03/02/2008

Cherche à prendre la porte

« Allo, Gérard ». « Oui ». « Peux-tu venir m’aider, je dois descendre la porte du frigo ». « Tu as bu hier soir ? ». « Heuuu, oui, pourquoi ? ». « Alors répètes-moi lentement ce que tu viens de dire ». « Gérard, peux-tu m’aider à descendre la porte du frigo du cinquième étage. Si c’est non, c’est non, hein ». « Dis-moi d’abord pourquoi ». « J’avais acheté quarante timbres de Noël pour mes vœux. Tu sais, les timbres autocollants avec un sapin. Tu m’écoutes, Gérard ? ». « Continue, tu m’intéresses ». « J’ai oublié d’envoyer mes vœux ». « Effectivement je n’ai rien reçu de ta part. Nous ne sommes pas brouillés, si je comprends bien. C’est un oubli. Merci d’avoir téléphoné. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit aux chemins de fer ». « Attends, Gérard, je n’ai pas fini. Le gamin a trouvé les timbres et les a collé sur la porte du frigo ». « Ah, ah, ah. C’est Noël tous les jours, alors, chez toi ». « Ben, heuuu, oui. Et je me dis qu’à Pâques ça fera mauvais genre ». « Tu vas faire quoi, alors ? ». « J’ai téléphoné à la firme du frigo. Ils veulent bien échanger la porte si je leur envoie la mienne ». « Et tu vas l’emballer dans quoi ? ». « Enfin, Gérard, grand sot. Si je l’emballe je vais devoir remettre d’autres timbres sur l’emballage. Il y a déjà assez de timbres dessus ».