19/09/2009

Bébé assume l'intérim - 7

Bzzzzzzzzzz, bzzzzzzzzzz, je répète le vol du bourdon. Spécial, non ? Le directeur du Vin Rouge, le moulin où je répète pour devenir artiste en herbe, m'a demandé de réaliser une scène du vol du bourdon. Au début je croyais qu'il s'agissait d'un vol, avec un voleur, des flics, panpan, on te tient, tu vas parler, et merde, il ne parlera plus, ah bon, pourquoi, à cause du panpan. Le bourdon est non seulement une cloche au son très grave mais aussi un insecte. Qui fait bzzzzzzzz, bzzzzzzzzz. Comment faire le vol du bourdon alors que je suis assise le cul par terre les jambes écartées ? Je n'arrive pas à m'envoler. Avec un tutu, debout, en faisant des pointes et en sautillant, je pourrais faire tchip tchip, tchip tchip. Mais le cul par terre, avec une seule aile, je n'arrive pas à décoller. J'ai beau faire bzzzzzzz, bzzzzzzzz, je reste clouée au sol. " Voyageurs, attention. En raison d'un brouillard intense sur l'aéroport le vol du bourdon est retardé. Veuillez nous en excuser ". C'est nouveau, ça.  Je me croyais sur scène et voilà que je suis sur une piste de décollage. Je sens que je vais m'envoyer en l'air. A demain.

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27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».