31/03/2009

Cherche un boudin à ressort

Cette année, pour ses Pâques, le gamin recevra un boomerang. C’est un jouet économique puisqu’il revient toujours. J’entends déjà le gamin : « Papa, viens voir ce que la cloche a passé (il sera surpris un jour de savoir que ce qu’il appelle la cloche, c’est moi. Il faudra que je parle préventivement de ce futur traumatisme filial à ma psy. J’attends qu’il fasse plus chaud, à cause de ses décolletés plongeants. Hé, c’est sans supplément, faut en profiter. En plus, quand je lui fais pouêt pouêt elle me donne des jours de congé pour cause de surmenage. Je ne sais pas imiter beaucoup de personnes, a part Johnny aqueux aqueux, mais j’imite bien le surmenage. En plus c’est avec les mains et pouêt pouêt se dit pouêt pouêt en ch’ti, en wallon ou en marseillais. Même en braille si on n’est pas muet. Je ferme la parenthèse). Le gamin va certainement ajouter : « Et ça sert à quoi ? Où met-on les piles ? On reçoit ça en achetant quoi ? C’est une réplique du chapeau de Napoléon passée au rouleau compresseur ? Je parie que le papa de Cédric sait s’en servir ». J’ai donc décidé de savoir m’en servir. Après dix lancers j’ai arrêté. J’avais parcouru un vingtième de marathon, grimpé dans cinq arbres pour récupérer l’engin, déchiré mon pantalon lors de la cinquième descente et pris mon pied trois fois dans une taupinière. La bouse de vache, ça glisse. Il y avait déjà des pissenlits. Ce n’est pas mauvais. Une fois relevé j’ai eu une idée : essayer verticalement. Il faut courir moins loin. Le principal est de ne pas éternuer à cause du soleil quand il retombe, ça fait mal, je le sais. Jamais à court d’idée je vais tester le boomerang verticalement mais vers le bas, chez moi, à partir du cinquième étage. Pour étudier son aérodynamisme. J’ai l’impression qu’il ne va pas remonter tout seul et je n’ai pas envie de me taper un abonnement all-in dans l’ascenseur. Je cherche quelqu’un qui disposerait d’un boudin à ressort et qui ne mangerait que le boudin. Je partage les frais, l’un prenant le boudin au prix de la viande et moi le ressort, au prix de la ferraille.

22/08/2008

Cherche à sortir

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. Et je rêve. De la mer, de la plage, de la fête des paires, pouêt pouêt, excusez-moi, madame, je l’ai fait exprès, c’est pour faire rire le gamin et lui apprendre les bonnes manières. Et, à la plage dans ma cave, je deviens poète. Si, si. Vous ne me croyez pas. Hop, je me lance. Pas dans la mer, hein, je ne sais pas nager. Je me lance dans la poésie. Trois, quatre. « Oh, Oh » « Un Hun » « Au haut » « D’une dune ». Ce n’est peut-être pas le prix qu’on court mais c’est peut-être le prix con tout court. Ah, ces arts. Et ses césariennes. Ah, os quart et ses os quartilagineux. Ah, Gérard et ses gérarmenvuplupetitebites. L’avantage d’être à la plage dans sa tête alors qu’on est dans sa cave, c’est que dans la cave il n’y a pas de vent qui oblige à courir après le parasol, pas de pluie qui oblige à tout replier alors qu’on vient d’arriver, pas de sable sur la crème glacée ou entre les orteils.  Si un homme avec un homme c’est un homosexuel et qu’un homme avec une femme c’est un homofoyer, un homme seul dans sa cave c’est un homo sapiens. Et un homo, quand ça piense, ça piense. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ça passe bien avec du rouge. Car, miracle, j’ai aussi retrouvé des bouteilles de rouge dans la cave. Alors je porte un toast. Expression stupide puisqu’il n’y a rien à bouffer dans ma cave. Je me vois déjà, levant le bras dans la salle du congrès socialiste, m’adressant à Diroupo : « Bonjour, heuuu, ne trouvez-vous pas, dans le cadre de la politique actuelle telle qu’elle est et afin de la faire avancer puisqu’elle est au bord du précipice, que le rouge, après du blanc, ça fait du rose. Le rose, la couleur des dessous. Des dessous de table. Bien plus que deux sous, d’ailleurs, sous la table. Et, coucou, sous la table, un troisième saoul, Daerden. Je ne veux pas Paul et Mickey, juste vous dire que, heuuu, ne me coupez pas quand j’ai la parole, hein, heuuu, que, quand, lorsque, hips, que si, à l’inverse de ce qui se passe dans votre famille politique, à savoir renvoyer l’ascenseur quand on vous ouvre la porte, hips, je vous offrirai l’ascenseur si vous me dites où se trouve la porte de la cave. Ne cherchez pas la sonnette pour jouer à la fée clochette, faites boum boum boum sur la porte, d’un geste viril, avec la main. Je vous ouvrirai. Nous ferons chine chine, un verre à la main, comme deux médaillés des jeux olympiques. Et nous chanterons : je te tiens, tu me tiens, par la barbichette, le premier de nous qui rira sera une, hips, stop, je reprends une rasade, ça donne soif de tenir le crachoir. Voilà, cher monsieur, une expression stupide car c’est celui qui est devant celui qui cause qui doit tenir le crachoir. Quand certains vont postillonner, d’autres vont à la poste hériter. Alors, hips, boum boum boum, ça vient ?   

05/03/2008

Cherche l'explication de la bretelle

« Papa, explique moi ». « Tout ce que tu veux, gamin, je suis une encyclopédie ». « C’est quoi une encyclopédie, papa ? ». « C’est quand tu peux faire le tour de la question à vélo, gamin ». « Pourquoi à vélo, papa ? ». « C’est dans le mot, gamin. Cyclo, ça veut dire bicyclette. Tu connais, hein, bicyclette. Je descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt. Tu descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt. Descends de la montagne, descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt ». « Tu n’as pas répondu à ma question, papa ». « C’est normal, gamin, j’étais parti faire un tour à vélo. Heuuu, tu avais une question ? ». « Papa, descends de ton vélo imaginaire et dis-moi : autour des villes, pour les autos, il y a des ceintures, hein ? ». « Heuuu, oui ». « Pour aller sur la ceinture il faut prendre une bretelle, hein ? ». « Heuuu, oui ». « Je trouve que bretelle et ceinture ça fait double usage ». « Heuuu ».

11/12/2007

Cherche endroit pour le réveillon

Le réveillon approche, ça urge. Je cherche un endroit calme pour le réveillon, très calme, sans chien, sans enfant, sans musique tonitruante, sans pouêt pouêt et sans cotillon, avec des tables de une personne, avec une nourriture saine et facile à manger, purée, potée écrasée, panade, crème vanille, un endroit avec rien que des vieux, très vieux. C’est pour placer maman.

07/12/2007

Cherche à réparer le drame

« Allo, Gérard ». « Oui ». « Ecoute, Gérard, il m’arrive une aventure incroyable ». « Ah bon, tu es arrivé à planter un clou sans faire de trou dans le mur ? ». « Incroyable, Gérard, incroyable. Saint Nicolas m’a écrit ». « Ah bon, il t’a écrit ? ». « Oui, sur un bout de papier glissé sous la porte. Je te lis : Arrêtez de faire pouêt pouêt sur la poitrine de votre voisine de palier quand elle vous ouvre la porte ou je vous donne un coup de crosse. (signé) Saint Nicolas ». « Ah bon. Et alors ? ». « Ben, heuuu, le drame, Gérard ». « Tu as encore fait pouêt pouêt ? ». « Non, Gérard, j’ai oublié de préparer le cadeau du gamin ». « Aïe. Ton gamin est là ». « Aujourd’hui il est chez sa mère pour la Saint Nicolas ». « Tu connais ce qu’il va avoir ? ». « Une voiture avec les portières qui s’ouvrent et une attache-remorque pour y mettre une caravane ». « Et chez toi, c’est quoi ? ». « La caravane ». « T’es sauvé, mon vieux. Ton gamin aura d’abord la voiture et puis la caravane ». « Gérard, tu es génial ».

06/12/2007

Cherche Saint Nicolas

« Papa, pourquoi Saint Nicolas n’est pas passé ? ». « Il est passé et il est reparti. Il est très fâché ». « Ouiiin, mais j’ai été sage ». « Toi, oui. Moi, pas ». « Qu’est-ce qu’il a dit ? ». « Je ne l’ai pas vu, j’ai lu ce qu’il a écrit ». « Saint Nicolas t’a écrit ? ». « Il a mis un bout de papier sous la porte d’entrée. Je te lis : Arrêtez de faire pouêt pouêt sur la poitrine de votre voisine de palier quand elle vous ouvre la porte ou je vous donne un coup de crosse. (signé) Saint Nicolas ». « Tu me donnes le papier, papa. Je le montrerai à l’école ». « Jamais, gamin, que fais-tu de la confidentialité de la correspondance, hein ? ». « Mais, papa, Saint Nicolas n’est pas passé ». « Ecoute, gamin, il était peut-être pressé. On verra demain ».