10/02/2010

Cherche à retrouver mes couleurs

« Papa, as-tu payé le rappel de facture pour l’électricité ? ». « Gamin, tu sais bien que je ne reporte jamais à demain ce que j’aurais du faire hier ». «  Je sais, papa, tu le reportes à après-demain ». « C’est comme ça, gamin, c’est dans ma nature ». « Ou c’est l’abus de raviolis sauce tomate qui te monte au cerveau. Méfie-toi, papa, as-tu déjà lu la liste des ingrédients de la sauce ? Sais-tu pourquoi certaines tomates sont tellement invendables au marché qu’on en fait de la purée ? Sais-tu dans quel pays et avec quels pieds les tomates ont été transformées en purée ? Il y a peut-être des produits pour combattre l’odeur des pieds dans les additifs. Et la viande ! As-tu déjà pris le temps de laver un ravioli, de l’ouvrir, de jeter la pelure pâteuse et de ne manger que l’intérieur ? C’est peut-être inscrit bœuf mais sais-tu que, à part les semelles, tes chaussures sont aussi en bœuf ? ». « Gamin, arrête, je suis malade ». « On en reparlera après le dîner, papa, parce qu’à l’école on nous apprend, à nous les jeunes, à manger sain. Ne fais pas cette tête là, papa. J’ai faim. On mange quoi, ce midi ? ». « Des raviolis, gamin ».

20/09/2006

Cherche à être absent (4)

Mes vacances d'un jour en car de luxe avec démonstration et repas gratuit. 15 heures, enfin le restaurant. Un type reste dans le car. Je m'inquiète : "Vous êtes allergique aux boulettes sauce tomate?". "Non, je suis sous certificat médical, sorties interdites". Ah, à table. Et merde, j'avais une chaise avec 3 pieds et 9/10. Le mal de mer assuré. Heureusement la dame d'à côté avais mis sa sacoche par terre. Hop, chaise à 4 pieds. L'assiette arrive. "Mais, vous avez mis la boulette dans la soupe". "Ce n'est pas la soupe, monsieur, c'est la sauce tomate. Désirez-vous des frites ?". "Et comment". "4 euros". "Avec de la sauce ?". "Andalouse". "1 euro. Du vin ?". "Bien sûr, c'est quoi comme vin ?". "Du rouge du patron". "Allez hop, ce sont mes vacances, mettez-en une bouteille". "19 euros". Dégustons. D'accord, ça me changeait de mes raviolis quotidiens mais question gastronomie, c'était nul, sauf les frites. On ne peut pas tout avoir avec un repas gratuit à 24 euros. Demain, j'écrit au guide Dupneu pour qu'on enlève une étoile à ce hangard déguisé en salle pour banquets.

18/09/2006

Cherche à être absent (3)

Mes vacances : une journée en autocar de luxe. Le matin, de 6 h 45 à +/- 14 h, ramassage des participants à 23 endroits, puis démonstration. Départ pour le tour de ville et le restaurant. L'accompagneur : "Vu les travaux, nous allons faire demi-tour". Moi : "Hé, ho, sur le programme, c'est écrit tour de ville et pas demi-tour". "Applaudissons l'humour de monsieur et allons manger la boulette sauce tomate". Moi : "Hé, ho, sur le programme, il y a un s à boulettes". "Ha, ha, rassurez-vous, c'est une boulette par personne. Mais après, vous pourrez acheter des desserts". Moi : "Hé, ho, on est venu pour un tour de ville, des boulettes gratuites et une démonstration, hein, pas pour des desserts payants". "Rassurez-vous, monsieur, il y aura une deuxième démonstration". Moi : "Vous organisez souvent des tours de ville comme ça". "Voila, nous sommes arrivés. N'oubliez pas de passer aux toilettes. Monsieur, je veux vous voir à la descente du car. Moi : "Aïe, aïe, aïe, je vais devoir rentrer à pied ?". "Non, non, mais vous savez, pour les boulettes, vous en reprendrez autant que vous voulez. C'est bourré de petits vieux, le temps qu'ils fassent la file aux toilettes et le temps du repas sera terminé". "C'est vraiment bien organisé chez vous, j'attends la suite. En attendant, à la boulette". A bientôt pour la suite.

16/09/2006

Cherche à être absent (2)

Mon voyage d'un jour en car de luxe, avec climatisation, accompagnateur et démonstrations. Youpie. Voyons le programe : prise en charge des participants. Ouais, je sais, je suis dans le car depuis 6 h 45, il est 12h 15 et il y a encore deux arrêts sur les 23 prévus. La prochaine fois que je voyage en car de luxe, je prends le tgv. Stop. Arrêt. Des soeurs jumelles montent. Deux. Waow. Zut, à elles deux elles doivent totaliser plus de 140 ans au compteur. C'est un voyage ou un cauchemard, hein. On est obligé d'applaudir chaque nouveau participant. Moi : "Clap, clap, nous avons, faim, clap, clap, nous avons, faim". L'accompagnateur : "Je vous rappelle le programme, quand nous aurons réuni tout le monde, nous aurons droit à une petite démonstration". Enfin, nous y voilà, dans une salle. Une dame, au micro : "Qui peut me dire ce que c'est que ces merveilles. Des vitro ..., des vitro ... . Un petit vieux du car : "Heu, des vitraux d'art ?". La dame, au micro : "Non, non, des vitro ..., des vitro ...". J'ai craqué et j'ai pris le micro : "Je sais, moi, madame, je sais, des vî trô d'cul". Aïe, aïe, aïe, ça a jeté un froid dans la salle, tous les vî trô d'cul présents ont crié "Oooooh". C'étaient des plaques vitrocéramiques.Résultat, personne n'a voulu en acheter. M'en fous. J'ai faim. Il est 14 h 20 et toujours pas de boulettes sauce tomate à l'horizon. Je vous raconterai la suite, si je ne suis pas mort de faim.

15/09/2006

Cherche à être absent

Je pars en voyage. Je vais être absent. Profitez-en pour lire les messages antérieurs. Je pars en car de luxe. Avec accompagnateur. Et climatisation. J'ai peur. Il y a vingt-trois points de ramassage des participants à la journée exceptionnelle de démonstrations. Je prends le car de luxe à 6 h 45 au deuxième point de ramassage. Le dépliant est formel : à chaque arrêt, accueil des nouveaux avec des applaudissements. J'imagine, au troisième arrêt : "Clap, clap, clap, salut les vieux, venez, avec vous nous serons cinq". Au dixième arrêt : "Clap, clap, pousse ton cul, la grosse, il est déjà 11 heures". Au dix-septième arrêt : "Clap, hé, ho, dépèchez-vous, on va rater les boulettes sauce tomate". Au vingtième arrêt : "Pendant qu'ils montent, je descend, j'ai pipi, je ne peux plus tenir". Ouf, ça fait du bien; j'ai la vessie vide. Quel cauchemard. Promis, je vous raconterai la suite.