16/10/2008

Cherche la sortie

« Toc toc toc, un deux, un deux, ça passe. Allo, allo, mesdames et messieurs, aujourd’hui le salon de l’alimentation de Bruxelles fermera ses portes exceptionnellement à midi. En sortant vous serez soumis à la fouille. En effet, six saucissons dont quatre à l’ail manquent à l’appel au stand de dégustation. Tous, fonçons vers la sortie. En groupe, pour rendre les fouilles impossibles. Forçons les barrages, sautons les barrières, empêchons les fouilles, ne nous laissons pas tripoter. Je serai là, pour vous encourager, avec vous, et avec les saucissons. Allez, hop, tous ensemble vers la sortie ».

15/10/2008

Cherche mes besoins journaliers

« Chaque bouteille vous apporte cinquante pourcent de vos besoins journaliers ». Incroyable, mais j’ai lu ça, écrit en grand, au salon de l’alimentation de Bruxelles. Je fais le calcul : si ce petit truc représente la moitié de mes besoins journaliers, deux et c’est la totale. Je dis non. Trop petit, mon ami, vous ne me connaissez pas bien. Quand je fais, je fais. Ils vendent les mini bouteilles par six, c’est de la folie. Six fois cinquante pour cent, ça fait trois fois cent pourcent de mes besoins journaliers, non. Pas possible, je manque de pot. Deux c’est trop peu et six, c’est Byzance, c’est Carcassonne, c’est le Puy de Dôme. Pourquoi Carcassonne ? Bonne question. Quand Carcassonne, je vais ouvrir. Mais si je suis sur le pot, à cause de mes trois cent pourcent de besoins journaliers, qui va aller ouvrir ?

14/10/2008

Cherche un lit à bière

Le salon de l’alimentation de Bruxelles, c’est aussi le salon du confort. J’ai repéré le stand des lits à eau. Muni de mon entrée gratuite, j’y suis parvenu et j’attends la fermeture. Je veux tester. Pas deux minutes, une nuit. J’ai tout prévu : le pyjama, le crayon, la gomme, le carnet de sudoku et le canif. Le canif, c’est en cas d’urgence, comme on dirait la poire pour la soif, le sourire de la crémière ou le mec plus ultra. C’est moi, le mec plus ultra. Je pense à tout. Couché dans les foins avec le soleil pour témoin, je fume. Dans les foins, si ça crame, il suffit de courir. Mais au lit, hein, quand on sent que les roubignoles se ratatinent sous la chaleur, hein, un coup de canif dans le matelas à eau et hop, la fontaine de Trévy, les chutes de Montmorency, le manneken-pis un soir d’abondance. Pas besoin d’extincteur. Les roubignoles respirent. Je trouve ça con, un lit à eau. Je cherche un lit à bière. D’abbaye de préférence.

13/10/2008

Cherche à coller une moustache

Ma moustache s’est décollée. On m’a reconnu. J’étais au salon de l’alimentation de Bruxelles, incognito, parce que j’y suis connu, devant le grand bol transparent plein de soupe verte, la petite louche de trois millilitres et un manche de trente centimètres et les dés à coudre en plastique pour déguster, penché au dessus du bol pour m’extasier du fumet exaltant mes narines olfactives quand, soudain, une dame hurle : Il y a un rat dans la soupe. C’était, ploutch, ma moustache, élément vestimentaire indispensable pour encore recevoir un dé à coudre. La meneuse de revue, je veux l’hôtesse du stand mais elle était habillée tellement mini que je ne vois pas les rapports avec les carottes, les poireaux et les courgettes, m’a reconnu, nu, sans ma moustache. Elle : C’est lui. Moi, qui n’avais pas encore compris le drame dramatique, j’ai regardé derrière moi, erreur, j’ai reçu les cinq litres de soupe verte sur le crâne. J’ai su m’enfuir. Je criais : coucou, je suis le géant vert, coucou, je suis le géant vert. Finalement j’ai trouvé une toilette propre dans laquelle j’ai pu rincer ma tête. Dommage, autant de vitamines gaspillées.

12/10/2008

Cherche à éviter les mélanges

Je suis à nouveau au salon de l’alimentation de Bruxelles. Je ne sais plus si j’y suis venu hier. Il n’est même pas dix heures du matin et j’en ai déjà fait tout le tour. Et dire que le premier jour je trouvais le salon immense, comme un supermarché des dégustations. C’est vrai, j’ai déjà trouvé des dégustations gratuites, mais jamais à déguster assis, avec une fourchette et un couteau, une serviette en papier et un verre de rouge pour mettre le salami en situation réelle. Si on reconnaît un bon ami dans le besoin, on reconnaît un bon salami quand il est accompagné d’un verre de rouge ou d’une bonne trappiste. Il faut que ça se marie, tous les gastropodes les plus diplômés le diront. Essayez du salami ail, fines herbes, armagnac et fumé sous la cendre avec une limonade à l’orange ! Ici, la limonade gratuite est à côté du salami, le maïs tendre et croquant à dix mètres du chocolat artisanal, la crème légère tomate méditerranée à deux pas de la compote potagère pomme chou rouge qui, selon le dépliant publicitaire accompagnera à merveille une simple saucisse mais aussi vos préparations élaborées comme la biche, le chevreuil et le marcassin. Biche, oh ma biche, je connais mais j’ai du me faire expliquer les deux autres, d’autant plus que je croyais qu’une paire de marcassins c’étaient des godasses. J’ai décidé qu’aujourd’hui je ne mangeais pas. Par contre j’ai soif. J’ai repéré qu’il y avait plus de stands de bières que de stands de vins. C’est décidé : ce sera la bière.

11/10/2008

Cherche à passer la nuit

« Que faites-vous, monsieur, le Salon est fermé ». « Je sais ». « Vous devez sortir, monsieur ». « Je sais ». « Où habitez-vous ? ». « Je ne sais plus ». « Que s’est-t-il passé, monsieur ? ». « Voyez-vous, monsieur, il y a de bons flamands, des philosophes, qui disent : Wijn op bier, plezier ; bier op wijn, venijn. Je vous explique ». « Ce n’est pas nécessaire, j’ai tout compris ». « Monsieur, vous n’êtes pas seul sur terre. Je traduis pour les autres. Français, françaises, je vous ai compris. Mais pas vous. Du vin après de la bière, c’est du plaisir ; de la bière après du vin, c’est du venin ». « Et vous avez fait quoi, vous, monsieur ? ». « Les deux. Plus de la soupe et du salami. Je sens que ça tourne. Pourriez-vous diriger votre lampe de poche ailleurs que dans ma tronche. Merci ». « A qui puis-je téléphoner pour qu’on vienne vous chercher ». « A Kiki ». « A qui ? ». « A Kiki, quoi ». « C’est une dame, Kiki ? ». « Non, c’est le hamster du gamin. Je suis sûr qu’il ne viendra pas ». « Je comprends, il n’a pas son permis ». « Mais, pour la roulette il n’en faut pas ». « Soyons sérieux, monsieur. Vous ne pouvez pas rester ici et je dois continuer ma tournée ». « Ah, si c’est votre tournée, je vous suis. Pour moi c’est une brune d’abbaye ». « Voyons, monsieur, avez-vous vu dans quel état vous errez ». « Dans quelle étagère ! Non mais, je suis sur un matelas à eau, ça fait bizarre un matelas au salon de l’alimentation ». « C’est également le salon du confort, monsieur ». « Ah, du confort ! Alors laissez-moi dormir. Vous avez terminé votre tournée à quelle heure ?». « A l’ouverture du salon, monsieur ». « Très bien, très très bien. Venez me réveiller juste avant. Je sortirai pour vous faire plaisir. Et j’entrerai à nouveau salon que je m’en fiche, j’ai plein d’entrées gratuites ».

10/10/2008

Cherche à éviter la confusion

Bruxelles, Salon de l’Alimentation. « Bonjour, madame, la danse du ventre, c’est vous ? ». « Je ne fais pas ce que vous espérez avec mes salamis artisanaux, monsieur. Ici, c’est du à l’ail ou du pas à l’ail. Vous dégustez une rondelle et vous achetez un salami. Vous dégustez deux rondelles et vous achetez deux salamis. Combien de rondelles, monsieur ? ». « Heuuu, j’en ai déjà mangé douze, surtout des à l’ail ». « Très bien. Douze rondelles, douze salamis. C’est pour manger sur place ou c’est pour emporter ? ». «Heuuu, j’ai oublié mon portefeuille. Je reviendrai demain, gardez-les au frais ». « Et bien, ça fera deux euros quarante pour les douze rondelles ». «  Je vous jure que je reviens demain avec mon portefeuille ». « Dans ce cas laissez-moi une garantie. Votre pantalon, par exemple ». « Vous croyez ? ». « Obligé, monsieur ». « Bon, je m’exécute. Mais prêtez-moi un saucisson, un pas à l’ail, c’est parce que je rentre en train, en slip, c’est pour faire bonne figure ».    

09/10/2008

Cherche à éviter la déprime

Authentique, j’ai reçu une invitation « Venez découvrir les possibilités culinaires de la cuisine à la vapeur à l’occasion de l’une des démonstrations dans le Théâtre des Dégustations du Salon de l’Alimentation à Bruxelles ». A la vapeur, non mais, à la vapeur ! Mais c’est dépassé les trains à vapeur, tchouc tchouc nougat. Je n’irai pas. Je vais rester chez moi et ressortir le train électrique que j’ai reçu pour mes dix-huit ans. Modèle de luxe : pas un bête rond mais un ovale, c’est à dire un demi rond, un rail droit, un demi rond, un rail droit et ainsi de suite. Quels souvenirs. C’était un cadeau collectif de parrain (il est mort), de marraine (décédée), de maman (paix à son âme) et de papa (tombé d’un mirador à la guerre). Que c’est triste. J’ai un cimetière sur la moquette. C’est déprimant le Salon de l’Alimentation.

08/10/2008

Cherche le plan des toilettes

Zut, j’ai perdu le plan du Salon de l’Alimentation de Bruxelles sur lequel les double vé cé étaient indiqués. « Madame, madame ». « Voila, monsieur, un bol de bouillon de poule. C’est du naturel, même les colorants ». « Madame, madame ». « Vous en aurez un deuxième quand vous aurez bu le premier, monsieur ». « Madame, madame, je sens que ça vient ». « Montez sur le podium, monsieur. Mesdames, messieurs, voyez le bonheur de ce connaisseur en bouillon de poule. Parlez dans le micro, monsieur ».  « Toc, toc, toc, une, deux, ça marche, on m’entend. Où sont les toilettes, je répète, appel à toutes les unités, où sont les toilettes, ça urge ? ».     

07/10/2008

Cherche à éviter les mélanges

Du 4 au 19 octobre 2008 : le salon de l’alimentation à Bruxelles. J’ai mes entrées (voir avant-hier), ma place au théâtre (voir hier) et le plan du salon avec la localisation des toilettes (voir demain). Mon problème aujourd’hui est du genre digestif. J’ai reçu une entrée libre avec dégustation, valable toute la journée, de maïs en boîte. Et une autre, mêmes conditions, de dégustation d’une bière d’abbaye brassée depuis 1812. Presque deux cent ans de cave, elle doit être bonne, hein. Soyons concrets : le maïs, je dois l’avaler tout rond ou le mâcher ?  Question digestion.  Parce que ça doit faire un sacré mélange, du houblon et du maïs. Dans mon tube digestif, crevettes et tomate je connais, pruneaux au lapin je connais, crème et tartala je connais, raviolis sauce tomate je connais, mais maïs à la bière d’abbaye j’ai des doutes. Je voudrais profiter de votre expérience. D’avance merci.

06/10/2008

Cherche de la crème à lancer

Du 4 au 19 octobre : le salon de l’alimentation à Bruxelles. J’ai les entrées gratuites (voir hier) et, pour vous, j’ai encore quinze entrées à 4 euros au lieu de 8. Je me suis inscrit au Théâtre des dégustations. C’est gratuit si on emmène son ordinateur pour prouver qu’on a réservé une place. J’ai choisi le thème des tartes. J’ai toujours eu envie de badigeonner une tarte avec des tonnes de crème fraîche et de la lancer dans le public, surtout quand il y a du monde : mariage, enterrement, file à la caisse du supermarché, quai de gare un jour de grève des cheminots. Je cherche de la crème fraîche en vrac au prix de gros.

05/10/2008

Cherche des volontaires pour gagner 4 euros

Du 4 au 19 octobre : le salon de l’alimentation à Bruxelles. Quinze jours de repas gratuits (échantillons, bien sûr, les vrais repas sont payants) pour le prix d’un abonnement de quinze jours au train ! Je ne peux pas rater ça. J’ai même les entrées gratuites pour le salon ! Par internet. J’ai entré quinze fois mon e-mail et j’ai reçu quinze entrées gratuites. Plus quinze entrées à 4 euros au lieu de 8. Je les revends au prix coûtant. Le problème c’est que les entrées gratuites et les autres sont dans mon ordinateur. Ils disent de les imprimer. Mais je n’ai pas d’imprimante, moi, monsieur. Je cherche quinze personnes, intéressées par une entrée à 4 euros au lieu de 8, capables de transporter mon écran pendant que je me promènerai avec la colonne, le clavier et la souris dans mon sac à dos.