je vais passer le réveillon de Noël avec toi et Pipette. Tu feras l’âne et Pipette, qui me semble bien grosse, fera le bœuf. Je ferai le petit jésus. En boudin. J’en ai du à l’ail, du au chou, du à la carotte, du aux pommes, du aux poireaux, du aux raisins, du au cognac. Je vais le sculpter pendant le journal télévisé. Dans du aux poireaux, c’est le plus blanc. A minuit vous pourrez le manger. Si ça marche, je ferai un roi mage, dans du noir aux raisins. Je ferai les narines avec deux raisins. A chaque coup de minuit je vous donnerai aussi une pistache mais pas plus de dix, pour éviter l’indigestion.