09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

13/01/2009

Cherche à vendre une guirlande

J’avais, et j’ai encore mais je cherche à la vendre, une guirlande de noël qui va, qui ne va plus, qui va à nouveau, qui s’éteint, qui se rallume sans qu’on le lui demande, et puis hop, c’est le noir, elle fonctionne à nouveau, paf c’est le noir absolu, elle revit et tout s’éclaire, hop elle a disparu. Impossible de résoudre un sudoku dans ces conditions alternatives. Le sudoku c’était mon menu de réveillon, avec un paquet de chips nature et un paquet de chips paprika, des olives à l’ail et un paquet de cure-dents pour piquer dans les olives. J’essayais de profiter des moments de noir pour manger mais je piquais dans les chips au lieu de piquer dans les olives. Et, j’en suis témoin, un chip ça vit. Quand on le pique avec un cure-dent il explose. Nuit dramatique vu que je réveillonnais dans le lit avec le carnet de sudoku, les olives et les chips. Je ne souhaite à personne de dormir dans un lit recouvert de chips piqués au vif. S’il y avait eu du soleil j’aurais pu m’imaginer être sur la plage, piqué aux fesses par des coquillages. Mais pas fin décembre, voyons. Plutôt que d’enguirlander ma guirlande électrique, je la vends. Telle qu’elle est, elle va, elle va pas, elle va, elle va pas. Faire offre.  

12/01/2009

Cherche à faire des soldes

Dans ma petite tête à moi, j’avais imaginé recevoir des tas d’amis (des tas d’amis, pas des tatamis, bande de jus d’oka) au réveillon mais j’ai retrouvé les invitations timbrées dans ma veste. Un oubli de ma part, je suppose. Bref, sur les 280 centimètres de boudin aux pommes et au Marnier, pas n’importe lequel, au Grand Marnier, il me reste 267,50 cm. Je viens de mesurer le boudin sur le sol de la cuisine, ce qui me fait dire que, dans sa longueur, la cuisine doit faire à peu près trois mètres. C’est suffisant pour une cuisine mais beaucoup trop long pour un boudin de noël. Surtout que noël et son boudin sont derrière nous. Qui oserait se promener avec, derrière lui, un boudin de noël de 267,50 cm, hein, qui ? Pas moi. Je solde mon boudin de noël, par mètre, par décimètre, par rondelle si nécessaire. Faire offre. S’il vous plait, dans votre commande, spécifiez la longueur, c’est pour une bonne gestion du stock.

31/12/2007

Cherche à réussir le réveillon

« Papa, tu sais déjà ce que tu vas faire au réveillon ? ». « Oui, gamin. Je me fais un menu spécial. Je vais manger ce que je ne sais pas me préparer ». « Ah, tu vas réveillonner pendant six mois, alors ». « Heuuu, mais non, pourquoi ? ». « Tu vas au restaurant ? ». « Non, hein, gamin, je ne vais quand même pas passer ma soirée à dialoguer avec une bougie ». « Tu vas appeler un traiteur ? ». « Non, hein, gamin, j’irai moi-même, je ne connais pas de marchand de frites qui se déplace pour livrer un sachet ». « Tu vas réveillonner avec un sachet de frites ? ». « Ou deux. Ou trois. Je ferai des allers et des retours en attendant le french-cancan à la télévision ». « Que des frites, papa ? ». « Oui, gamin. Mais j’essayerai toutes les sauces ». « Papa, tu devrais refaire un stock de tes pastilles pour la digestion ».

30/12/2007

Enigme numéro 55

« Dites, monsieur, on ne déballe pas les barquettes de viande préemballées ». « Mais, madame, Gérard m’a dit, pour son barbecue, 25 centimètres par personne. Nous serons douze, ça fait 300 centimètres ». « Ce n’est pas une raison pour étaler la saucisse par terre, monsieur ». « Madame, si je prends la chipolata d’un mètre quatre-vingt en paquet économique plus deux barquettes qui font exactement 60 centimètres, j’ai 300 centimètres ». « Monsieur, c’est dégoûtant ce que vous faites ». « Tenez le bout, que ça reste droit ». « C’est dégoûtant ». « Hé, hé, ça vous change, hein, en tenir une petite qui frétille ». « Mais, monsieur, vous allez manger de la viande qui a traîné par terre ». « Jamais, madame, 180 centimètres, ça fait 7 morceaux de 25 centimètres. Soixante centimètres, ça fait 2 morceaux de 25 centimètres. 7 plus 2 x 2, ça fait onze. Et nous sommes douze. Hé, j’ai aussi envie de manger, moi, hein, un réveillon barbecue dans un garage. Allo, Rafaël, il y a une énigme au supermarché.

25/12/2007

Cherche à comprendre Noël

Hélène et Ludivine, enfants, Sortez du bois, montrez vos musettes. Hélène et Ludivine, enfants, Venez jouer dans l’appartement. Si un jour je vais à Milan, Je vous rapporte des cacahuètes, si do ré, dossido mi rééé, si do ré, mirédo si laaa. Tu vois, Kiki, au réveillon j’ai tenu le coup, hein, et même les douze coups, et les treize et les quatorze. Deux fois, puisque voilà que je me réveille à trois heures moins cinq de l’après-midi. Tu vois, Kiki, Noël une fois, ça va. Trois fois, bonjour les dégâts. Je crois que c’est à cause des quarante centimètres de boudin au cognac. Le cognac a du faire mélange avec les bières. Hé, vous avez mangé le petit jésus que j’avais sculpté dans le boudin aux poireaux. Alors, il était bon le petit jésus. Je lui avais fait un gros zizi mais c’est parce que j’ai eu le hoquet en sculptant. Et Pipette, Kiki, toujours aussi grosse, je vois. Je pensais avoir deux petites hamsters pour la Noël, Hélène et Ludivine. Ce sera pour l’année prochaine, j’espère.

24/12/2007

Cherche à passer un bon Noël

Entre le bœuf et l’âne gris, dort, dort, petit Kiki. Tu vois, Kiki, gentil petit hamster, je vais passer le réveillon de Noël avec toi et Pipette. Tu feras l’âne et Pipette, qui me semble bien grosse, fera le bœuf. Je ferai le petit jésus. En boudin. J’en ai du à l’ail, du au chou, du à la carotte, du aux pommes, du aux poireaux, du aux raisins, du au cognac. Je vais le sculpter pendant le journal télévisé. Dans du aux poireaux, c’est le plus blanc. A minuit vous pourrez le manger. Si ça marche, je ferai un roi mage, dans du noir aux raisins. Je ferai les narines avec deux raisins. A chaque coup de minuit je vous donnerai aussi une pistache mais pas plus de dix, pour éviter l’indigestion.

13/12/2007

Cherche un réveillon sans oiseau

Les Gonzalez m’ont prévenu : ils vont réveillonner. Ce sont les portugais du quatrième étage, polis et calmes. Sauf quand le Portugal marque un but au football. Monsieur Gonzalez m’a dit que son réveillon sera mieux qu’une finale de coupe. Toute la nuit. J’aime les portugais mais je n’aime plus le football depuis qu’un pigeon a choisi ma tête pour y larguer son excédent de fret. J’en ai eu partout. Le teinturier avait été impressionné. Je cherche une chambre de moine, sans moineaux et autres volatiles, pour le réveillon.

12/12/2007

Cherche un réveillon à deux

Le réveillon approche. Peut-être vais-je sortir. Pour manger autre chose que des raviolis en boîte et des pizzas surgelées. J’ai un problème : je voudrais associer Maurice qui vit seul toute l’année. Maurice, c’est le poisson rouge du gamin. Il déprime. Je cherche un restaurant où je pourrais passer le réveillon en tête-à-tête avec un bocal.

11/12/2007

Cherche endroit pour le réveillon

Le réveillon approche, ça urge. Je cherche un endroit calme pour le réveillon, très calme, sans chien, sans enfant, sans musique tonitruante, sans pouêt pouêt et sans cotillon, avec des tables de une personne, avec une nourriture saine et facile à manger, purée, potée écrasée, panade, crème vanille, un endroit avec rien que des vieux, très vieux. C’est pour placer maman.

10/12/2007

Cherche où passer le réveillon

Nous voici en décembre, ça urge. Le réveillon approche. Je cherche un endroit de réveillon pour quatre personnes. Avec jeux à l’extérieur, toboggan, château gonflable, hamburgers et frites à volonté, boissons comprises, distributeur de pistaches, vaste parking, toilettes gratuites, animaux admis. Ce n’est pas pour moi, c’est pour le gamin. Nous viendrions nous deux plus Kiki et Pipette, le couple de hamsters. Important : c’est pour un réveillon de Noël entre 14 et 20 heures. Autre chose : il faut que le château gonflable résiste à des dents de hamster. Merci.

29/12/2006

Cherche la braguette

Quelles vacances de Noël ! Le réveillon passé à deux, la dinde et moi, son découpage laborieux à la scie sauteuse, la table qui n’a plus que trois pieds, puis le chef qui téléphone pour m’inviter à terminer ses restes de dinde à lui. Il a demandé que j’apporte l’apéritif. Pour ne pas être ridicule avec des mini-toasts, j’ai amené des biscottes que j’ai plafonné à la mousse de canard (viande de porc 55 %, foie de volaille 25 %, foie de canard 10 %, épices, colorants, additifs, préservatif ou conservateur, je ne sais plus). J’ai aussi amené la boisson car je voulais saouler le chef. Un cocktail « fonds de bouteilles » dont j’ai le secret et dont les proportions changent à chaque mixture. J’en ai rempli deux thermos. « Ah, vous voilà, mais dites donc, tout et tout, même la cravate ». « Oui, chef, on n’est que le 28 mais je suis déjà sur mon 31 ». Le premier thermo d’apéritif est bien passé. Quoique lui, il n’en buvait pas beaucoup. Moi, oui. Normal puisque c’est moi qui l’ai apporté. Lui, il n’avait qu’à bouffer sa dinde, après. « Allez-y, chef, prenez des biscottes, c’est bon pour la ligne. Prenez les pas cassées. J’ai eu beaucoup d’explosion de biscotte lors du plafonnage ». J’ai eu difficile à me lever pour aller aux toilettes. Pourtant l’urgence se faisait sentir. Les murs bougeaient. Je suis parvenu à me tenir debout, dans le bon sens, c-à-d vers la cuvette, et là, distraction, j’ai déboutonné mon gilet, j’ai saisi délicatement ma cravate et j’ai pissé dans mon pantalon. La bonne nouvelle : je n’ai pas eu à bouffer sa dinde. J’ai terminé l’apéritif en jogging du chef. Demain je dois aller chez lui pour l’échanger contre les clefs de mon auto.

27/12/2006

Cherche à saouler le chef

« Allo, ah, c’est vous, chef ». « Vous êtes seul ce soir ? ». « Oui, chef, le gamin est chez sa mère ». « Alors venez manger à la maison, on fera comme si c’était réveillon ». « C’est gentil, et ça tombe bien, j’apporterai le plat principal ». « Non, non, pas question, nos enfants ont réveillonné à l’extérieur et il nous reste des tonnes de dinde ». « Et meeerde ». « Que dites-vous ? ». « Je dis, c’est meeerveilleux, la dinde, meeerveilleux ». « J’apporterai mon nouveau couteau électrique, il n’a pas encore servi vu que je l’ai eu à minuit à Noël et que j’avais déjà coupé ma viande à la scie sauteuse ». « Ah, ah, ah, pas nécessaire, apportez plutôt l’apéritif ». « Oui, chef, à ce soir ». Ha, ha, hé, hé, hé, je vais saouler le chef, hé, hé, hé.