03/09/2008

Cherche à vendre des marqueurs

Pour la rentrée des classes, j’ai acheté pour le gamin une panoplie de soixante-quatre marqueurs lavables à l’eau. En père modèle je les ai testés. Je me suis trompé de boite. J’ai pris des indélébiles au lieu de prendre les débiles. Comme c’était le jour de mon bain mensuel, j’en ai profité pour m’en mettre plein la figure, fausse moustache, lèvres écarlates, yeux de pute en mal de client, ronaldino écrit sur la joue gauche, cheveux rouges et oranges façon espagnole, nez à verrues, même sur les dents, j’ai eu assez de place pour écrire bienvenue en haut et chez les ch’ti en bas. Imaginez le travail. Une verrue, c’est facile, hop, un point noir. Mais à l’envers, face à un miroir, écrire onidlanor ou it’ihc sel zehc eunevneib, hein. Je mérite d’être au guiness book de la connerie. Ce n’est pas fini, restez assis. Indélébiles, les marqueurs. C'est-à-dire pas lavables, pour les mal comprenant. Et qui dit pas lavable dit qui reste. Au bain, ça ne part pas. Ni au deuxième. J’ai pensé à la ponceuse mais, hein, sur les dents, je suis douillet. Tant pis, ça prendra le temps qu’il faudra, le temps que je mue, que je change de peau et de dents. J’enverrai un taxi reprendre le gamin à l’école. Je vends un coffret de marqueurs géniaux, idéal pour faire des blagues aux collègues, pour leur faire des points de toutes les couleurs sur la figure et ailleurs pendant leurs siestes. Faire offre pour la boîte complète. Peu servi, presque neuf.

02/09/2008

Cherche une institutrice pour moi

« Alors, gamin, comment ça a été à l’école ? As-tu mangé toutes tes tartines ? Elle est comment ta nouvelle institutrice ? ». « Veuve sans enfant, papa. J’ai essayé de prendre ses mensurations avec ma nouvelle règle graduée flexible mais elle a dit ‘Petit cochon’ quand j’ai touché ses lolos ». « Ils sont comment ses lolos ? ». « Gros ». « Aaaaah, bien, bien. Et le reste ? ». « Le reste aussi, papa ». « Comment ça, le reste aussi ? ». « Gros, papa. Les mollets, gros, le nez, gros, le cul, gros. Elle ressemble à tante Fernande ». « Et meeerde. Mais c’est catastrophique. On ose montrer ça à des enfants. Et après on dira qu’ils n’ont pas le sens de l’esthétique. Tu fais quoi, gamin, tu la gardes ? ». « Oui, papa, elle est très gentille ». « Gamin, réchauffe toi la soupe qui est dans le Tupperware, je dois mettre une annonce ». Cherche institutrice, solitaire, poids plume, sans enfants ou maximum un gardé par le père, possédant livre de cuisine et sachant s’en servir, aimant avoir une position élevée au cinquième étage, spécialiste du rangement, expérimentée en sudoku, aimant les animaux en cage ou dans un bocal. Faire offre.       

01/09/2008

Cherche une gomme en urgence

« T’es prêt, gamin ? ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Tout est prêt, gamin ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Ecoute, gamin, nous venons de faire la tchèque liste et tout le monde a répondu présent, depuis la règle graduée flexible jusqu’aux tartines. Ne te trompe pas, celles plafonnées de pâte à tartiner au chocolat sont ta collation pour la récré du matin et celles au maroilles sont celles de midi. Si tu as des problèmes pour les reconnaître demande à madame. Le slip de rechange que j’ai mis dans ton cartable c’est au cas où, à n’utiliser qu’en cas d’urgence, pas pour faire le con comme lorsque je m’étais déguisé la tête en corsaire au mariage de la petite cousine Lucie ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Si madame te demande ce que tu as fait pendant les vacances, n’oublie pas de dire que je t’ai appris à masser mon dos avec de la pommade pour coups de soleil. Elle comprendra que nous ne sommes pas restés en Belgique. Ne dis surtout pas que tu m’as massé dans la cave parce que j’avais peur que les habitants du cinquième des buildings d’en face ne regardent avec des lunettes d’approche ». « T’as ma gomme, papa ? ». « A propos de vacances, c’est inutile de dire que je t’ai offert un voyage d’un jour dans le Pas de Calais parce que j’avais reçu deux places en renouvelant le stock de boîtes de raviolis. Ah, quel souvenir. Quel succès quand j’ai fait pipi au même endroit que dans le film en chantant : ‘Je vais bien, tout va bien’. Gamin, c’est un souvenir rien que pour nous, hein, compris ». « T’as ma gomme, papa ? ». « N’oublie pas les questions que je t’ai demandé de poser à ta nouvelle madame, surtout savoir si elle a un petit ami ». « Pour jouer avec elle à la mer, papa ? ». « Pourquoi à la mer, gamin ? ». « Ben, papa, un petit tamis c’est pour jouer dans le sable ». « Grand sot. Le Tupperware vide dans ton cartable, c’est pour y mettre de la soupe. Celle que tu recevras à midi. Tu sais, tu es en pleine croissance, deux fois des légumes par jour ça te feras du bien ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Si le couvercle est difficile à fermer, fais comme moi, monte sur la boîte ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Mais, attention, vérifie que le couvercle soit bien posé dessus. Si tu mets le couvercle en dessous tu auras la même catastrophe que j’ai eue. Autre chose. Si tu as de nouvelles petites copines, essaye de savoir si le papa et la maman habitent ensemble. Et aussi s’il y a des frères et sœurs. Ne prends pas encore d’engagement quant à inviter ta nouvelle petite copine et sa maman à ton goûter d’anniversaire. Crois-moi, il y a des gens qui habitent au rez-de-chaussée et qui rêvent de prendre de l’altitude au cinquième étage. Ne dis surtout pas que nous avons un nouvel ascenseur parce que ça voudrait dire que nous habitons dans un vieil immeuble ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Gamin, est-ce que tu m’écoutes ? ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Oui, gamin, oui, j’ai ta gomme. Tu crois peut-être que j’efface mes erreurs de sudoku avec une ponceuse électrique. Tu imagines le bruit. Tiens, j’ai deux six dans ce carré là, bizarre. Bzzzzz. Et deux neuf là. Bzzzzz. Il y a de quoi trouer le papier ». « Papa, j’ai besoin de la gomme pour l’école ». « Et le sudoku, gamin, je le fais comment, hein ? ». « Papa ». « Ecoute, gamin, c’est parce que tu es mon gamin, hein. Prends la gomme ». « Merci, papa ». Je cherche d’urgence une gomme. Si possible habituée au sudoku.

31/08/2008

Bonjour les aoûtiens

Coucou, vous voilà revenou. Chez nous. Bijou, caillou, chou, genou, joujou. A propos, quel joujou avez-vous rapporté ? Un bijou, un caillou, un mal au genou, un nouveau chou avec une grosse biloute ? Ici, Beldjioum tou points et rien que des femmes à Pékin, tout va bien, pas eu besoin d’arroser les jardins, mais l’année prochaine, dans certaines régions de Wallonie il ne faudra plus mettre que des choux chinois décoratifs dans le potager sous peine de devenir fluorescent. Toujours à Pékin, Philippe s’est fait mal au cul en s’asseyant dans le stade. Vous avez raté l’ouverture des jeux ! Il paraît qu’il y avait des séquences préenregistrées. Je parie que c’était le cas avec Philippe qui, en fait, assistait en invité à un match du Standard et qui pensait : « Mais qu’on leur donne deux ballons à ces p’tits cons en culotte courte et qu’on en finisse. J’ai envie de faire sixième enfant, moi. Il n’y a que lorsque  je fais un enfant que je peux baiser et ici c’est moi qui est baisé ».  Laurent, lui, s’est recyclé mais on ne sait pas dans quoi. On ne l’a pas vu aller donner la papatte dans les chenils de vos chiens largués par la fenêtre sur une route de campagne. De mauvaises langues disent que Bébert s’adonne au trampoline sur le parquet et que ça marche. Fafa ne se cogne plus la tête aux plafonds, même pas dans les caves. Panne à La Panne. Il y a eu une manif d’indigènes voulant bouter les francophones hors de leur territoire. Bonne nouvelle : le prix des appartements à la côte belge est en chute libre. Mauvaise nouvelle, si vous en acheter un vous ne saurez plus le revendre. Les fraises sont moins bonnes qu’en juillet. Le prix des limaces a aussi diminué. C’est ce qui pousse le mieux en ce moment dans les jardins. C’est la guerre des supermarchés, points bonus, le troisième gratuit, des coupons à détacher, cinq pourcent sur un article de moins de cinq euros si tu achètes pour 180 euros. Pleurez tant que vous voulez, en septembre les gros prix reviennent. Vous n’avez rien à faire, pas de cahier à recouvrir, pas d’article scolaire à aller acheter, pas de tournée des chenils à faire pour essayer de retrouver votre chien,  pas de congélateur à nettoyer parce que vous l’aviez débranché en partant, pas d’annonce à mettre parce que durant vos vacances votre chatte n’a pas eu sept petits ? Dans ce cas, détendez-vous en tapant « vacances d’été » dans les mots-clef (tags). Un dernier mot : qu’on était bien sur les routes aux entrées des villes quand vous n’étiez pas là.

27/08/2008

Cherche à bien rentrer - 4

Cette fois, rentrer veut dire rentrer dans un garage. J’ai pris une option pour la location d’un garage vu que la Citroën Albert Lingo que je possède possède, elle, un côté latéral sans griffe, sans trou, sans bosse. Elle a donc de beaux restes qu’il faut préserver. Si je la revends, c’est ce côté que je publierai en photo sur internet.  Petits malins, vous l’avez deviné, c’est le côté du côté de la rue puisque de l’autre il y a le trottoir et ses poteaux et que, à l’avant et à l’arrière, il y a d’autres véhicules quand je me parque.  J’ai essayé le garage. D’abord en marche avant. Ma chance, j’avais ouvert la porte du garage . Mais, pas de bol, une fois dedans je n’arrivais plus à ouvrir celle de mon véhicule. Le mur était trop près. En sortant mon véhicule j’ai failli écraser une usine à crottes. Tant pis si je me fâche avec les toutouistes. J’ai ensuite essayé de rentrer mon véhicule en marche arrière. Une demi-heure. Un embouteillage monstre. « Roucoule, roucoule » criait Lindadi Souza, la femme de Gonzales, le droite. Mais, quand tu roucoules, la gauche est à droite et la droite est à gauche quand tu t’assieds à genoux sur ton siège pour voir ton cul. Le cul de la voiture, bien sûr, parce que le tien, il est toujours derrière toi, quoiqu’il arrive. « Lindadi, ta gueule, je ne vais pas y arriver tout seul, alors, si tu m’aides, ça va être pire ». J’y suis arrivé, un conducteur de bus qui s’énervait dans la file ayant pris le volant. Qui peut le plus peut le moins ou, comme disait ma grand-mère, on dit bien basse messe dans une grande église quand elle avait utilisé une immense casserole pour faire sa sauce lapin. Le conducteur de bus a su faire entrer mon auto. Moi, je m’étais caché dans le coffre. C’est quand il a dit « Nom di dju di nom di dju » que j’ai compris qu’il y avait un problème. Le même que lorsque j’étais entré en marche avant. Trop étroit. Un garage fait pour des japonaises. Tant pis si je me fâche avec ceux qui ne roulent pas européen. Mais c’est petit, des japonais. On en mettrait six sur les cuisses sièges avant d’une allemande. Dix-huit dans mon Albert Lingo, coffre compris. Alors que j’étais toujours dans le coffre en train de faire coucou aux badauds, le conducteur de bus a sorti la voiture, en marche avant, ce qui est logique puisqu’il était entré en marche arrière. Je dis ça pour ceux qui n’ont pas suivi depuis le début. Je me suis retrouvé dans la rue. Sans place de parking à cause du retour des vacanciers. Et bien non, je ne louerai pas ce garage.

26/08/2008

Cherche à bien rentrer - 3

Bientôt le grand jour de la rentrée scolaire. Je dois faire bonne impression auprès des nouvelles institutrices. Je fais appel à vous, mères célibataires. Et à votre expérience. Question : « Que regardez-vous le plus chez un homme sympathique qui amène son gamin à l’école le premier jour ? Sa chemise ? Son pantalon ? S’il a des chaussettes à trous ? Si sa braguette est ouverte ? Et si je vais à l’école avec une chaussure brune et une chaussure noire, aurai-je l’air intellectuel ? Et si je prenais un sac à provision avec des poireaux qui dépassent, histoire de montrer que j’ai un besoin culinaire urgent à la maison ? Deux poireaux, rien que deux pour bien montrer que le gamin et moi sommes seuls ? Deux poireaux, deux pommes de terre, deux carottes. Non, avec les pommes de terre et les carottes on va croire que je viens nourrir l’âne du Père Noël, enfin, voyons. Et si j’amenais Kiki le hamster parce que Maurice le poisson rouge, c’est plus difficile à cause du bocal ? Kiki et deux poireaux, ça commence à faire beaucoup de monde, ça. Et si Kiki bouffe les poireaux ? Si je tiens le cartable du gamin, j’ai peur de passer pour un père poule. Enfin, il vaut mieux être père poule que mère moule. Et si je me parfumais à la soupe à l’oignon ? Avec des croûtons dans les cheveux ? ». donnez moi  des idées. D’avance merci.