26/08/2010

Le confort de Robert

Quel confort ! Petit déjeuner au lit, pression du pneu avant gauche au lit, repas de midi au lit, sudoku au lit, thermomètre au lit, sieste au lit, découverte de feuilletons débiles dont Robert ignorait l’existence (car Robert avait choisi une chambre d’agents doubles) au lit, repas du soir au lit, pipi caca à 60 cm, distance le séparant de la porte coulissante donnant accès au salon de toilettage d’où il peut entendre les gémissements de son partenaire vacancier en crise de constipation. Il lui rend l’appareil quand il entonne le début de la cinquième de Beethoven avec son instrument à vent. Robert peut faire un jogging à du 2,5 km/h en slalomant entre les promeneurs de perches à perfusion, les remorques à balais et à détergent et les armoires qui maintiennent tièdes les repas chauds et l’espace fumeur. Génial, l’espace fumeur. Pour l’oxygénation des poumons des fumeurs ceux-ci sont obligés de se fournir en oxygène naturel, dehors. Gros progrès de la médecine : le thermomètre ne se fiche plus dans le cul. On le met sous le bras et il fait bip bip quand on est cuit à point.

13/03/2010

Cherche à faire le mort

Boum, boum, boum. « Sortez, vous êtes cerné ». Boum, boum, boum. « Voisin, je voudrais savoir quel est l’imbécile dans l’immeuble qui raconte que mon chien ramène des pneus dans l’ascenseur ». Boum, boum, boum. « Venez me le dire en face si vous osez. Ouvrez ou mon chien va vous mordre ». J’hésite : rester incognito ou, comme les menaces me compriment l’estomac et que, dans ce cas, je fais de l’aérophagie, aller péter dans le trou de la serrure pour asphyxier ma voisine de palier. Mais, péter, c’est laisser une trace. On pourrait retrouver mes empreintes digitales si les experts de Miami débarquent. Ou Julie L’Escaut.  Le problème reste entier. Pas question de laisser mes empreintes digitales dans le trou de serrure mais, l’aérophagie nerveuse faisant son chemin, je gonfle, je gonfle. Un soulagement s’impose. Tant pis pour ma sieste, je vais aller étouffer mes bruits de désespoir sous mon oreiller. Décision : je fais le mort. C’est pourquoi je n’ai rien posté aujourd’hui.

01/06/2009

Cherche un menu à deux plats

« Papa, aujourd’hui c’est le jour de la tarte aux pommes. C’est chouette, non ? ». « Gamin, depuis quand crois-tu que c’est toi qui vas composer le menu ici ? Aujourd’hui on mange italien. En entrée, l’antipasti, c’est raviolis nature, et, en plat principal, raviolis à la sauce. Comme je n’ai que des boîtes de raviolis en sauce je vais en laver quelques uns pour préparer l’entrée. Gamin, j’espère que tu accepteras que nous n’ayons qu’une seule assiette pour tout le repas. Ils l’ont dit à la télévision : il faut économiser l’eau. C’est pour ça que, sur le balcon, j’aurais préféré planter un platane parce que c’est plein d’oiseaux, mais je me contente d’un bonzaï en pot. Pour les toilettes et pour la vaisselle c’est la même chose, il faut économiser l’eau et, pour la vaisselle, en plus, il faut économiser les gestes inutiles. C’est grâce aux économies que je peux t’offrir des vacances de deux fois un demi-jour à la plaine de jeux. Je résume : gamin, aujourd’hui journée italienne, deux plats, une assiette ». « Papa, tu peux supprimer l’entrée, je n’aurai pas fort faim car je dois garder une place dans mon estomac pour la tarte aux pommes. Papy et Mamy me l’ont dit ». « Pourquoi t’ont-ils dit ça, ces vieux schnocks, gamin ? ». « Parce que, papa, normalement, après les raviolis et avant ta sieste, il est prévu que tu me conduises chez eux ». « Gamin, tu veux faire la révolution ? Non seulement tu décides de mon repas mais tu veux gérer mon emploi du temps ! ». « Papa, si tu es sage maintenant, quand tu seras à l’hospice j’irai te porter des bonbons qui ne collent pas à ton dentier ». « Heuuu ».

03/04/2009

Cherche à comprendre la faille

« Papa, prêtes-moi dix euros ». « Oui, gamin, pourquoi ? Tu veux acheter un pot de peinture pour repeindre le W.C. sur les murs duquel tu as écrit que tu étais un fils de con ? Tu veux me faire des toasts au foie gras pour mon anniversaire que tu as oublié ? Tu vas acheter un pétard que tu vas fiche dans le cul de ton grand-père maternel pendant sa sieste ?». « Papa, si tu avais su gérer ton argent, nous mangerions autre chose que des raviolis sauce tomate qui tachent mon bavoir et ta chemise. Ou ta chemisette quand t’es en congé, que t’es pas rasé et que tu déambules en chemisette et en slip avec les poils qui dépassent ». « Gamin, je t’interdis de raconter ma vie privée ». « Papa, c’est tellement privé ici qu’il n’y a même pas une femme pour nettoyer, lessiver, remplacer les ampoules électriques pétées, détartrer la cuvette du W.C., descendre les six sacs poubelles, cuire des carottes sans les brûler ». « Gamin, ma vie privée, c’est comme les toilettes quand je suis dedans et que je mets trois heures pour résoudre un mot-croisé de Rafaël, c’est privé, privé, privé ». « Papa, tu me prêtes dix euros ? « Oui, gamin ». « Papa, tu ne m’en donnes que cinq. Comme ça, tu m’en dois cinq. Et moi aussi. Et nous sommes quitte ». « Heuuu ».   

21/01/2009

Cherche à vendre lampadaire original

Il vous suffira d’une foreuse et d’une très longue mèche pour percer le trou destiné à y faire passer le fil électrique, d’une scie à bois pour adapter la hauteur à votre intérieur, de mettre une ampoule dans le support à ampoule électrique que vous mettrez obligatoirement au sommet et de mettre la fiche dans la prise électrique et vous disposerez d’un lampadaire original en bois massif. En sapin. Celui que je ne suis pas arrivé à vendre hier. J’ajoute que la fonction porte-manteaux est incluse dans le prix. Optez pour un porte-manteaux branché. Faire offre. Livraison à domicile, à mon domicile au cinquième, en face de l’ascenseur. Sonnez longtemps si c’est l’heure de la sieste.

28/11/2008

Cherche à expliquer le pourquoi

« Un jour, il y a longtemps et même plus, un coq, Rico Coco,  quelque peu éméché et roulant sans casque sur sa mobylette, lors d’un contrôle d’identité, a déclaré s’appeler Coco Rico. C’est en son hommage que, depuis, les coqs font cocorico ». « Si j’arrive à te comprendre, papa, avant, les poules faisaient toc, toc ». « Logiquement oui, gamin ». « Continue ta sieste, papa, je vais me débrouiller tout seul avec mon devoir ».

17/11/2008

Tûûût 30 Cherche la zizanie cinjugale

« Allo ». « Allo ». « Bonjour, pourquoi y a-t-il une toile d’araignée ? ». « Quoi ? Une quoi ? ». « Une toile d’araignée ». « Où ça ? ». « Près du plafond ». « Où ça ? ». « Retournez-vous, enfin. Il y a une toile d’araignée chez vous, près du plafond ». « Didju, mais c’est vrai. Qui êtes-vous ? ». « Je suis le lustre ». « Qui ça ? ». « Hé ho, faut nettoyer ses oreilles, hein, c’est comme le plafond. Je vous dis que je suis le lustre. J’ai horreur des toiles d’araignées ». « Germaine, Germaiiine, au s’cours, devine qui téléphone ». « Ta belle-sœur, ça fait bien dix ans qu’elle ne te parle plus, c’est elle ? ». « Germaiiine, nooon, pire que ça, devine ». « Hughes Aufray ? ». « Non ». « Benoît Seize ? ». « Non, Germaine, plus près ». « Le prince Laurent ? ». « Plus près, je t’ai dit, tout près ». « Zut, à la fin, moi aussi je fais ma sieste. C’est qui ? ». « Germaiiine, c’est le lustre ». « Qui ça ? ». « Le lustre, Germaine ». « Qui ? ». « Hé ho, faut nettoyer ses oreilles, hein ». « Reste poli, hein, grossier personnage ». « Mais je te répète ce qu’il m’a dit ». « Qui ça ? ». « Ben, le lustre, Germaine ». « Toi, tu t’es repris un troisième pastis pendant que je siestais, hein. Tu n’en auras pas ce soir ». « Allo, le lustre ». Tûûût, tûûût, tûûût.

08/11/2008

Cherche un bouchon

« Allo, Gérard, dis-moi que ce n’est pas vrai ». « Tu m’as l’air mal en point ? Qué sé pasta ? ». « Je sors d’un cauchemar ». « Tu dors l’après-midi, toi ? ». « Heuuuu, parfois, une petite sieste. Gérard, j’étais une chauve-souris, accrochée par les pattes, la tête en bas ». « C’est normal pour une chauve-souris. Et ensuite ? ». « Je crois que j’ai trop mangé ce midi, Gérard ». « Je ne vois pas le rapport ! ». « Moi bien. J’étais accroché par les pieds et j’ai cru que j’avais la chiasse, la coulante, la déferlante ». « Dis, sais-tu qu’il y a des enfants qui te lisent, idiot ». « Et bien, grâce à moi, Gérard, ils retiendront toute leur vie que les chauves-souris dorment la tête en bas ».