26/08/2010

Le confort de Robert

Quel confort ! Petit déjeuner au lit, pression du pneu avant gauche au lit, repas de midi au lit, sudoku au lit, thermomètre au lit, sieste au lit, découverte de feuilletons débiles dont Robert ignorait l’existence (car Robert avait choisi une chambre d’agents doubles) au lit, repas du soir au lit, pipi caca à 60 cm, distance le séparant de la porte coulissante donnant accès au salon de toilettage d’où il peut entendre les gémissements de son partenaire vacancier en crise de constipation. Il lui rend l’appareil quand il entonne le début de la cinquième de Beethoven avec son instrument à vent. Robert peut faire un jogging à du 2,5 km/h en slalomant entre les promeneurs de perches à perfusion, les remorques à balais et à détergent et les armoires qui maintiennent tièdes les repas chauds et l’espace fumeur. Génial, l’espace fumeur. Pour l’oxygénation des poumons des fumeurs ceux-ci sont obligés de se fournir en oxygène naturel, dehors. Gros progrès de la médecine : le thermomètre ne se fiche plus dans le cul. On le met sous le bras et il fait bip bip quand on est cuit à point.

25/08/2009

Port de plaisance

 Hier je vous ai montré ce qu'un collègue et néanmoins ami réalisait dans son jardin : la forêt ardennaise belge avec Rochehaut, les méandres de la Semois et les choux de Bruxelles. Si vous cherchez bien sur son blog http://lejardindegerard.skynetblogs.be vous découvrirez notamment une photo de pieds jaconds, plante que je ne connaissais pas. Avant Rochehaut il a réalisé un port de plaisance en miniature. Personnellement je n'aime pas les ports de plaisance vu que je n'ai ni bateau ni barquette. Pourtant on devrait se sentir bien dans un port de plaisance puisque dans le mot plaisance il y a aisance. On se sent bien dans un lieu d'aisance, non ? Parfois on peut s'y faire chier, je sais, surtout si rien ne se passe. Rien de tel dans ce cas qu'un crayon, une gomme et un carnet de sudoku. Ce collègue a du arrêter son projet parce que l'eau gratuite ou presque n'existe plus. Plus il pleut en Belgique et plus l'eau est chère. Cherchez l'erreur. Pourtant j'aime bien les ruines de ce port avec la luxuriance des plantes trop picales qui retombent sur la promenade des anglais, avec les quais, biens alignés et le yacht d'un milliardaire qui a invité des filles et où il doit se paser des choses.

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01/08/2009

Récit d'un ketchup 6

Je continue à lire les recommandations impératives avant hospitalisation. « Le plus important est que vous soyez détendu lors de votre arrivée ». S’il y a des bouchons sur la route en y allant je vous jure que je vais être détendu comme une bouteille de limonade pétillante, bien secouée, juste avant qu’on l’ouvre. « Privilégiez les activités calmes durant les jours qui précèdent ». Le sudoku, ça m’énerve, je casse la mine du crayon, je laisse tomber la gomme qui roule en dessous de Louis. Louis, c’est une commode, achetée Louis Quinze mais, par la suite, j’ai appris que c’était du Louis Dix-neuf bis. J’aurais du m’en douter : je l’ai achetée en kit avec deux clefs alènes. Je devais acheter les poignées séparément et, comme j‘ai de gros doigts, j’ai mis des poignées de porte de rue. Ah, mais j’ai trouvé. Pour me détendre je vais la démonter et la remonter.

15/06/2009

Cherche à me souvenir du 11 juin

Le voyage du 11 juin (avec une copine dont je tairai le nom) avec des petits vieux s’est bien passé. Le parcours en train touristique, un vrai train, pas un tracteur agricole à pneus déguisé en locomotive, avec de vrais rails d’époque pas soudés mais mis bout à bout, avec le vrai tagadam tagadam tagadam à chaque joint de rail. Impossible de dormir, impossible de se parler, impossible de résoudre un sudoku, le crayon se trompait de case tellement nous étions secoués. Voyage magnifique. Je le dis, le pète et le répète parce que je sais qu’un de mes potes, Michel, l’organisateur, va lire ce message et j’ai envie qu’il m’invite encore. Par la fenêtre du train on a vu des arbres, des arbres, des arbres. A un certain moment, le conducteur du train, le machiniste en langage ferroviaire, a annoncé : « Vous allez revivre et voir ce que voyaient les travailleurs qui, au début du siècle précédent, prenaient le train tôt, c’est-à-dire de nuit l’hiver et rentraient tard, c’est-à-dire dans le noir ». Revivre, peut-être mais voir, rien. Nous sommes entrés dans un tunnel de plus d’un demi-kilomètre, à un mètre près et le machiniste a éteint les loupiotes. Dans un tunnel ! Noir de chez noir. Pendant un demi-kilomètre parcouru à du dix à l’heure, tagadam, tagadam, tagadam. Faites le calcul. Je ne sais pas si des mains se sont perdues dans le noir mais, par précaution et, afin de garder ma copine, j’ai laissé les miennes dans mes poches. J’ai entendu des cris dans le noir. Incroyable l’effet d’un train dans un tunnel, sans lumière, sur la libido de petits vieux de quatre-vingt ans et plus. Un vrai spectacle son et lumière mais sans lumière. Après le train nous avons eu droit à une séance de musculation. Dans un bus sorti d’un musée. Et trop petit pour asseoir tout le monde. J’étais debout. Remonter le long du cours d’une rivière, en bus asthmatique, cramponné à deux barres verticales, avec le cul qui esquisse la danse des canards à chaque virage, coin coin, je me suis dit en moi-même ‘Et dire que j’ai payé pour ça’. Après 20 minutes de musculation des biceps dans la salle de body-building à roulettes je me suis mis à marcher en lacets, comme le cours de la rivière. J’ai du m’accrocher à un tilleul tricentenaire classé au patrimoine mondial du village. Vint ensuite le repas qui, il faut l‘avouer, était délicieux. Trois services : 1. Tartelette ardennaise OU Terrine de Pâté maison ; 2. Jambonneau rôti à la MOutarde OU TruiTE de la Lesse Cuite mEUnière ; 3. Glace MaisOn OU Crêpe de Campagne (sur le menu il y avait des majuscules un peu partout mais je ne sais plus où). Notre truc à ma copine et moi : nous avons demandé un plat de chaque sorte et nous avons partagé. De ce fait, j’ai mangé une demi-tartelette ardennaise, de la terrine de pâté maison, une demi-truite meunière, un demi-jambonneau à la moutarde, une demi-crêpe et une moitié d’une glace. Six plats pour le prix de trois ! En cette période de récession économique, ce n’est pas négligeable. Si j’avais participé à l’excursion seul je n’aurais pas pu le faire. Je vous laisse le truc sans droits d’auteur. Autre truc : j’ai envoyé ma copine aux toilettes pendant le Café et ses MiGnardises. Il faut dire que nous étions parmi les plus jeunes, ce qui me donnait une légère supériorité en matière de rapidité de fonctionnement des neurones. Parce qu’après il y avait visite guidée du village. D’accord, il faut associer le culturel à la bouffe mais, si l’organisation avait été parfaite, on nous aurait prévenu qu’il n’y avait que deux toilettes pour quatre-vingt petits vieux. C’est dingue le temps que ça prend, pour un petit vieux, de déboutonner sa braguette, de trouver où se cache son rince-patates, de viser dans le pot et de reboutonner le pantalon. Il y en a qui sont ressortis la braguette ouverte, à cause de la complexité des boutons. J’en ai vu deux qui avaient déboutonné leurs gilets, tenu leur cravate en main et pissé dans leur pantalon. Nous, nous étions déjà dehors, près du guide, un peu spécial avec son parapluie ouvert alors qu’il ne pleuvait pas. On nous a quand même prévenu qu’un léger retard dans l’horaire allait se produire parce qu’une des toilettes était réservée aux sans papier vu l’absence de rouleau de réserve. Quand on sait que vingt pourcent des petits vieux doivent faire leur « grande », ça allonge la file devant les toilettes. Le guide est resté sous son parapluie pendant que ma copine et moi avons fait trois fois le tour du village sans guide. N’ayant pas pris mes précautions durant le cAfé ET ses milliardiSes j’ai aidé des indigènes locaux en arrosant leur jardinière de fleurs assoiffées. Nous avons rejoint le groupe quant le guide expliquait « Aux fenêtres de l’étage supérieur, en vous penchant sur la gauche, vous pouvez distinguer des géraniums ». Ah, bon, des géraniums. Je n’ai pas perdu ma journée, je sais maintenant que les trucs qui pendouillent aux fenêtres s’appellent des géraniums. C’est beau, la culture. Après, c-à-d après être monté péniblement dans le car (nous, on est déjà dedans pour ne pas avoir à pousser des culs de petits vieux qui pètent d’avoir trop mangé et qui, pour avoir abusé des boissons gratuites comprises dans le prix de l’excursion, n’arrivent plus à compter les deux marches pour entrer dans le car) nous sommes allés visiter une brasserie où on cultive la bière. Avec l’autocar de l’époque de la pierre taillée (aujourd’hui je me pose encore la question de savoir comment nos ancêtres ont fait pour inventer le moteur alors que les sources de diesel n’étaient pas encore découvertes) nous avons rejoint la brasserie pour une visite obligatoire avant la dégustation gratuite pour les plus valides qui ne se sont pas égarés entre les cuves. Plus de cent marches, vers le haut et vers le bas ! Des marches en treillis métalliques. « Vous n’avancez plus, madame ? ». « Mes souliers à talon aiguille se sont plantés dans la marche en treillis et je n’arrive pas à les enlever ». « Vous devez aller pieds nus à l’étage en dessous et sucer les talons, ça les aidera à sortir ». « Mon bon monsieur, il y a vingt-deux ans que je suis veuve et que je n’ai plus sucé ». « Désolé, ma petite vieille mais on m’attend à la dégustation ». Personnellement, une visite de brasserie dans une excursion de petits vieux, c’est ce que je préfère.   Chaque fois que la serveuse passait, mon verre vide était déjà mis devant l’octogénaire à côté de moi. « Madame, ici, chez moi la chope, lui il ne peut pas, il a le diabète. Dommage pour lui, hein, une si bonne bière ». Après, je ne sais plus. Ni comment on m’a sorti de la brasserie ni comment je me suis retrouvé chez moi dormant tout habillé dans la baignoire. Quelle belle journée. Je cherche à reconstituer l’après-midi du 11 juin.

13/01/2009

Cherche à vendre une guirlande

J’avais, et j’ai encore mais je cherche à la vendre, une guirlande de noël qui va, qui ne va plus, qui va à nouveau, qui s’éteint, qui se rallume sans qu’on le lui demande, et puis hop, c’est le noir, elle fonctionne à nouveau, paf c’est le noir absolu, elle revit et tout s’éclaire, hop elle a disparu. Impossible de résoudre un sudoku dans ces conditions alternatives. Le sudoku c’était mon menu de réveillon, avec un paquet de chips nature et un paquet de chips paprika, des olives à l’ail et un paquet de cure-dents pour piquer dans les olives. J’essayais de profiter des moments de noir pour manger mais je piquais dans les chips au lieu de piquer dans les olives. Et, j’en suis témoin, un chip ça vit. Quand on le pique avec un cure-dent il explose. Nuit dramatique vu que je réveillonnais dans le lit avec le carnet de sudoku, les olives et les chips. Je ne souhaite à personne de dormir dans un lit recouvert de chips piqués au vif. S’il y avait eu du soleil j’aurais pu m’imaginer être sur la plage, piqué aux fesses par des coquillages. Mais pas fin décembre, voyons. Plutôt que d’enguirlander ma guirlande électrique, je la vends. Telle qu’elle est, elle va, elle va pas, elle va, elle va pas. Faire offre.  

14/10/2008

Cherche un lit à bière

Le salon de l’alimentation de Bruxelles, c’est aussi le salon du confort. J’ai repéré le stand des lits à eau. Muni de mon entrée gratuite, j’y suis parvenu et j’attends la fermeture. Je veux tester. Pas deux minutes, une nuit. J’ai tout prévu : le pyjama, le crayon, la gomme, le carnet de sudoku et le canif. Le canif, c’est en cas d’urgence, comme on dirait la poire pour la soif, le sourire de la crémière ou le mec plus ultra. C’est moi, le mec plus ultra. Je pense à tout. Couché dans les foins avec le soleil pour témoin, je fume. Dans les foins, si ça crame, il suffit de courir. Mais au lit, hein, quand on sent que les roubignoles se ratatinent sous la chaleur, hein, un coup de canif dans le matelas à eau et hop, la fontaine de Trévy, les chutes de Montmorency, le manneken-pis un soir d’abondance. Pas besoin d’extincteur. Les roubignoles respirent. Je trouve ça con, un lit à eau. Je cherche un lit à bière. D’abbaye de préférence.

16/09/2008

Cherche à refroidir le téléphone

Salut les ami(e)s. Quelques jours sans « tûûût » pour laisser refroidir le téléphone mais les nostalgiques peuvent sélectionner « tûûût » dans les tags. En cas de pluie ça peut distraire. Et vous penserez à moi dans les bouchons, quand vous entendrez tûûût, tûûût, tûûût. Marrez-vous et, après, regardez la tronche des automobilistes à côté de vous. Alors là, c’est la crise de rire. Permettez-moi l’expression mais eux, le bouchon, on dirait que c’est dans le cul qu’ils l’ont. Je n’ai pas ce problème, je suis navetteur en train. Je sais que je n’ai pas la radio et les informations internationales. Mais, caché derrière mon sudoku, j’ai les infos régionales, mieux, locales. « Tu sais, la salope en mini-jupe qui monte en première classe parce que c’est le notaire qui lui paie son abonnement, et bien, je sais où elle habite. Il paraît qu’elle consulte chez elle. Quand le notaire est à l’étranger ». Mon problème : je ne suis pas propriétaire, je suis locataire du cinquième. Donc, je ne connais ce notaire que de nom et je ne connais pas ses périodes de séjour à l’étranger. Si vous pouviez m’aider je vous en serais reconnaissant.

01/09/2008

Cherche une gomme en urgence

« T’es prêt, gamin ? ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Tout est prêt, gamin ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Ecoute, gamin, nous venons de faire la tchèque liste et tout le monde a répondu présent, depuis la règle graduée flexible jusqu’aux tartines. Ne te trompe pas, celles plafonnées de pâte à tartiner au chocolat sont ta collation pour la récré du matin et celles au maroilles sont celles de midi. Si tu as des problèmes pour les reconnaître demande à madame. Le slip de rechange que j’ai mis dans ton cartable c’est au cas où, à n’utiliser qu’en cas d’urgence, pas pour faire le con comme lorsque je m’étais déguisé la tête en corsaire au mariage de la petite cousine Lucie ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Si madame te demande ce que tu as fait pendant les vacances, n’oublie pas de dire que je t’ai appris à masser mon dos avec de la pommade pour coups de soleil. Elle comprendra que nous ne sommes pas restés en Belgique. Ne dis surtout pas que tu m’as massé dans la cave parce que j’avais peur que les habitants du cinquième des buildings d’en face ne regardent avec des lunettes d’approche ». « T’as ma gomme, papa ? ». « A propos de vacances, c’est inutile de dire que je t’ai offert un voyage d’un jour dans le Pas de Calais parce que j’avais reçu deux places en renouvelant le stock de boîtes de raviolis. Ah, quel souvenir. Quel succès quand j’ai fait pipi au même endroit que dans le film en chantant : ‘Je vais bien, tout va bien’. Gamin, c’est un souvenir rien que pour nous, hein, compris ». « T’as ma gomme, papa ? ». « N’oublie pas les questions que je t’ai demandé de poser à ta nouvelle madame, surtout savoir si elle a un petit ami ». « Pour jouer avec elle à la mer, papa ? ». « Pourquoi à la mer, gamin ? ». « Ben, papa, un petit tamis c’est pour jouer dans le sable ». « Grand sot. Le Tupperware vide dans ton cartable, c’est pour y mettre de la soupe. Celle que tu recevras à midi. Tu sais, tu es en pleine croissance, deux fois des légumes par jour ça te feras du bien ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Si le couvercle est difficile à fermer, fais comme moi, monte sur la boîte ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Mais, attention, vérifie que le couvercle soit bien posé dessus. Si tu mets le couvercle en dessous tu auras la même catastrophe que j’ai eue. Autre chose. Si tu as de nouvelles petites copines, essaye de savoir si le papa et la maman habitent ensemble. Et aussi s’il y a des frères et sœurs. Ne prends pas encore d’engagement quant à inviter ta nouvelle petite copine et sa maman à ton goûter d’anniversaire. Crois-moi, il y a des gens qui habitent au rez-de-chaussée et qui rêvent de prendre de l’altitude au cinquième étage. Ne dis surtout pas que nous avons un nouvel ascenseur parce que ça voudrait dire que nous habitons dans un vieil immeuble ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Gamin, est-ce que tu m’écoutes ? ». « T’as ma gomme, papa ? ». « Oui, gamin, oui, j’ai ta gomme. Tu crois peut-être que j’efface mes erreurs de sudoku avec une ponceuse électrique. Tu imagines le bruit. Tiens, j’ai deux six dans ce carré là, bizarre. Bzzzzz. Et deux neuf là. Bzzzzz. Il y a de quoi trouer le papier ». « Papa, j’ai besoin de la gomme pour l’école ». « Et le sudoku, gamin, je le fais comment, hein ? ». « Papa ». « Ecoute, gamin, c’est parce que tu es mon gamin, hein. Prends la gomme ». « Merci, papa ». Je cherche d’urgence une gomme. Si possible habituée au sudoku.

26/06/2008

Cherche les boulettes

« Papa, les boulettes collent ». « Les boulets de colle ? Quels boulets de colle, gamin ? Tu joues avec de la pâte à modeler dans la cuisine ? ». « Papa, c’est notre repas de midi qui s’envole en fumée, viens vite voir ». « Dis, gamin, j’ai déjà vu des boulets de colle, hein. J’en ai fait avant toi. J’achève mon sudoku et j’arrive » « Secouetoidoku, papa, les boulettes collent ». « Gamin, tu es pire qu’un vendeur de meubles au téléphone. Monsieur, vous ne voulez pas la montre ? Ni la calculatrice qui donne vos pulsations cardiaques ? Ni l’ensemble de bols chinois ? Ne me dites pas que vous n’aimeriez pas profiter d’une offre temporaire de moins gnagnagna pourcent ». « Papa, les boulettes sont de plus en plus collées. Elles commencent à noircir. Si ça continue on pourra faire signaux de fumée, comme les indiens ». « Gamin, laisse moi réfléchir, ce n’est pas tout les jours que ça se passe. Si tu as vu un indien, dis-toi qu’un indien vaut mieux que deux tuloras ». « Papa, les boulettes commencent à disparaître ». «  Gamin, qu’as-tu mangé hier à l’école, tu as sûrement pété et ça ne sont pas bon ». « Papa, je répète une nouvelle fois à nouveau, allo, chers auditeurs, papa est sourd et il ne voit pas que les boulettes ont disparus comme les dinosaures, les iguanodons et le temple de Toutencamion ». « Quand pars tu en voyage scolaire, gamin ? C’est où ce temple ? ». « Papa, laissez moi parlez, je ne vous ai pas interrompu, mon avis vaut le vôtre et mon avis c’est que je vais devoir aller acheter du pain ». « Heuuu, et meeerde, les boulettes ont disparu. Gamin, gaminou, gaminou chéri, mon titi gamin à son papa, qui c’est qui va mettre son K-Way et aller acheter un pain, hein ? ».

07/05/2008

Cherche la fête des mères (6)

« Maman, je te présente Gérard, un collègue qui est venu par hasard. Gérard, je te présente maman qui est venue aussi mais elle était à l’heure, elle ». « Bonjour, chère madame. Enchanté de vous connaître, chère madame ». « Vous êtes vendeur de tapis ? ». « Non, je travaille à la région wallonne, avec votre fils ». « Et vous, je parie que vous n’y perdez pas votre temps comme lui. Vous tricotez ? ». « Non, je fais des sudoku pour entretenir mes neurones et pour attendre de pouvoir rentrer chez moi ». « Et lui, l’idiot avec la gueule ouverte qui vous regarde comme un poisson qui vient d’être attrapé, il fait quoi ? ». « Oui, maman ». « La question est : tu fais quoi ? ». « Je t’écoute, maman ». « Je dis : que fais-tu à la région wallonne ? ». « Des photocopies, maman ». « Et ça sert à quoi, à part zigouiller des arbres pour faire du papier ». « Je ne sais pas, maman. C’est top secret. Souvent je me trompe et je photocopie le côté blanc des feuilles ». « Et bien, ça ne m’étonne pas. Et alors ? ». « Heuuu, ils ne le voient même pas ».

03/06/2007

Cherche à me concentrer

« Papa, c’est quoi une perzamotoïde ? ». « Bèèè, heuuu, c’est une bèbète qui monte, qui monte, qui monte ». « Elle monte où, papa ? ». « Bèèè, heuuu, elle monte au grenier, gamin ». « Papa, c’est quoi un grenier ? ». « Bèèè, heuuu, nous, avec l’appartement, nous avons une cave. Ceux qui ont une maison ont une cave au dessus, ça s’appelle un grenier ». « Elle fait quoi au grenier ? ». « Qui ? ». « La permazotoîde ». « Pfffff, elle regarde la Star’ac ». « Papa, ceux qui ont un grenier ont une télé dedans ? ». « Heuuu, fous moi la paix, gamin, tu vois bien que je fais un sudoku ». « Papa ». « Quoi, gamin ? ». « Tu sues du cul ? ». « Gamin, mange tes raviolis ». « Papa, ils sont froids ». « Quoi, les spermatozoïdes ? ».

19/04/2007

Cherche ma fête.

« Chef, vous avez mes fleurs ? ». « Biglodion, qu’est-ce qui vous prend ? Allez me chercher un café au lieu de déconner ». « Oui, chef, d’accord chef, les deux doigts sur la couture du pantalon chef, comme je le fais dix fois par jour. J’ai donc droit à des fleurs ». « Je me demande bien pourquoi, Biglodion ». « Chef, c’est la fête des secrétaires, aujourd’hui ». « Et alors, Monsieur Biglodion, je ne vous ai jamais vu en kilt, avec des ongles de trois centimètres, en train de dandiner du postérieur ». « Quoi, chef, je dois faire ça pour avoir des fleurs ! Alors que c’est moi qui vous sers les cafés, qui vais à la photocopieuse, qui ouvre votre courrier, qui répond au téléphone que vous êtes en conférence alors que vous solutionnez des sudoku ». « Biglodion, rendez-vous utile, allez me chercher un café ».