01/09/2010

Le plaisir de Robert

Robert, collègue et néanmoins ami, est hospitalisé pour une série d’examens vu sa grosse bouboule qui bloque sa tuyauterie. Je vais le voir tous les jours en faisant d’une pierre trois coups : je lui remonte son oreiller et son moral et je mange son repas du soir qu’il ne sait pas manger. « Robert, bonjour. Devine qui est là ». « C’est toi, idiot ». « Bravo, Robert, au moins tu as gardé la mémoire des noms ». « Robert ». « Oui ». « Robert, soyons sérieux ». « Oui ». « Robert, je viens te voir tous les soirs, j’arrive les mains vides et je repars le ventre plein. Dis-moi ce que tu souhaites ». « Je n’ose pas te le dire ». « Robert, voyons, pas de cachotterie entre nous. Je te vois en pyjama, hein, alors ? Dis-moi ce qui te ferais plaisir ». « Je n’ose pas ». « Robert, parle ou je débranche ta perfusion ». « Disons que, heu, ce qui me ferait plaisir c’est que tu viennes beaucoup moins souvent me voir ». « Ah ! Heuuu. Ah ! Ah bon. Tu préfèrerais que je vienne te voir tous les six mois ? ». « Dis, tu fais de l’humour ou tu penses que je serai encore ici dans six mois ? ». « Heuuu. A demain, Robert ».

25/08/2010

Robert et les fleurs

Visite difficile à rendre à mon collègue Robert, hospitalisé depuis longtemps pour des examens qu’il n’arrive pas à réussir. « Robert, coucou, c’est moi, tirelirelire tirelirela, coucou, coucou, coucou, coucou, coucou, il est cinq heures, l’heure des visites ». « Ha, c’est encore toi ! ». « Oui, Robert, et aujourd’hui je viens en cachette ». « Ah ! Tu ne viens donc pas me bouffer mon repas du soir ? ». « Vois-tu, Robert, ton absence au bureau fait qu’on se pose des questions. Parce qu’on sait que tu aimes les fleurs ». « Ben, il a plu, ça devrait aller. Et puis qui vois-tu qui viendrait arroser mon jardin ? ». « Personne, Robert. Personne n’a parlé d’aller arroser ton jardin. On a parlé de tes préférences florales ». « Tu sais bien que j’aime toutes les fleurs ». « Robert, je t’ai dit que je venais en cachette, en espion en quelque sorte, de la part du bureau qui connait ma discrétion et m’a demandé de te parler avec toi de fleurs avec tact. Que préfères-tu ? ». « J’aime toutes les fleurs ». « Robert, la question est : es-tu plus gerbe ou couronne ? ». « A demain ». « Heuuu ».

09/08/2010

Les repas de Robert

Je rends visite tous les jours à Robert Bouchez, hospitalisé pour sa tuyauterie. J’y vais pour Robert. Enfin, c’est ce que je lui dis. Car j’y vais à l’heure du repas du soir. « Salut, Robert. Alors, comment vas-tu ? ». « Bof, toujours le même ». « Ah non, hein, Robert. Moi, je trouve que tu as encore maigri ». « C’est ça qui est grave, à cause des soupes ». « Mais non, Robert. Je peux te le dire aujourd’hui. Les filles, au bureau, disent toutes : Robert, qu’il est gentil mais quel boudin. Maigre comme tu es on ne pourra plus te traiter de gros plein de soupe, hein, Robert. Souris, Robert. Tu dois bouger. Fais de la gymnastique faciale ». « Mais regarde ce qu’on me met sous le nez : du bœuf mironton haché, de la poularde hachée, du steak haché haché ». « Robert, tu es un ami, pour ne plus que tu voies ça je vais le manger. Et aussi le flan caramel ». « Ah non, pas le flan caramel, il n’y a que ça que j’arrive à avaler ». « Heuuu ».

06/10/2009

Cherche une autre histoire

Quand le gamin était petit il adorait que je lui raconte le soir l'histoire de St Nicolas qui avait recollé les morceaux d'un enfant découpé par un méchant boucher. Puis il a trouvé l’histoire trop courte. A tel point que j'ai du remplacer l'enfant par les sept nains pour faire durer l'histoire. Après ce furent les quarante voleurs d'Ali Baba que St Nicolas devait recoller, un par un, sans se tromper dans les morceaux. Si l’avais le malheur de remettre trois jambes à l’un de voleurs je devais recommencer l’histoire depuis le début. J'ai du arrêter l'histoire quand le gamin m'a dit qu'en fait le méchant boucher avait exterminé l'armée chinoise. Je cherche une autre histoire, plus courte. Si possible une histoire qui endort rapidement. D’avance merci.

24/09/2009

Chercehe à zexpliquer mes vaquances

« T’étais où, papa, pour tes vacances ? ». « Heuuu, gamin, je ne sais plus. C’était bien. On ne devait pas se laver parce qu’on recevait la douche froide collective le matin, la douche tiède collective à midi et la douche chaude collective le soir. Ce sont des psychologues avertis qui ont inventé ça. La douche froide du matin réveille et chasse les fourmis dans les jambes. La douche tiède de midi maintient éveillé et la douche chaude du soir fait dormir et permet de ne changer les draps qu’une fois par séjour. Des douches à l’eau de source, gamin. Je pouvais garder la bouche ouverte pendant la douche. Non seulement j’économisais le dentifrice mais, en plus, j’avais mon Apport Journalier Recommandé, mon AJR comme c’est écrit sur les pots de yaourt, en calcium, potassium, plutonium, atomium, géranium, uranium. Une cure de santé, gamin ». « Tu as des photos, papa ? ». « Des douches, non. On devait être tout nu, dans le plus simple appareil comme ils disaient, c-à-d sans appareil. Moi qui ne sais pas nager j’ai bu la tasse trois fois par jour. Pour faire des économies parce qu’au distributeur l’eau était payante ». « C’était pour quoi, l’eau, papa ? ». « C’est de l’eau pleine de vertus. Contre les rhumatismes, pour avoir de belles dents blanches si on gardait la bouche ouverte pendant les douches, pour faire circuler la circulation. Et l’eau avait même des vertus aphrodisiaques mais ça je n’ai pas testé ». « C’est quoi affreux disiaque, papa ? ». « Gamin, je viens de te dire que je n’ai pas testé, voyons. En plus le jet était tellement puissant que je n’aurais pas su lever le petit doigt ». « Papa, tu en oublies l’énigme du jeudi ». « Heuuu, disons, heuuu, dans quelle commune cette photo a-t-elle été prise ? Un indice : c’est en Europe ».

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12/09/2009

Cherche à me reposer

Une semaine sans ordinateur, sans aller au bureau photocopier du matin au soir, sans poster de commentaire sur vos blogs, sans l'énigme du jeudi, ça va être dur, surtout le jeudi. Je vous livre mon programme, grâce à Gotlib. Quels souvenirs ce Gotlib, surtout l'histoire du raton laveur qui a attrapé une crampe dans la queue et qui tournait en rond dans l'eau, verticalement. Gotlib c'est mon Jacques Salomé à moi (que ceux qui ne comprennent pas relisent Rafaël). Le gamin, qui sera chez sa mère, enfin, chez les parents de sa mère parce qu'elle joue à faire le Moulin Rouge en écartant ses jambes pour trouver un Roc aux six Freddy et Blanche-Neige a fait mieux puisqu'il lui en a phallus sept, m'a dit que là où je vais il y a des Gilbert cafés où on peut se brancher sur internet. Je pourrai peut-être vous envoyer des cartes postales, sans les timbrer. Je suis préparé pour mes vacances : Imodium, Motilium, Géranium, aluminium pour emballer les restes du buffet du soir pour les manger le lendemain à midi car j'ai choisi la demi-pension. " Il ne faut pas vous pensionner tout de suite " m'a dit mon psy, " vous êtes trop jeune. Commencez par une demi-pension ". Ils m'ont rassuré à l'agence de voyage : même en demi-pension on a droit à un lit entier. Et à un copieux petit déjeuner comme chez Titine et Chacha. J'ai établi mon programme de la semaine et je vous le livre. Vous recevrez chaque jour une oeuvre inédite sur ce blog, histoire de garder le contact. Vos commentaires sont les bienvenus, comme d'habitude, comme a dit Maille Oué. Pff, dure, dure, celle-là. J'ai vraiment besoin de repos !

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06/06/2009

Cherche à sauver la planète

Chers amis, l'heure est grave. Notre planète se meurt. En cette veille d'élections européennes il est urgent de rappeler que notre vote doit être utile. Votons pour ceux qui prendrons des mesures intelligentes. Par exemple : exiger que les pilules de viagra soient peintes en vert pour que je ne les confonde plus avec les granulés bleus anti-limace. Economisons le carburant. Pourquoi aller en Bretagne pour manger des artichaux alors qu'on en vend chez Carrefour. Economisons le temps. Pourquoi certaines femmes se maquillent le matin pour se démaquiller le soir. Economisons notre salive. Pourquoi nos politiciens parlent-ils pour ne rien dire alors qu'ils seraient plus utiles s'ils rebouchaient les trous dans les routes. Economisons le papier. Pourquoi ne photocopierions-nous pas au bureau nos rouleaux de papier Q au lieu d'en acheter de nouveaux. Economisons l'énergie. Pourquoi ne pas avoir dans les immeubles de bureau des ascenseurs à horaire fixe plutôt qu'à la demande. Nous avons vécu le cul dans le beurre. Nous devons apprendre à nous asseoir sur de la margarine. Et apprendre les gestes qui sauveront la planète. Deux exemples : un petit besoin urgent ? Pas de gaspillage, allons pisser sur le jardin le plus proche, un jardin où poussent des poireaux, ça les fera grossir ; un gros besoin urgent ? Courons vers le tas de compost le plus proche pour l'enrichir plutôt que d'emmerder ceux qui se baignent à la plage. Nous devons châtrer les chiens et les chiennes en chaleur car la chaleur réchauffe notre planète. Pour mieux vous convaincre du danger du réchauffement climatique j'ai emprunté à un ami infographiste une photo d'une projection de ce que deviendra le tunnel sous la Manche dans quelques dizaines d'années si nous n'agissons pas. A l'avant-plan on distingue nettement, en blanc, les restes des belles falaises normandes. Pour éviter cela, votons pour la planète. 

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05/01/2009

Cherche à conseiller le gamin

« Gamin ». « Oui, papa ». « J’ai deux choses à te dire ». « Oui, papa ». « Premio : quand tu fais pipi le soir dans la rue depuis le cinquième étage tu dois éteindre la lumière qui est derrière toi. Deuxièmo : quand le sol est gelé comme maintenant et que tu veux créer une patinoire sur le trottoir, fais pipi de travers, soit devant l’immeuble de gauche, soit devant l’immeuble de droite et sans changer d’avis durant ton arrosage. Cadeau : troisio, dis-moi quand tu fais la patinoire, je viendrai t’aider ». « Oui, papa ».