28/10/2009

Cherche des chrysanthèmes

"Allo, maman ". " Je t'ai reconnu parce que tu as dit maman, fils indigne. Hé, tu te prends pour Zorro maintenant, tu as un numéro masqué ? ". " C'est parce que j'appelle de mon portable (gsm en Belgique, cellulaire au Canada), maman. Nous sommes mercredi 28 octobre et dimanche c'est la Toussaint Je suis chez Aldi et il y a des chrysanthèmes, des gros, à 6,95 euros, des moyens à 4,95 euros et des plus petits mais tout aussi jolis à 2,95. Que choisis-tu, maman ? ". " Si c'est pour mettre un chrysanthème sur ton balcon au cinquième, n'achète rien du tout, tu vas encore blesser un passant quand tu vas l'arroser ". " Mais, maman, ce n'est pas pour le balcon, c'est pour toi ". " Ah bon. Et que comptes-tu faire avec ces chrysanthèmes ? Les enfourner dans ma boîte aux lettres ? ". " Mais non, maman. C'est pour ta tombe ". " Mais je ne suis pas encore morte, idiot ". " Heuuu ".

21/11/2008

Cherche à me faire tout petit

Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Ouvre, fils d’imbécile, je suis ta mère ». Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Si tu n’ouvres pas je dis à tout le monde que tu te promènes en slip dans ton appartement ». Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, j’ai engendré un monstre. Sais-tu qu’à la Toussaint il a été fleurir le caveau dans lequel je ne suis pas encore ». Dring, driiiiing. « Heuuu, il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez atchiii ». « Tu vois ce que ça fait, hein, de te promener en slip. Lucienne, je suis sûre qu’il est chez lui, j’ai entendu la roulette de ses souris ». « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, tu comprends ça, toi. Je n’ai même pas sonné et le répondeur se met en marche. Lucienne, dis quelque chose, vieille loque ». « J’ai pipi ». Dring, dring, driiing. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, fais pipi dans le caniveau. Chante une tyrolienne, ce te sera plus facile, moi j’abandonne ». Ouf.  

02/11/2008

Tûûût 27 ter. Cherche la commune

« Allo, la commune ? ». « Nos bureaux sont fermés les dimanches et jours fériés. En cas d’urgence, formez le quatre quatre quatre sept un neuf. Nos bureaux sont fermés les dimanches et jours fériés. En cas d’ur ». « Allo, cat’ cat’ cat’ c’est un œuf ? ». « Je vous écoute ». « C’est la Toussaint, je voudrais savoir jusqu’à quelle heure les grilles du cimetière sont ouvertes pour ne pas me retrouver enfermé. J’ai peur ». « Parlez, monsieur, j’ai suivi des cours pour ça, je suis là pour ça, je suis assistante sociale de formation, il est important de parler, il faut que ça sorte, vous m’entendez, il faut que ça sorte, parler c’est comme, c’est comme, c’est ». « C’est comme quand on a un gros caca ». « Ah, monsieur, vous êtes toujours là, vous savez j’ai souvent affaire à des impolis qui me raccrochent au nez, mais je vous écoute monsieur, je suis là pour ça, on m’a mis ici pour que je puisse écouter des gens, monsieur, parce que je suis seule depuis que mon mari est parti avec une autre, vous comprenez, il paraît qu’il a grossi parce qu’elle lui fait bien à manger, le chien devient fou depuis qu’on en a la garde alternée, je suis seule et quand il a besoin de sortir c’est comme, c’est comme, c’est ». « C’est comme quand on a un gros caca ». « Ah, monsieur, je sens que vous aimez les animaux, vous devez être un doux avec les femmes, je le sens, j’ai un troisième sens qui me le dit, parce que le sens de l’orientation je ne l’ai pas, l’autre jour j’ai fait six fois le tour du rond-point devant la gare avant de me tromper d’avenue et j’avais rendez-vous chez le coiffeur, et alors je me sens, je me sens, je me ». « Comme quand on a un gros caca ». « Non. Oui. Je ne sais pas. Donc, où en étais-je ? Le fer à repasser. Vous me demandez pourquoi le fer à repasser. Parce qu’en tournant autour du rond-point mon auto a passé et repassé, mon ex mari n’a jamais compris l’intelligence qui me caractérise, rond-point, passer, repasser, fer à repasser, il a osé dire qu’elle repasse mieux que moi, je le sais par la téléphoniste de son entreprise qui me répond toujours qu’il est en mission, et ça m’énerve, c’est comme, c’est comme, c’est ». « Comme quand on a un gros caca ». « Vous trouvez ça normal, vous, qu’il soit toujours en mission, je parie qu’il la saute, si, si, ça c’est du déjà vu, j’ai vu un feuilleton à la télé où le beau monsieur se fait, comment dire, se fait faire des gâteries par la téléphoniste, je vais la dénoncer, voir ça ça me, ça me, ça me ». « Madame, je ne tiens plus, j’ai vraiment un gros caca à faire ». Tûûût, tûûût, tûûût.

01/11/2008

Tûûût 27 bis. Cherche une potée

« Allo, je cherche une belle grosse potée. Vous en avez ? ». « Oui, monsieur, potée aux lardons, potée aux choux ? ». « Ah. Une potée de choux chinois, c’est original. Heuuu, ça vaut combien ? ». « Le choux chinois ne se mange pas, monsieur. Mes potées sont au chou frisé ». « Une potée de choux frisés, tiens, tiens. Pourquoi pas. Vous pourriez piquer quelques choux de Bruxelles sur des bâtonnets, pour donner de la hauteur à la potée ». « Dites, monsieur, j’ai autre chose à faire que de la sculpture, je dois préparer mes plats ». « Mais, vous n’êtes pas fleuriste ? ». « Non. Monsieur ». « Et ma potée pour la Toussaint, alors ? ». Tûûût, tûûût, tûûût.

31/10/2008

Cherche la paix de mon âme

Planté, je me suis planté. Je suis allé ce matin au cimetière fleurir la tombe de maman mais je ne me rappelais plus qu’elle était encore vivante.

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : toussaint, paix, ame, cimetiere, tombe, maman |  Facebook |

30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

29/10/2008

Cherche la Toussaint pour Monmon

Pour la Toussaint, sur la tombe de  mon Monmon, j’ai mis une boîte de cassoulet. Il avait horreur des fleurs coupées. Lui, il aimait le cassoulet, avec beaucoup de haricots, parce qu’il était champion pétomane et qu’il amusait les gens lors des mariages et des fêtes d’école. Je suppose que, là-haut, ça doit péter ferme. Alors je lui ai amené du carburant. Une boîte. Date de péremption dans plus de deux ans. J’ai lu l’étiquette, il n’y a que de bon, rien d’italien, pas de mozzarella. Monmon, si tu m’entends, fais nous un gros orage, je saurai que c’est toi.

28/10/2008

Chzeche un grand cimetière

Je cherche un grand cimetière avec des noms sur les rayons, un peu comme chez Carrefour. On aurait les allées ‘Se sont éteints comme des bougies’, ‘Belles-mamans au départ attendu’, ‘Victimes du gaz’ et autre ‘Tontons, tantines et vieux brol’. En fait je cherche les tombes de la rubrique ‘Jeunes papas sans enfant’. En clair pour les mal-comprenant : je cherche là où de jeunes dames seules viennent déposer des fleurs parce qu’il faut bien se montrer devant l’ancienne belle-famille. Je cherche un hypercimetière.

27/10/2008

Cherche à vendre des chrysanthèmes

Splendides, ils sont splendides ces chrysanthèmes. La Toussaint approche et j’ai acheté le petit pot à 2,49 euros pour maman. Horreur, maman n’est pas morte. Je n’y pensais plus. Vends chrysanthèmes, jamais servis, état neuf, petit pot offert, prix coûtant, du producteur au consommateur, biodégradable sauf le pot qui peut servir de fez lors d’une fête arabe et pratique : vous pouvez laisser l’autocollant avec le prix si c’est pour offrir à un mort.

30/10/2007

Cherche à mettre les doigts

« Papa, c’est quoi cette caisse pleine de doigts en plastique ». « Hé, hé, gamin, tu te rappelles quand j’avais collé cinq doigts au bord de la porte de l’ascenseur et que la voisine de palier s’était évanouie en les voyant ? ». « Oui, papa, j’ai même cru que tu étais tombé amoureux quand tu l’as retenue dans tes bras ». « Hé, ho, gamin, ça, jamais ». « Mais pourquoi toute cette caisse de doigts, papa ? ». « Gamin, on se lèvera tôt pour être les premiers au cimetière. Tu m’aideras à les coller sur les tombes ».

31/10/2006

Cherche à trouer le potiron

"Allo, je suis bien chez la sorcière". "Je t'ai reconnu, idiot, tu n'as pas honte de traiter ta mère de sorcière". "Hè, hè, hè, c'est à cause de la moustache, hè, hè, hè". "Dis-moi bonjour poliment ou je raccroche". "Bonjour, maman, c'est Halloween aujourd'hui". "Allo, qui ?". "C'est la fête des citrouilles et des sorcières". "Idiot, demain, c'est la Toussaint, tu as pensé à une bruyère pour ton père ? J'en ai vu des petites à 2 euros". "Non, mais j'ai acheté un potiron et je n'arrive pas à le couper. J'ai déjà cassé trois couteaux". "Idiot, un potiron, mais tu vas avoir de la soupe pour tout l'hiver avec un potiron. As-tu pensé aux oignons ?". "Pour mettre où ?". "Pour tes trous, quels trous, idiot, pour la soupe". "La soupe, quelle soupe ?". "Ton potiron, idiot, ce n'est quand même pas pour mettre sur la tombe de ton père". "Heuuu, je veux faire une citrouille avec le potiron". "Tu ne vas quand même pas gaspiller de la nourriture, idiot.". "C'est pour mettre une bougie dedans et mettre sur l'appui de fenêtre, pour éclairer la rue". "Et tu crois que tu vas éclairer la rue depuis ta fenêtre du cinquième étage, idiot. Mets un poireau, ce sera la même chose. Et s'il tombe dans la rue, ça ne fera pas des blessés". "Heuuu, ah, heuuu, un poireau ?". "Fais comme tu veux, je dois partir chez Lucette, elle m'attend pour le café". Qui peut me dire comment trouer la peau à cette saloperie de potiron.