03/07/2010

Le pied de porc facile (5)

« Gamin, gamin, j’ai enfin trouvé une recette de pieds de porc facile ». « Chouette, papa, parce que, depuis que tu les as achetés, les pieds de porc comment à courir tout seul ». « Ecoute ça, gamin, c’est pour six personnes : six pieds de porc, 300 grammes de viande de porc hachée, du sel, un œuf, de la cannelle et de la muscade, une crépine et un peu de mie de pain ». « Et c’est quoi une crépine, papa ? ». « Je suppose que c’est un sac, gamin, parce qu’ils disent qu’après avoir désossé le pied de porc et l’avoir coupé en deux parties il faut lui faire une farce avec le porc haché assez zoné et refermer le pied avec la crépine ». « Papa, tu te sens capable de faire de la chirurgie esthétique ? ». « Gamin, qui n’essaye rien n’a rien ». « Mais, papa, la recette est pour six personnes ». « Gamin, je n’ai que deux pieds, donc je vais diviser par trois ». « Papa, tu as dit qu’il fallait un œuf. Comment vas-tu le couper en trois ? ». « Gamin, tu as raison. Changement de programme : raviolis. Vas chercher l’ouvre-boite ».

27/10/2009

Cherche à atteindre le 3ième palier

« Vous arrivez au troisième palier. En ce moment, vous pouvez empocher 500 euros, faire appel à l’équipe, appeler un ami ou continuer ». « Je continue, c’est mon dernier mot ». « Vous êtes sûr ? ». « Si je te le dis, bouffi, c’est que j’en suis sûr ». « Vous êtes prêt pour le troisième palier ? ». « C’est plus haut, je sais, mais je dois y arriver ». « Voici la question. Petit A : Coincoin. Petit B : Meumeuh. Petit C : Proutproute. Petit D : Mioumiou. Voulez-vous que je vous rappelle la question ? ». « Non, non, la question ne me gêne pas. C’est la réponse qui me fait chier ».  « Je vous rappelle que vous êtes sur antenne ». «  Et moi je vous rappelle que j’ai déjà atteint le premier palier, que je suis arrivé péniblement au deuxième palier, que je suis en train de gravir les marches qui me mènent au troisième palier,  que la poignée du sac que je tiens à la main gauche est en train de lâcher et que si ce n’est pas la poignée qui lâche c’est moi qui vais la lâcher ».  « Biloudionne ! Tou parle tout chol, tou choliloque, tou rouchpète pach’que l’achencheur il est  en réparachionne ». « Gonzales, monsieur Gonzalez, vous êtes mon sauveur portugais. Aidez-moi ». « Yé tout entendou, Biloudionne, yé souis la même émichion à la télévichion ». « Monsieur Gonzales, je sais qu’avec vous je peux faire appel à un ami ». « Biloudionne, yé vous diche tout. La bonne ch’est la pétite Bé, meumeuh ». « Heuuu ».

16/08/2009

Cherche le poulet précuit

(Si vous étiez absent hier, vous avez intérêt à lire le post précédent avant celui-ci) J'adore le poulet, surtout quand il est déjà cuit et fourni dans une barquette. Je n'en cuis plus moi-même. Un pas cuit, je ne pas certain qu'il soit vraiment mort et je ne tiens pas à courir derrière un poulet sans plume dans l'appartement. Par ailleurs, mes deux seules expérience de cuisson de poulet (et je n'exagère pas en parlant d'expérience) se sont terminées, la première, par une odeur tenace de viande brûlée qui a persisté une semaine dans l'appartement (j'ai vidé trois spray anti mauvaises petites odeurs à la lavande mais ça a aggravé la situation vu que nous étions en hiver), la seconde et dernière par le dépôt clandestin du bidule caoutchouteux, encore en partie rose et sans goût parce que je ne savais qu'il fallait ajouter des épices. Ce que je préfère dans le poulet précuit vendu au supermarché c'est la barquette. Elle flotte sur l'étang du parc communal où je la dépose en cachette car elle n'a pas de trou dans le fond, comme pour les champignons pas cuits. Si ça vous étonne sachez qu'une barquette avec des trous dans le fond n'est plus une barquette mais un sous-marin. En plus, votre poulet précuit n'a plus de sauce puisque toute la sauce s'est retrouvée dans le caddy. Savez-vous que le poulet précuit en barquette est moins cher que le poulet rose et douteux à qui il faut tout faire. A condition de disposer d'un parc communal avec un étang. Comme ce serait ridicule de faire circuler une barquette à vide sur l'étang je la remplis avec toutes les crasses, épluchures, bâtonnets avec de l'ouate pour les oreilles usagés et jaunes, capsules de bières, mégots de cigarettes, pelures d'agrumes, boîtes de raviolis vides, restes de l'avant-veille, coquilles de moules. Résultat des courses : presque plus de sacs poubelle payants. Un conseil : ne jamais y mettre des tickets de caisse sur lesquels figure votre numéro de compte banquaire, vous verriez d'autres poulets débarquer chez vous. 

12/06/2009

Cherche un entraînement à pédale

Depuis qu’on a interdit l’usage du  vide-ordures dans l’immeuble, j’accumule des tas de déchets vu le prix des sacs sélectifs obligatoires. Depuis peu j’utilise ma poubelle à pédale depuis le balcon du cinquième étage. Hop, un petit sac de déchets sur le couvercle de la poubelle, hop, un bon coup de pédale, hop, chute libre de cinq étages, ploutch, atterrissage. Les premières fois j’ai tout reçu dans la figure mais maintenant je ne me penche plus pour voir le décollage.  Je cherche une salle d’entraînement pour la mise sur orbite et le bon atterrissage des sacs poubelle, si possible sur le toit d’un bus pour ne pas être soupçonné.

27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

19/05/2009

Cherche à décrire ma siruation

« Papa, tu peux m’aider ? Pour l’école je dois écrire sur une grande difficulté qu’on peut rencontrer dans la vie ». « Heuuu, je ne sais pas, moi. Heuuu, arriver à pousser sur le bouton de l’ascenseur et puis sur le bouton de l’étage quand on a un sac de provisions dans chaque bras avec les verts de poireau qui dépassent et qui chatouillent le nez et qu’on ne sait pas si ce qui coule dans un sac sont des tomates écrasées ou des œufs cassés ? ». « Pas ça, papa. Madame a dit : une grande difficulté ». « Gamin, prends de quoi écrire, je tiens le sujet. Titre : Comment enfiler un pantalon quand on a un orteil bleu d’un côté et le bras dans le plâtre de l’autre ». « Papa, tu es sûr que c’est une grande difficulté ? ». « Une heure et demi pour y arriver, gamin, c’est une grande difficulté, je peux aller faire la démonstration devant ton institutrice. Ecris ». « Oui, papa ». « Petita : comprendre que vouloir le faire debout, c’est se casser la gueule une deuxième fois. Petibé : s’asseoir sur le bord du lit et enlever son pantalon de pyjama à une main. Peticé : se relever en prenant appui sur le pied qui ne fait pas mal, sinon, ouille, on retombe sur le lit, et ça parce qu’on a oublié de prendre son pantalon. Petidé : s’asseoir à nouveau mais pas sur le pantalon jeté sur le lit sinon on retourne une case en arrière. Petiheu :  glisser prudemment le pied endolori dans la bonne jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petiteffe : c’est là que ça se corse car un pantalon ce sont deux jambes et une partie commune, là où il y la braguette et la ceinture. Impossible de faire entrer l’autre jambe dans un pantalon remonté jusqu’au dessus. Donc redescendre, à une main, la jambe du pantalon sans qu’elle ne sorte de la jambe, la vraie, celle au pied à l’orteil bleu. Petigé : essayer de faire entrer l’autre jambe dans l’autre jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petihache : remonter le tout, à une main, une fois côté gauche, une fois côté droit, sinon ça coince ». « C’est long, papa ». « Attends, gamin, ce n’est pas fini. Jusqu’ici ça ne fait que trois quarts d’heure. Il faut recommencer toute la procédure parce que tu viens de t’apercevoir que tu as oublié de mettre ton slip ».

07/08/2006

Cherche un bout de courroie

J'ai pété une courroie, celle qui servait de ceinture à mon bermuda. La rupture a eu lieu en pleine rue, alors que j'avais à chaque bras un sac rempli de douze boîtes de raviolis. A cause de la promotion. Plus j'avançais et plus le bermuda descendait, jusqu'à arriver sur mes tongs. J'essayais de rallier l'appartement, en prenant mon courage à deux mains, en plus des sacs. J'ai terminé les 300 derniers mètres en une heure vingt. Des gens serviables m'encourageaient : "Vous voulez que je vous la tienne". "Non, non, j'ai un slip". Mais je n'ai pas à vous raconter, je cherche une petite courroie. Pour mon bermuda. Merci.