01/07/2008

Cherche le pourquoi des vacances

« Allez, gamin, debout ». « Oh, j’ai envie de dormir encore un peu, papa ». « Rien du tout. Tu n’as qu’à faire comme moi, tu dormiras à l’école ». « Y a pas école, papa ». « Quoi ! Encore ! Les institutrices se tapent un mini-trip pédagogique ? Maria Arena prend sa douche ? C’est l’Humérus Claudius qui a frappé ? ». « On est en juillet, papa ». « M’en fiche. Ils n’ont qu’à remplacer les vieux bancs scolaires par des bancs solaires et tu les verrais, les institutrices, faire du string et du tong ». « Papa, en juillet, je suis en vacances ». « Mais non, gamin. Tu n’es pas en vacances puisque tu es là. Est-ce que je suis en vacances, moi ? ». « Toi aussi tu es là, papa ». « Gamin, c’est différent parce que moi, je suis en congé. Et si je suis en congé c’est parce que j’ai demandé d’avoir congé. Et si j’ai demandé d’avoir congé c’est parce que, je ne sais plus mais je sais que je l’ai noté dans l’agenda à la date d’aujourd’hui. Voyons voir. Demander congé, gamin en vacances. Heuuu ».

30/03/2008

Cherche la bonne sole

« Gamin, tu as vu des soles, toi ? ». Là, papa ». « Jamais je ne mettrai ces saloperies à mes pieds ». « Mais c’est pour cuire, papa, avec un peu de beurre, et du citron, et du persil ». « Gamin, je ne suis pas aveugle, hein, j’entends bien, c’est écrit tong sur l’écriteau qui traverse les tongs. En plus, c’est dégueulasse de piquer dans les tongs. Tu imagines : un plat de préservatifs troués par un écriteau où il est inscrit capotes ». « Papa, enfin, en flamand sole se dit tong. On est en Flandres ici. Tu dois le dire à tes amis français, suisses, canadiens et wallons unilingues ». « Ah bon, tu suis des cours de néerlandais, toi. Tu connais Lille Rijsel, Mons Bergen et Tournai Doornik, toi ? J’oubliais Moussecroune pour Rafaël ». « Papa, tu achètes des soles ? ». « Tu as vu les yeux, gamin. C’est horrible ». « Papa, la dame va couper la tête, pas de problème ». « Mais, c’est un crime contre l’humanité, ça. Pourquoi pas la queue, tant qu’on y est, hein ». « La queue aussi, papa ». « Gamin, on est à la mer, d’accord, on n’est pas figurants dans un film d’horreur ». « Papa, achète des soles, je te les cuisinerai comme Mamy le fait si tu achètes un citron ». « Ne parle pas de malheur, gamin, les femmes à barbe ce n’est pas mon style ». « Je te les cuisinerai comme je sais faire, papa ». « Madame, deux tongs, s’il vous plait. Pas de panique, je ne m’enfuis pas. Je vais simplement faire pipi contre la palissade A vendre Vendu de l’immeuble d’à côté et je reviens quand vous aurez fini de transformer les deux anomalies maritimes en fish-sticks ».

27/03/2008

Cherche à construire un château

« Papa, c’est vrai, hein, on va à la mer une semaine ? ». « Oui, gamin. D’ailleurs, regarde, j’ai acheté trois kilos de fromage blanc. Quand le petit seau sera vide, il sera pour toi, pour jouer sur la plage ». « Et toi, papa, tu auras quoi pour construire un château ? ». « Gamin, à la mer on trouve tout ce qu’il faut. Je louerai une brouette, si possible, une à moteur ». « Ah, oui ? ». « Je louerai aussi une bétonnière ». « c’est quoi, papa ? ». « C’est comme une immense casserole qui tourne et qui rend le sable dur ». Tu veux faire quoi, papa, avec le sable dur ? ». « Un immense château fort, indestructible ». « Pourquoi indestructible, papa ? ». « Tu sais, gamin, à la mer, la nuit, il y a des papas jaloux qui ont du jus de carotte au lieu d’huile de bras et qui donnent des coups de pied dans les châteaux des autres papas ». « Et alors, papa ? ». « Alors, gamin ! Avec leurs tongs, ils vont s’écraser les orteils sur notre château ». « Et comment tu verras que des papas sont venus pour casser le château, papa ? ». « Facile, gamin. Le lendemain, sur la digue, nous espionnerons ceux qui crient ouille ouille ouille en marchant et ceux qui ont les orteils bleus ».

03/04/2007

Biglodion et la canicule de juillet 2006

La canicule de juillet 2006

100.000 visites, 100.000 mercis. Pour fêter ça, je vous livre quelques paquets d’annonces déjà publiées et regroupées par thèmes : le gamin, maman, les rencontres, le supermarché, etc. C’est un peu mon « biesse tof » personnel. N’hésitez pas à me faire connaître le vôtre. Bon amusement. Amitiés.

 

Vacances à la mère – 1

Et paf, les vacances sont finies. Maman est repartie. Elle a téléphoné au fils d’une de ses amies pour la reconduire en voiture. Je voulais la ramener dans le caddy que j’ai chipé au supermarché mais elle n’a pas voulu : « ah, non, tu vas pousser très vite et ma jupe va s’envoler, ah non ». Tant mieux car si, sur la route, le caddy est très maniable, dans l’herbe ou le gravier, il faut le tirer ! Tirer le caddy, mais aussi maman, ses deux valises, sa machine à coudre et le reste de salade qu’elle veut reprendre pour manger demain car elle dit que je vais la laisser moisir dans le frigo, que ce n’est pas bien parce que j’ai besoin de vitamines naturelles et pas en gellule et que ce n’est pas pour des prunes qu’elle a nettoyé le frigo. L’important : elle est partie. Je vais pouvoir me partager entre ma résidence secondaire, la cave, très fraîche en cette période de canicule, et l’appartement du cinquième pour prendre des douches quand je veux, na. Les détails de mes vacances à la mère suivront les jours prochains.

 

Vacances à la mère – 2

Maman est venue loger dans l’appartement durant ma semaine de vacances. « Puisque tu es seul, c’est le moment de faire ton nettoyage de printemps ». « Mais, maman, on est seulement en été ». « Ton nettoyage de printemps d’il y a deux ans, idiot ». « Mais, maman, c’est la canicule, je suis juste bon à hiberner ». « Vas hiberner dans ta cave, idiot ». Maman et moi avons fait vacances séparées : elle au cinquième et moi au moins un, dans la cave. Et comme ça, pas, ou très peu, de problème de générations. Je voyais maman plusieurs fois par jour : aux repas qu’elle préparait et aussi quand j’avais pipi, ce qui arrivait souvent puisque c’est dans la cave que j’entrepose les casiers de bière. Je n’avais jamais autant voyagé, en ascenseur. « Pipi, pipi, pipi ». « Tu m’as fais peur, idiot ». Et chaque fois, l’aller et le retour. Mais les trajets sont monotones. Alors, à l’aller je m’imaginais au départ dans la fusée spatiale : « Allo, la terre, attention, je vais pousser sur cinq ». Au retour je me prenais pour le commandant Cousteau : « Prêt pour la plongée en bathyscaphe. Fermeture de l’écoutille ». « Tais-toi, idiot ». « A tout à l’heure, maman ». « Chers téléspectateurs, que vois-je ? L’épave d’un sous-marin belge coulé lors de la journée Portes ouvertes. Et là ! Des casiers de bière. Je rends l’antenne ».

 

Vacances à la mère – 3

J’ai passé mes vacances à la cave, vu la canicule, pendant que maman avait envahi l’appartement au cinquième. Parfois, quand je remontais pour faire pipi, elle me donnait une mission : « Vas nous acheter une laitue ». « Heu, c’est quoi,ça ? ». « Demande à la marchande, idiot ». « Mais, maman, là où je vais, il n’y a plus de marchande, il y a des brouettes à quatre roues et il faut se servir soi-même ». « Tu as déjà vu une salade, idiot, et bien achètes une salade ». Hop, ascenseur, puis je partais, en tongs et en chemisette, un casier de bière vide à chaque main. « Bonjour, madame, fait chaud, hein ». Et je revenais, en tongs et en chemisette, avec un nouveau casier de bières à chaque main et le sac avec la salade entre les dents. « Honhour, hahaheu, hait haud, hein ». Hop, ascenseur, moins un pour les casiers, plus cinq pour la salade. « Maman, maman, regarde, avec mon fusil à bouchon j’ai abattu une salade en plein vol ». « Et le sac, idiot, tu l’as aussi abattu en plein vol ? ». « Heuuuu, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ». « Salade, lardons, patates rissolées ». « Mais c’est un trois étoiles de chez Lepneu, ici ». « Je te rappelle pour la niènième fois qu’on ne parle pas la bouche pleine ». Ca, c’était ma chance, maman ne me parlait pas pendant les repas.

 

Vacances à la mère – 4

Maman est venue en vacances dans l’appartement et moi je suis resté dans la cave, vu la canicule. Aujourd’hui, journée nostalgie. J’étais remonté au cinquième pour faire pipi. Elle : « Est-ce que tu vas parfois sur la tombe de ton idiot de père ? ». « Heuuu, oui, enfin, pas loin, à l’entrée du cimetière il y a une fosse pour les déchets verts, j’y porte les couennes de jambon et les croûtes de fromage en tranche ». « Jamais de fleurs sur sa tombe ? ». « Si, si, il y avait un jour une promotion pour des sachets de graines mixed border. j’ai déposé un sachet et je lui ai dit : démerdes-toi, moi j’y connais rien, choisis ce que tu aimes bien ». « Et alors ». « Ben, heu, j’ai reçu un coup de pied au cul pendant que je faisais salamalec comme les musulmans mais je n’ai pas vu de qui ». « T’es musulman, maintenant ». « Ben, heuuu, y avait pas de bénitier, alors je ne savais pas quoi faire ». « Tu es encore plus idiot que lui, idiot ». « Enfin, maman, papa c’est mon père ». « C’est bien ce que je dis. Une fois il m’a eu : par surprise et par une belle soirée d’été. Résultat : toi ». « Hé, hé, hé ». « Et sur ma tombe, tu mettras quoi ? ». « Des salades, maman, des salades, tu les prépares tellement bien ». Maman n’a plus rien dit. Ouf.

 

Pour ceux qui en redemande, la suite des « Vacances à la mère » est accessible via la colonne de droite Archive par jour aux dates suivantes : 27/07/2006, 29/07/2006, 31/07/2006, 01/08/2006, 02/08/2006 et 03/08/2006.

 

20/03/2007

Les ennuis de Biglodion (4)

Les ennuis de Biglodion (4)

100.000 visites, 100.000 mercis. Pour fêter ça, je vous livre quelques paquets d’annonces déjà publiées et regroupées par thèmes : le gamin, maman, les rencontres, le supermarché, etc. C’est un peu mon « biesse tof » personnel. N’hésitez pas à me faire connaître le vôtre. Bon amusement. Amitiés.

Cherche un bout de courroie

J’ai pété une courroie, celle qui servait de ceinture à mon bermuda. La rupture a eu lieu en pleine rue, alors que j’avais à chaque bras un sac rempli de douze boîtes de raviolis. A cause de la promotion. Plus j’avançais et plus le bermuda descendait, jusqu’à arriver sur mes tongs. J’essayais de rallier l’appartement, en prenant mon courage à deux mains, en plus des sacs. J’ai terminé les 300 derniers mètres en une heure vingt. Des gens serviables m’encourageaient : « Vous voulez que je vous la tienne ». « Non, non, j’ai un slip ». Mais je n’ai pas à vous raconter, je cherche une petite courroie. Pour mon bermuda. Merci.

Cherche 273 ballons

Le gamin est chez sa mère. Pour ne pas m’ennuyer je suis allé donner un coup de main samedi à la fête du quartier. Comme je n’ai pas de compétence particulière ils m’ont mis au stand des lots de la tombola rapide. « Par ici, m’sieurs, dames, les beaux lots, tchikitchikitchik », « Allez, hop, doublez vos chances, prenez deux billets, tchikitchikitchic ». « Venez gagner ce magnifique taille-haie électrique, tchikitchikitchic, il fonctionne, tchikitchikitchic ». « Mesdames, que diriez-vous d’avoir ce couteau électrique géant, tchikitchikitchic, idéal pour découper du bison, de l’éléphant, des rondelles de cou de girafe, tchikitchikitchic ». Je voulais absolument me défaire de cette saloperie de taille-haie qui prenait trop de place sur le stand et cachait les autres beaux lots : médailles de Lourdes, dés à coudre et autres paires de lacets. Alors je le faisais fonctionner et tournoyer, tchikitchikitchic, quand, distrait par la devanture d’une belle blonde, je n’ai pas vu le marchand de ballons qui était à côté, Ah ça, pour s’envoyer en l’air, ils se sont envoyés en l’air. D’un seul geste, athlétique et olympien, style cirque de Pékin à la tronçonneuse, j’ai tranché d’un coup involontaire et irréparable les 273 bouts de ficelle qui retenaient les ballons. J’ai voulu m’enfuir, profitant de ce que tout le monde regardait l’envol des ballons mais, pendant qu’ils s’envoyaient en l’air, j’ai pris mon pied. Mais je l’ai pris dans une allonge électrique qui alimentait le surgélateur du stand des crèmes glacées. On n’a vu le manque d’alimentation qu’en fin de journée, quand on n’a plus su distinguer fraise, pistache, vanille, chocolat. J’ai du acheter les 273 ballons et, le soir, les quinze litres de la défunte crème glacée. « Vous êtes notre meilleur client » a dit le responsable de la fête « Revenez demain, je vous donnerai une bon pour un tour en carrousel ». Je n’ai plus d’argent de poche pour mes vacances, juste de quoi m’offrir une sucette, ce que j’ai fait. Je cherche 273 ballons pour récupérer mon achat inutile.

Cherche ficelle de chasse

Samedi je suis allé aider à la fête du quartier. Je tenais le stand de la tombola express et, en brandissant le gros lot pour attirer les badauds, un taille-haie en fonctionnement, j’ai sectionné les ficelles qui retenaient 273 ballons. J’ai du les acheter, sans en avoir un seul. Compatissants, les responsables de la fête m’ont invité à m’occuper de la toilette des gamins, dimanche. En fait, la chaînette de la chasse murale était cassée et trop courte. J’étais là, comme la statue de la Liberté, la main en l’air sur le reste de chaînette. « Alors, gamin, t’as fini, pousse, non di djo, y en a qui attendent ». J’étais pressé, moi, parce que les responsables, compatissants, avaient installé un podomètre sur la chaînette - normalement, ça compte les pas quand on fait de la marche - et m’avaient promis un cent par coup de chasse. Alors, je tirais mon coup à tour de bras. J’ai triché, je disais prout prout et je tirais. Et hop, un cent. Prout prout, et hop, un cent. En une journée j’ai gagné 419 cents, soit 4 euros et une rawette, soit le prix de deux ballons. Mon banquier conseiller fiscaliste m’a dit que ce n’était pas rentable. Ah bon ! J’arrête, je cherche une ficelle pour mettre à la chasse.

 

11/08/2006

Cherche tongs de pluie

Depuis une semaine il pleut tous les jours. Pfwitt pchuu, pfwitt pchuu, pfwitt pchuu, c'est le bruit des tongs mouillés quand je marche. Ils sont en mousse, ces trucs. Comble de malchance, au supermarché, pour un euro, j'ai eu un caddy qui avait fait la guerre de Corée : tchikitchic trrrrr, tchikitchik trrrrr, tchikitchic trrrrr. Quand elles sont vieilles, les roues pétent. Maman, au secours, les belles ménagères qui n'avaient d'yeux que pour les roupettes et les tongs ! Moi, imperturbable quoique un peu coincé : "Pfwitt tchikitchic, pchuu trrr, pfwitt tchikitchik, pchuu trrrrr". Je suis allé au rayon jouets et j'ai acheté un mirliton : squwirlzzzz et un nez rouge, puis j'ai rempli le caddy avec les 218 boîtes de raviolis que j'ai trouvé. "Ménagers, ménagères, étagers, étagères, profitez des 3 pour 2 sur les raviolis, pfwitt tchikitchic pchuu trrrrr squwirlzzzz, pfwitt tchikitchic, sqwirlzzzz". Embouteillage aux caisses : "mais non, médème, les raviolis ne sont pas en promotion". "Mais votre directeur, qui fait le con avec son nez rouge nous a dit que oui". "Appel surintendante, problééééme quéééésse huit, le dirlo aurait encore son nez rouge, il aurait mis les raviolis à 3 pour 2". "Ici, l'acceuil, appel spécial caisse huit, gardez 12 boîtes de raviolis, je fait un barbecue ce week end". Moi, trépignant depuis 20 minutes : pfwitt pchuu pfwitt pchuu. "Cher client, avez-vous votre carte de fidélité". Moi : "On a des points pour ça ? Je suis fidèle, madame, ça fait trente ans que je vais chez le même garagiste". Pfwitt pchuu pfwitt pchuu, ça m'énerve, mais ça m'énerve les files aux caisses, je trépigne, pfwitt pchuu. Je cherche des tongs pour temps de pluie. Pas en mousse.

07/08/2006

Cherche un bout de courroie

J'ai pété une courroie, celle qui servait de ceinture à mon bermuda. La rupture a eu lieu en pleine rue, alors que j'avais à chaque bras un sac rempli de douze boîtes de raviolis. A cause de la promotion. Plus j'avançais et plus le bermuda descendait, jusqu'à arriver sur mes tongs. J'essayais de rallier l'appartement, en prenant mon courage à deux mains, en plus des sacs. J'ai terminé les 300 derniers mètres en une heure vingt. Des gens serviables m'encourageaient : "Vous voulez que je vous la tienne". "Non, non, j'ai un slip". Mais je n'ai pas à vous raconter, je cherche une petite courroie. Pour mon bermuda. Merci.

04/08/2006

Cherche deux petits parapluies

J'ai passé toutes mes vacances avec des tongs. Le tong, c'est le string des pieds. Au début, ça fait un peu sado-maso à la japonaise. Poupouce s'écarte de la meute. Poupouce, c'est comme ça que j'appelle mon gros orteil. J'ai beau lui chanter "Viens, Poupouce, viens Poupouce, viens" il s'écarte, à cause du string. Aujourd'hui j'ai repris le boulot. En tongs. Plus moyen de faire rentrer mes cinq petites saucisses dans le soulier. Poupouce reste dehors. J'ai des pieds de palmipède. Je ne veux pas attraper la grippe aviaire et, comme il pleut, je cherche deux petits parapluies pour tongs.