03/09/2010

Les vers de Robert

Toc toc toc. « Entre, couillon, je sais que c’est ton heure puisque c’est l’heure du repas du soir ». « Bonjour, Robert, hou hou ». « Tu dragues ou pas ? Parle-moi normalement ». « Salut, Bob ». « Le plateau du repas du soir est là. Laisse-moi la soupe de carotte et le flan caramel. Le poulet sauce madère ne m’inspire pas. Surtout avec du riz ». « Je m’occupe du poulet mais tu devrais manger le riz, Robert, ça va solidifier ta chiasse ». « Alors, tu as trouvé l’énigme d’hier ? ». « Presque, Robert, c’est-à-dire non. C’est quoi la solution de ton poème en vers ? ». « Hier il n’y avait pas plus de poème que dans une motte de margarine allégée ou dans une soupe de carotte. Hier j’étais l’hameçon ». « Ah, l’hameçon ! A la ligne ? Tilt, j’y suis. Bravo, Robert ». « Mange le poulet quand il est encore tiède, la sauce commence à coaguler ». « Heuuu ».

01/08/2010

Robert à l'hosto

J’ai un ami, Robert Bouchez, qui n’avale plus rien, sauf du liquide. Déjà qu’il n’avalait pas facilement les couillonnades que je lui racontais, maintenant il n’avale plus la tarte aux pommes ni les magrets de canards. Quand il mange des frites il sait juste sucer la sauce andalouse. Un pot par portion de frites. Je lui ai offert un assortiment tartare, américaine, béarnaise. Et aussi un tuteur à tomates que j’ai scié en trois morceaux de vingt centimètres, histoire de ne pas gaspiller les portions de frites et d’avoir une sucette pour chaque pot. Ses poubelles débordent de frites. J’ai essayé de les ramener à la maison pour les manger le soir mais des frites froides ce n’est pas bon. En plus il les avait toutes léchées. Pire, il avait sucé toute la sauce.

10/02/2010

Cherche à retrouver mes couleurs

« Papa, as-tu payé le rappel de facture pour l’électricité ? ». « Gamin, tu sais bien que je ne reporte jamais à demain ce que j’aurais du faire hier ». «  Je sais, papa, tu le reportes à après-demain ». « C’est comme ça, gamin, c’est dans ma nature ». « Ou c’est l’abus de raviolis sauce tomate qui te monte au cerveau. Méfie-toi, papa, as-tu déjà lu la liste des ingrédients de la sauce ? Sais-tu pourquoi certaines tomates sont tellement invendables au marché qu’on en fait de la purée ? Sais-tu dans quel pays et avec quels pieds les tomates ont été transformées en purée ? Il y a peut-être des produits pour combattre l’odeur des pieds dans les additifs. Et la viande ! As-tu déjà pris le temps de laver un ravioli, de l’ouvrir, de jeter la pelure pâteuse et de ne manger que l’intérieur ? C’est peut-être inscrit bœuf mais sais-tu que, à part les semelles, tes chaussures sont aussi en bœuf ? ». « Gamin, arrête, je suis malade ». « On en reparlera après le dîner, papa, parce qu’à l’école on nous apprend, à nous les jeunes, à manger sain. Ne fais pas cette tête là, papa. J’ai faim. On mange quoi, ce midi ? ». « Des raviolis, gamin ».

30/01/2010

Cherche les carottes

« Gamin ». « Oui, papa ». « Gamin, où sont les carottes que je dois cuire pour le repas de midi ? ». « A l’école, papa ». « Quoi, des carottes à l’école. Elle se les met où ta maîtresse ? Elle se prend pour le tunnel sous la Manche ? ». « Papa, demain avec l’école on va visiter une ferme. Avec des veaux, vaches, cochons, couvées et des lapins. Madame a demandé d’apporter un peu de nourriture ». « Et tu trouves que quatre carottes c’est un peu de nourriture ! Gamin, c’étaient nos légumes pour deux jours ». « Papa, madame a dit que les agriculteurs vont de pis en pis et qu’il faut les aider ». « Avec les vaches peut-être, ils n’arrivent plus à faire leur beurre avec leur lait, mais avec des lapins ! Aller de pis en pis avec des lapins, non mais, on aura tout vu. Sais-tu que le pire mois pour les agriculteurs c'est le mois de février parce qu'ils n'ont que vingt-huit jours pour se plaindre. Tu dois rayer ces idées reçues d’une traite, gamin. Les agriculteurs, s’ils écossaient leurs petits pois, ils pourraient vendre des kilts et des plaids à carreaux ». « Papa, on mange quoi ce midi ? ». « Raviolis, gamin ». « Ah ». « Oui, et sans carotte dans la sauce ».

15/09/2009

Bébé assume l'intérim - 3

Coucou, c'est Bébé, qui assume l'intérim de ce blog depuis deux jours. Aujourd'hui je fais dans le nu intégral. Je peux puisque je le fais chez moi. Je suis sur la moquette. Je me suis photographiée de profil pour qu'on ne me reconnaisse pas. J'essaye la technique du vol-au-vent. Normalement, le vol-au-vent, c'est avec des morceaux de poulet, des quenelles, de la sauce et des champignons. Etant nue, je me voyais mal faire le vol-au-vent avec des champignons plein les jambes, du poulet dans les oreilles, des quenelles dans les cheveux et de la sauce un peu partout. Alors je me suis entraînée au vol-au-vent avec un sèche-cheveux professionnel. Trois vitesses, deux puissances, plus arrêt, ce qui fait trois fois deux plus une, soit sept positions. Sept positions, ce n'est pas mal pour une débutante comme moi, non ? J'ai entendu parlé de la position du missionnaire mais ce n'est pas dans le mode d'emploi. J'irai revoir le vendeur. A demain.

039

26/08/2009

Le problème du jeune lapin

 Le problème du jeune lapin c'est que cet imbécile oublie qu'il a de grandes oreilles et, comme il est curieux, il les pointe pour écouter les conversations des adultes qui se racontent des choses qui ne sont pas de son âge. Comment pourrait-il comprendre courbature, vergéture, bite molle, pilule, gélulle, compresse, carpaccio, merguez, hémorroïde, côte à l'os, voisine de palier, tension artérielle, colonoscopie, hamster, roulette, casino, ruiné, barbecue, déluge, garage, démangeaison, hospice, pitta, entrecôte, viennoiserie, amuse gueule, zakouski, otorhynolaryngologue, tamalou, retraite, décès, veuve joyeuse, club de rencontres, dentier, prostate, biloute, fuites, gérontologie, reflux gastrique, migraine, s'éteindre comme un chandelle, 69, magret de canard, sauce andalouse, faire revenir des oignons, buffet à volonté, bactérie, chiasse, bronchite chronique, sudoku, cucurbitacée, crise d'hystérie, dernières volontés, funérailles, héritage, notaire, nouba, gueule de bois, incontinence, sarkozi, karcher, bonobo bama, changer les draps, alzheimer, potiron, escalope, pompidou, poulidor, vache folle, météo. Le jeune lapin devrait se contenter d'écouter les oiseaux, les grenouilles, les sauterelles, loin des adultes pour ne pas se faire tirer les oreilles.

072

16/08/2009

Cherche le poulet précuit

(Si vous étiez absent hier, vous avez intérêt à lire le post précédent avant celui-ci) J'adore le poulet, surtout quand il est déjà cuit et fourni dans une barquette. Je n'en cuis plus moi-même. Un pas cuit, je ne pas certain qu'il soit vraiment mort et je ne tiens pas à courir derrière un poulet sans plume dans l'appartement. Par ailleurs, mes deux seules expérience de cuisson de poulet (et je n'exagère pas en parlant d'expérience) se sont terminées, la première, par une odeur tenace de viande brûlée qui a persisté une semaine dans l'appartement (j'ai vidé trois spray anti mauvaises petites odeurs à la lavande mais ça a aggravé la situation vu que nous étions en hiver), la seconde et dernière par le dépôt clandestin du bidule caoutchouteux, encore en partie rose et sans goût parce que je ne savais qu'il fallait ajouter des épices. Ce que je préfère dans le poulet précuit vendu au supermarché c'est la barquette. Elle flotte sur l'étang du parc communal où je la dépose en cachette car elle n'a pas de trou dans le fond, comme pour les champignons pas cuits. Si ça vous étonne sachez qu'une barquette avec des trous dans le fond n'est plus une barquette mais un sous-marin. En plus, votre poulet précuit n'a plus de sauce puisque toute la sauce s'est retrouvée dans le caddy. Savez-vous que le poulet précuit en barquette est moins cher que le poulet rose et douteux à qui il faut tout faire. A condition de disposer d'un parc communal avec un étang. Comme ce serait ridicule de faire circuler une barquette à vide sur l'étang je la remplis avec toutes les crasses, épluchures, bâtonnets avec de l'ouate pour les oreilles usagés et jaunes, capsules de bières, mégots de cigarettes, pelures d'agrumes, boîtes de raviolis vides, restes de l'avant-veille, coquilles de moules. Résultat des courses : presque plus de sacs poubelle payants. Un conseil : ne jamais y mettre des tickets de caisse sur lesquels figure votre numéro de compte banquaire, vous verriez d'autres poulets débarquer chez vous. 

19/07/2009

Appel aux vieux

Maman m’a téléphoné et ça s’est mal passé, comme d’habitude. Ce qui m’inquiète c’est qu’elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas venir chercher son cadeau de fête des mères (hé, en juillet, ho, il y a longtemps que j’ai bouffé les pralines que je lui destinais si elle venait me donner mes étrennes pour la nouvelle année, non mais) parce qu’elle avait les pieds gonflés. Maman a les pieds gonflés. C’est nouveau, ça, des pieds qui gonflent ! Je ne connais pas ce phénomène mais j’en ai peur parce que si ses pieds gonflent comme des ballons elle va s’envoler, disparaître entre Mars et Vénus et je n’aurai jamais l’héritage puisqu’on ne retrouvera pas le corps. Je fais appel aux vieux et aux vieilles qui savent manipuler internet et qui ont les pieds qui gonflent  pour savoir comment ça se passe. Marchent-ils au plafond ? Doivent-ils vivre les fenêtres fermées pour ne pas être emportés par un pet qui les propulseraient à l’extérieur ? Par où font-ils entrer leur nourriture vu qu’ils ont la tête en bas ? Que se passe-t-il quand ils ont la coulante ? Comment tiennent-ils leurs cornets de frites sauce andalouse ?  Maman a les pieds qui gonflent ! C’est gonflé, ça. D’avance merci pour vos explications.

01/06/2009

Cherche un menu à deux plats

« Papa, aujourd’hui c’est le jour de la tarte aux pommes. C’est chouette, non ? ». « Gamin, depuis quand crois-tu que c’est toi qui vas composer le menu ici ? Aujourd’hui on mange italien. En entrée, l’antipasti, c’est raviolis nature, et, en plat principal, raviolis à la sauce. Comme je n’ai que des boîtes de raviolis en sauce je vais en laver quelques uns pour préparer l’entrée. Gamin, j’espère que tu accepteras que nous n’ayons qu’une seule assiette pour tout le repas. Ils l’ont dit à la télévision : il faut économiser l’eau. C’est pour ça que, sur le balcon, j’aurais préféré planter un platane parce que c’est plein d’oiseaux, mais je me contente d’un bonzaï en pot. Pour les toilettes et pour la vaisselle c’est la même chose, il faut économiser l’eau et, pour la vaisselle, en plus, il faut économiser les gestes inutiles. C’est grâce aux économies que je peux t’offrir des vacances de deux fois un demi-jour à la plaine de jeux. Je résume : gamin, aujourd’hui journée italienne, deux plats, une assiette ». « Papa, tu peux supprimer l’entrée, je n’aurai pas fort faim car je dois garder une place dans mon estomac pour la tarte aux pommes. Papy et Mamy me l’ont dit ». « Pourquoi t’ont-ils dit ça, ces vieux schnocks, gamin ? ». « Parce que, papa, normalement, après les raviolis et avant ta sieste, il est prévu que tu me conduises chez eux ». « Gamin, tu veux faire la révolution ? Non seulement tu décides de mon repas mais tu veux gérer mon emploi du temps ! ». « Papa, si tu es sage maintenant, quand tu seras à l’hospice j’irai te porter des bonbons qui ne collent pas à ton dentier ». « Heuuu ».

24/04/2009

Cherche la forme pour Maurice

Si, par hasard, vous passez par Lourdes pour aller au boulot, allez faire brûler un cierge pour le rétablissement de Maurice ( http://bonnieandclyde.skynetblogs.be , Titine et Chacha. Maurice c’est Chacha avec Titine mais, chez moi au cinquième, Maurice est dans un bocal, pas de formol mais d’eau fraîche parce que c’est le poisson rouge du gamin. Je ne vais pas à Lourdes avec lui parce que j’ai peur de casser le bocal dans les virages. Pourtant ça m’intéresserait de faire la multiplication des petits pains avec Maurice. Des montagnes de fish-sticks dans des hamburgers sauce tartare. Mais comment multiplier la sauce ? Et les frites ? Des fish-sticks sauce tartare sans les frites c’est comme des frites sans les doigts. Ou des doigts sans les gants, en hiver, quand il gèle. Je me demande comment c’est manger des fish-sticks sauce tartare avec des frites avec ses doigts avec des gants, quand il gèle, en hiver. Et avec une écharpe ! Et avec un bonnet passe-montagne ! En dessous d’un casque à visière ! Il faut que j’arrête parce que c’est celui qui en parle le plus qui en mange le moins. Alors, le temps d’enlever mon casque à visière, mon bonnet passe-montagne, mon écharpe, mes gants et les frites seront froides.

03/04/2009

Cherche à comprendre la faille

« Papa, prêtes-moi dix euros ». « Oui, gamin, pourquoi ? Tu veux acheter un pot de peinture pour repeindre le W.C. sur les murs duquel tu as écrit que tu étais un fils de con ? Tu veux me faire des toasts au foie gras pour mon anniversaire que tu as oublié ? Tu vas acheter un pétard que tu vas fiche dans le cul de ton grand-père maternel pendant sa sieste ?». « Papa, si tu avais su gérer ton argent, nous mangerions autre chose que des raviolis sauce tomate qui tachent mon bavoir et ta chemise. Ou ta chemisette quand t’es en congé, que t’es pas rasé et que tu déambules en chemisette et en slip avec les poils qui dépassent ». « Gamin, je t’interdis de raconter ma vie privée ». « Papa, c’est tellement privé ici qu’il n’y a même pas une femme pour nettoyer, lessiver, remplacer les ampoules électriques pétées, détartrer la cuvette du W.C., descendre les six sacs poubelles, cuire des carottes sans les brûler ». « Gamin, ma vie privée, c’est comme les toilettes quand je suis dedans et que je mets trois heures pour résoudre un mot-croisé de Rafaël, c’est privé, privé, privé ». « Papa, tu me prêtes dix euros ? « Oui, gamin ». « Papa, tu ne m’en donnes que cinq. Comme ça, tu m’en dois cinq. Et moi aussi. Et nous sommes quitte ». « Heuuu ».   

30/05/2007

Cherche la grande fête

« Des frites, madame, s’il vous plait, c’est la fête ». « Grande frite, petite frite ». « Grande frite, madame, c’est la fête ». « Quelle sauce ? ». « Un peu de tout, madame, c’est la fête ». « Nous avons 28 sauces différentes, je vous mets lesquelles ? ». Les 28. C’est la fête ». « Et avec ça ? ». « Heuuu, 28 petites fourchettes en plastique. Vous savez, chez moi, je ne mange pas le gâteau avec le couteau à fromage ».

23/09/2006

Cherche une sauce

"Gamin, que fais-tu dans ma chambre". "Mais, papa, il est midi, j'ai faim". "Midi, mais j'ai l'impression que je viens de me coucher. Hier, au retour de mon voyage en car de luxe, on s'est arrêté 22 fois pour laisser descendre les participants. Il fallait réveiller la plupart des petits vieux, sauf ceux à qui j'avais donné un tchouwinne gomme". "Ceux qui collent aux dents ?". "Ils ont dit quoi ?". "Ils ne savaient plus parler". "Dis, papa, il y a un moule à tarte en silicone sur la table de la cuisine ?". "C'est pas un moule à tarte, c'est un freesbee, c'est pour toi, ça m'a coûté la peau des fesses". "C'est pour ça que tu ne sais plus t'asseoir ?". "Non, ça, c'est plus de 20 heures assis dans le car". "Et les boules de pétanque dans les deux seaux ?". "C'est le repas de midi. Au départ, elles étaient à la tomate, mais comme tu n'aimes pas je les ai lavées en rentrant cette nuit". "T'aurais pas du mettre du savon vaisselle, papa, elles sentent le citron". "Oh, oh, gamin, tu connais beaucoup de papas qui lavent des boulettes sauce tomate en pleine nuit, hein". "Tu devais les acheter sans sauce". "Je ne les ai pas achetées". "Tu les as volées ?". Oh, oh, gamin, je les ai gagnées. A chaque connerie que je disais j'avais droit à une boulette". "On va les manger comment ?". "Vas voir dans les poches de ma veste, j'ai aussi ramené tout ce qu'il y avait en trop de sauce andalouse sur les tables". Chers amis, j'ai des boulettes pour au moins trois jours. Je cherche des idées de sauces. Des faciles.

14/09/2006

Cherche des chansons (3)

Je répète pour un mariage où il y aura un karaoké obligatoire. Quand la mer mooonte, j'ai hooonte, j'ai hooonte, quand elle descend, je l'attend. Hommage ému à Raoul de Godsvarvelde. Je chante et je pleure. C'est con, ça. Quand je chante du Dalida et que je passe langoureusement mes mains sur mon crâne à demi chauve, je ne pleure pas. J'essaye de loucher mais j'ai peur de rester paralysé. Il faudrait que j'aie une perruque. Ou une serpillière. Ou alors, je me renverse des macaronis sur la tête. Pas trop cuits, sinon, ils vont glisser. Je vais essayer, peut-être qu'avec une sauce au fromage, ils vont coller; Djidji l'amoroso, c'est bon, ça, non. Djidji, l'amoroso, croqueur d'amour, l'oeil de velours comme une careeeesse. Djidji l'amoroso, toujours vainqueur, parfois sans coeur, mais jamais sans tendreeesse. C'est bon, ça ? Avec une perruque en macaronis. Ce qui est chouette, c'est que si des macaronis tombent par terre, les suivants vont se casser la gueule. Si, si, ça glisse, des macaronis. Bon, décidé. C'est Djidji l'amoroso au macoroni sauce fromage. Qui a les paroles ?