08/08/2010

Régime liquide pour Robert

« Alors, Robert, tu es bien nourri ici ? ». « De la soupe, mon vieux, de la soupe ». « Mais c’est chouette, ça, c’est varié ». « Vas voir le menu de la semaine, chaque jour c’est écrit soupe de saison ». « Et alors, Robert ? ». « Alors, c’est la saison des carottes. Lundi, soupe de carotte, mardi, soupe de carotte, mercredi, soupe de carotte, jeudi, soupe de carotte, vendredi, soupe de carotte. C’est carotte depuis le début ». « Mais, c’est normal, Robert, c’est la même saison. Hé, je lis que samedi et dimanche c’est soupe de chicon aux croûtons ». « Oui, mais pas de croûtons pour moi, je ne peux avaler que du liquide ». « Heuuu ».

09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

19/01/2009

Cherche à sortir

« Houhou, madame, houhou, monsieur ». … … … « Houhou, je vous entends, m’entendez-vous ? ». … … … « Houhou, houhou, bande d’ingrats, vous pourriez répondre, non ». … … … « Ici, Robinson Crusoé. Je suis sur le radeau de la méduse au milieu de la marée humaine. A l’aide ». … … … « Je vais compter jusque trois et, à trois, je lance un S.O.S. en jetant mes godasses par-dessus bord, compris ? Et ce sont des lourdes, hein, des chaussures d’hiver  ». … … … « Houhou, houhou, j’ai des bonbons. Des bonbons à la fraise. Qui veut un bonbon à la fraise ? ». « Maman, maman, j’ai entendu Père Noël qui donne des bonbons, ça venait de là ». « Viens, on sort d’ici, ma chérie ». « Restez, j’ai deux bonbons ». « N’insistez pas, monsieur, ça ne fait pas d’attirer des enfants dans une cabine d’essayage ». « Madame, il y a erreur, j’ai laissé tomber mon pantalon et quelqu’un l’a pris par en dessous de la cloison ». « Vous n’avez qu’à sortir en mettant celui que essayez ». « Pas possible, madame, j’ai flaché sur le décor du bermuda, des cocotiers, mais j’ai oublié de regarder la taille. C’est du garçonnet. Quand vous me verrez vous comprendrez ». « Mais je ne compte pas vous voir, monsieur. Que voulez-vous au juste ? ». « Les tissus d’ameublement sont à moins soixante-quinze pourcent, j’en voudrais six mètres cinquante pour me draper dedans ». « C’est bon pour une fois. Quelle couleur ? ». « Je m’en fiche, du moments qu’il n’est pas imprimé avec des cocotiers, ce n’est pas la saison ».