09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

15/11/2009

Cherche à faire manger le gamin

" Mange, gamin ". "Papa, j'aime pas le vert ". " C'est du citron vert. Mange, gamin ". " Papa, j'aime pas le rouge ". " C'est un petit morceau de pastèque. Mange, gamin ". " Papa, j'aime pas le vert ". " Gamin, tu l'as déjà dit. C'est du citron vert. ". " Non, papa, pas le vert d'en-haut, le vert d'en bas ". " Ce sont des rondelles de kiwi. Mange, gamin ". " Papa, j'aime pas le noir à gauche ". " C'est un quart de grain de raisin. Tu vas bouffer, oui ou merde ". " Papa, j'aime pas la bébète qui me regarde avec ses deux grands yeux noirs ". " Je suis sûr que ça va t'amuser parce que, ça, gamin, tu peux le bouffer avec tes doigts, avec le jus qui dégouline, faire des bagues avec les anneaux de la carapace, mettre discrètement les yeux dans l'assiette de ton voisin, le gros qui engloutit tout ". " Papa, j'aime pas ce qu'il y a au milieu de l'assiette ". " Gamin, si tu dis encore une fois j'aime pas je t'envoie relècher toutes les assiettes quand elles repartent en cuisine ". " Papa ". " Gamin, fais gaffe ". " Papa, j'aime beaucoup les raviolis que tu prépares à la maison ". " Heuuu ".

010

11/10/2009

Cherche Vve Pommery

« Gamin, regarde, Waterloo à l’envers ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce qu’ici, lors d’une excursion, nous devions d’abord descendre les marches et puis les remonter ». « Pour prendre le métro, papa ? ». « Non, gamin, pour visiter une crayère ». « Une fabrique de crayons, papa ? ». « Non, gamin. Les crayères sont de grands trous de plus de trente mètres de profondeur creusés par les romains pour en extraire de gros blocs de craie pour leurs constructions. Plus proche de nous, différentes crayères furent reliées par des tunnels par une dame, Vve Pommery, pour y entreposer des millions de bouteilles ». « Vé-vé-euh, quel drôle de prénom, papa ». « C’est ce qui était écrit, gamin ». « C’était comme un drive-in mais à pied, papa ». « Non, gamin, on ne pouvait pas toucher parce que les poussières sur les bouteilles de champagne étaient millésimées, gamin ». « C’est quoi du champagne, papa ». « Disons que c’est du kidibulle pour adultes et que c’est fait avec du raisin ». « Papa, avec son nom, madame Vé-vé-euh Pommery aurait du fabriquer du cidre, avec des pommes ». « Excellent, gamin, celle-là je vais la raconter au bureau ». « Et on s’est promené dans les galeries chauffées naturellement à 12 degrés. Brrrrr, rien que d’y repenser ». « Papa, ce n’était plus crayère, c’était gruyère ». « Gamin, je t’ai déjà dit mille fois que c’est dans l’emmenthal qu’il y a de gros trous pour laisser passer les souris. Dans le gruyère nous ne savons pas puisque je n’achète que du gruyère râpé ».  « Tu as pu en boire, papa, du champagne ». « Oui, gamin, mais les organisateurs ne sont pas cons. Nous devions d’abord remonter toutes les marches pour déguster un verre ».

017 (3)

20/12/2008

Cherche des laxatifs instantanés périmés

Je ne peux pas dire le nom, Machin Instant, mais c’est génial. Si on est constipé, on en prend un et hop, pas le temps d’arriver sur le pot. J’en cherche des périmés. Pour ne pas polluer la planète en les jetant dans vos toilettes sans vous en être servi, confiez-les-moi.  C’est pour une bonne action. Voici ma méthode : je fais des boulettes de viande hachée en promotion et hop, un déconstipant instantané à l’intérieur. Cinquante boulettes plus tard je me rends sur la Grand-Place et, comme si j’étais le Père Noël des animaux, j’en donne une à chaque chien, Médor, Pupuce, Chouchou à sa mémère, que je rencontre. Moins de dix minutes plus tard la Grand-Place est transformée en patinoire géante. Quelle joie pour les enfants dont les parents, travailleurs sans emploi d’entreprises anciennement bien connues, ne peuvent plus leur offrir Plaisir d’Hiver. Amies, amis, rendez-vous utiles, venez sur la Grand-Place avec votre chien. Je serai samedi à Mouscron, dimanche à Tournai, lundi à Mons, mardi Place Saint Lambert à Liège. Après, ce sera en fonction des promotions sur la viande hachée parce que, moi aussi, j’ai des contraintes budgétaires. Amies, amis, diffusez ce message de l’amitié autour de vous. J’ai besoin de laxatifs instantanés, de viande hachée, de boudin aux raisins périmé pour offrir des patinoires gratuites à nos enfants. Merci.

11/12/2007

Cherche à passer un bon Noël

Entre le bœuf et l’âne gris, dort, dort, petit Kiki. Tu vois, Kiki, gentil petit hamster, je vais passer le réveillon de Noël avec toi et Pipette. Tu feras l’âne et Pipette, qui me semble bien grosse, fera le bœuf. Je ferai le petit jésus. En boudin. J’en ai du à l’ail, du au chou, du à la carotte, du aux pommes, du aux poireaux, du aux raisins, du au cognac. Je vais le sculpter pendant le journal télévisé. Dans du aux poireaux, c’est le plus blanc. A minuit vous pourrez le manger. Si ça marche, je ferai un roi mage, dans du noir aux raisins. Je ferai les narines avec deux raisins. A chaque coup de minuit je vous donnerai aussi une pistache mais pas plus de dix, pour éviter l’indigestion.

17/10/2006

Cherche Kiki

"Kiki, reviens". "Monsieur, lâchez ce micro". "Non, non, allo, Kiki". "Monsieur, lâchez ce micro, je vais faire l'appel moi-même. Où avez vous perdu votre fils ?". "Ce n'est pas mon gamin". "Votre neveu ?". "Non non, c'est le hamster du gamin". "Monsieur, on ne fait pas d'appel ici pour un hamster". "Kiki, Kiki". "Rendez-moi ce micro tout de suite". "Kiki, Kiki, papa est à l'accueil". "Donnez-moi ce micro, chers clients, si vous apercevez un hamster, prévenez l'accueil. Heu, il est où ?". "Dans les carottes en vrac, le vétérinaire a dit qu'il devait de temps en temps manger du frais". "Appel aux kikis, pardon, appel aux clients, prévenez l'accueil s'il y a quelqu'un dans les carottes". "Hé, ho, c'est pas comme ça qu'il va revenir, hein. Attendez". "Rendez-moi le micro". "Non, non. Madame, mademoiselle, monsieur, la petite bèbète qui bouffe des carottes, c'est Kiki. Donnez lui un raisin, j'arrive". "Monsieur, revenez, lâchez ce micro". "Non, non, Kiki, ne mange pas le raisin, il faut d'abord le laver, c'est plein de produits". "Monsieur". "Oui, madame". "Donnez-moi le micro, allez près des carottes et je lance un appel". "Oui, madame". ... "Chers clients, promotion ce jour sur le cabillaud, profitez-en".