07/09/2008

Cherche à me réveiller

La rentrée scolaire m’a fatigué, fatigué, fatigué. Hier encore, dans le magasin « Tout à ta taille » (ça fait japonais, toutatataï, je sais, mais c’est made in china : tu as le pantalon complet pour le prix du tissus des poches) j’avais enlevé mon pantalon à trous pour essayer un neuf. Un neuf, j’ai dit, pas un œuf, voyons, sinon je serais allé dans une épicerie. Je me suis endormi sur le tabouret d’une des cabines d’essayage. Je ne sais pas ce qui m’a réveillé mais j’ai hurlé « Hé, y a pas de papier cul, ici ». Je m’en suis sorti, avec le pantalon, en disant à une vendeuse : « Dites, il y a un gugusse dans une autre cabine, faites gaffe ». « Vous prenez le pantalon, monsieur ? ». « Pas maintenant, je suis pressé, je vais repasser ». « Le magasin est ouvert jusque dix-huit heures, monsieur ». « Je sais, mais je n’aurai pas fini mon repassage ».

03/09/2008

Cherche à vendre des marqueurs

Pour la rentrée des classes, j’ai acheté pour le gamin une panoplie de soixante-quatre marqueurs lavables à l’eau. En père modèle je les ai testés. Je me suis trompé de boite. J’ai pris des indélébiles au lieu de prendre les débiles. Comme c’était le jour de mon bain mensuel, j’en ai profité pour m’en mettre plein la figure, fausse moustache, lèvres écarlates, yeux de pute en mal de client, ronaldino écrit sur la joue gauche, cheveux rouges et oranges façon espagnole, nez à verrues, même sur les dents, j’ai eu assez de place pour écrire bienvenue en haut et chez les ch’ti en bas. Imaginez le travail. Une verrue, c’est facile, hop, un point noir. Mais à l’envers, face à un miroir, écrire onidlanor ou it’ihc sel zehc eunevneib, hein. Je mérite d’être au guiness book de la connerie. Ce n’est pas fini, restez assis. Indélébiles, les marqueurs. C'est-à-dire pas lavables, pour les mal comprenant. Et qui dit pas lavable dit qui reste. Au bain, ça ne part pas. Ni au deuxième. J’ai pensé à la ponceuse mais, hein, sur les dents, je suis douillet. Tant pis, ça prendra le temps qu’il faudra, le temps que je mue, que je change de peau et de dents. J’enverrai un taxi reprendre le gamin à l’école. Je vends un coffret de marqueurs géniaux, idéal pour faire des blagues aux collègues, pour leur faire des points de toutes les couleurs sur la figure et ailleurs pendant leurs siestes. Faire offre pour la boîte complète. Peu servi, presque neuf.

02/09/2008

Cherche une institutrice pour moi

« Alors, gamin, comment ça a été à l’école ? As-tu mangé toutes tes tartines ? Elle est comment ta nouvelle institutrice ? ». « Veuve sans enfant, papa. J’ai essayé de prendre ses mensurations avec ma nouvelle règle graduée flexible mais elle a dit ‘Petit cochon’ quand j’ai touché ses lolos ». « Ils sont comment ses lolos ? ». « Gros ». « Aaaaah, bien, bien. Et le reste ? ». « Le reste aussi, papa ». « Comment ça, le reste aussi ? ». « Gros, papa. Les mollets, gros, le nez, gros, le cul, gros. Elle ressemble à tante Fernande ». « Et meeerde. Mais c’est catastrophique. On ose montrer ça à des enfants. Et après on dira qu’ils n’ont pas le sens de l’esthétique. Tu fais quoi, gamin, tu la gardes ? ». « Oui, papa, elle est très gentille ». « Gamin, réchauffe toi la soupe qui est dans le Tupperware, je dois mettre une annonce ». Cherche institutrice, solitaire, poids plume, sans enfants ou maximum un gardé par le père, possédant livre de cuisine et sachant s’en servir, aimant avoir une position élevée au cinquième étage, spécialiste du rangement, expérimentée en sudoku, aimant les animaux en cage ou dans un bocal. Faire offre.       

26/08/2008

Cherche à bien rentrer - 3

Bientôt le grand jour de la rentrée scolaire. Je dois faire bonne impression auprès des nouvelles institutrices. Je fais appel à vous, mères célibataires. Et à votre expérience. Question : « Que regardez-vous le plus chez un homme sympathique qui amène son gamin à l’école le premier jour ? Sa chemise ? Son pantalon ? S’il a des chaussettes à trous ? Si sa braguette est ouverte ? Et si je vais à l’école avec une chaussure brune et une chaussure noire, aurai-je l’air intellectuel ? Et si je prenais un sac à provision avec des poireaux qui dépassent, histoire de montrer que j’ai un besoin culinaire urgent à la maison ? Deux poireaux, rien que deux pour bien montrer que le gamin et moi sommes seuls ? Deux poireaux, deux pommes de terre, deux carottes. Non, avec les pommes de terre et les carottes on va croire que je viens nourrir l’âne du Père Noël, enfin, voyons. Et si j’amenais Kiki le hamster parce que Maurice le poisson rouge, c’est plus difficile à cause du bocal ? Kiki et deux poireaux, ça commence à faire beaucoup de monde, ça. Et si Kiki bouffe les poireaux ? Si je tiens le cartable du gamin, j’ai peur de passer pour un père poule. Enfin, il vaut mieux être père poule que mère moule. Et si je me parfumais à la soupe à l’oignon ? Avec des croûtons dans les cheveux ? ». donnez moi  des idées. D’avance merci.

25/08/2008

Cherche à bien rentrer - 2

Bientôt le grand jour de la rentrée scolaire. Je dois faire bonne impression auprès des nouvelles institutrices. Surtout ne pas poser de questions existentielles le premier jour. Du style : « Comment cuisinez-vous le walterzouille ? » ou « Vous arrivez à combien de chemises à l’heure pour le repassage ». Je dois me montrer guilleret. Je répète : « Donne-moi la main, et prends la mienne, la cloche a sonné, ça signifie, la vie est à nous, que la joie vienne, mais oui mais oui, c’est école aujourd’hui ».

24/08/2008

Cherche à bien rentrer - 1

Le gamin va bientôt rentrer à l’école. J’ai joué à pile ou face et j’ai décidé que c’était son papa qui devait le conduire le jour de la rentrée parce que, le jour de la rentrée, on parle longuement avec les institutrices dans la cour intérieure. Il paraît qu’il y en a de nouvelles. Quel suspens ! Blonde, rousse, brune ? Déjà, je chante comme Adamo sa chanson des constipés : « Viens, viens, ma brûûûne, viens écouter la mer, et de vagues de dunes, pour arrêter les vagues, et de vagues rochers, que les marées dépassent, et qui ont à jamais, le cœur à marée basse, viens, viens, ma brûûûne ». Moi, j’ai le cœur amarré haut.