09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

19/08/2008

Cherche à vendre un cochon

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. J’y ai retrouvé une médaille. C'est celle du Mérite Agricole reçue il y a longtemps d'un oncle qui avait une ferme. Je l'arbore fièrement quand je vais à un vin d'honneur. Surtout qu'elle est grande puisqu'on devait la voir quand elle était pendue au cou du cochon de mon oncle. C'est grâce à cette médaille que je suis souvent invité, à condition que je la porte. Mon oncle est décédé depuis longtemps. Je n’ai pas de nouvelles du cochon mais il reste sa tête sur une planche en bois. Je pense que c’est du chêne. En tout cas ce n’est pas du Ikéa. Il a bien vieilli, le cochon. Gérard, a qui je l’ai montré, m’a dit que c'est une tête de sanglier, vu qu’il n’a pas de corne et que ce n’est donc pas une tête de cerf, mais qu’une tête de cerf avec des cornes serait plus jolie, dans mon hall d’entrée, pour servir de porte-manteaux. Je me rappelle que, petit, quand je rendais visite à des tantes et à des tontons, il y avait des maisons avec des têtes d’animaux pendues au mur. Je me suis toujours demandé si on pendait la tête d'un côté du mur et le reste de l'autre côté. Je me le demande encore, d’ailleurs. Je n’en ai rien à fiche de cette saloperie de tête qui perd ses poils. Je la vends. Etat neuf, mais sans corne, sans jambon, sans côtelettes et sans la médaille. Faire offre.