09/11/2010

Chanson

« Papa, chante-moi la chanson ‘ Ah, caleçon ‘ ». « Oula, gamin, je ne m’en rappelle plus ». « Si, hein, papa, c’est de Henri Comassiasse ». « Aaah oui, gamin, je m’en souviens. Trois, quatre. Ah caleçon jolie les fiiilles de mooon pays, laï laï laï laï lala, laï laï la¨la ». « Bof, il y a mieux, papa ». « Oui, mais je ne m’en souviens pas, gamin ». « Les p’tits trous, les p’tits trous, toujours les p’tits trous, de mémoire papa, avant qu’on ne te mette dans un grand trou ». Gamin, ce soir je t’invite à regarder la télé. Ils passent ‘ La guerre de boutons ‘ ». « Ah non, papa, je ne fais pas dans l’archéologie cinématographique. Tout est scratch maintenant : les chaussures à scratche, la veste à scratch, mon cartable à scratch ». « Gamin, tu oublies les chemises ». « Mais je n’ai pas de chemise, papa. Je subodore que tu n’as pas envie de me les fermer ». « Tu subodores, gamin ! Heuuu, ça veut dire quoi ? ». « Renifler en-dessous des aisselles, papa ». « Heuuu ».

15/05/2010

Cherche la souris fantôme

« Papa ». « Oui, gamin ». « C’est bizarre, papa. Hier j’avais un trou à une de mes chaussettes. Pendant la nuit le trou a changé de côté ». « Je sais, gamin, ça fait partie des phénomènes naturels inexpliqués, catégorie vie quotidienne ». « Ce serait une souris fantôme, papa ? ». « Ah oui ! Comme celle qui vit dans le frigo et qui fait disparaître des tranches de jambon. C’est cela, oui, c’est cela ». « Tu crois que c’est la même, papa ? ». « Il y en a peut-être plusieurs, gamin. Une spécialisée dans le déplacement nocturne des trous de chaussette et une autre dans la disparition des tranches de jambon ». « Il y en a d’autres, papa ? ». « Ecoute, gamin. Pas plus tard que la semaine dernière j’arrive au bureau. Devine ce que je fais ». « Tu dis bonjour à tout le monde, papa ». « Gamin, la toute première chose que je fais, c’est pipi. C’est une réaction due à une combinaison. Les petits cafés du petit déjeuner et la durée du trajet pour aller au bureau. Devine ce qui m’arrive ». « J’sais pas, papa ». « J’arrive dans les toilettes homme, devant un urinoir. Debout. Fixe. Puis repos. Déposer mallette. Ouvrir braguette pantalon. Chercher l’engin. Surprise. Pas d’accès via le slip ! Obligé baisser pantalon. Fouilles. Une souris fantôme avait mis la braguette à l’arrière de mon slip. Je te fais grâce de la suite parce que trois collègues sont entrés dans les toilettes à ce moment là ».

13/03/2010

Cherche à faire le mort

Boum, boum, boum. « Sortez, vous êtes cerné ». Boum, boum, boum. « Voisin, je voudrais savoir quel est l’imbécile dans l’immeuble qui raconte que mon chien ramène des pneus dans l’ascenseur ». Boum, boum, boum. « Venez me le dire en face si vous osez. Ouvrez ou mon chien va vous mordre ». J’hésite : rester incognito ou, comme les menaces me compriment l’estomac et que, dans ce cas, je fais de l’aérophagie, aller péter dans le trou de la serrure pour asphyxier ma voisine de palier. Mais, péter, c’est laisser une trace. On pourrait retrouver mes empreintes digitales si les experts de Miami débarquent. Ou Julie L’Escaut.  Le problème reste entier. Pas question de laisser mes empreintes digitales dans le trou de serrure mais, l’aérophagie nerveuse faisant son chemin, je gonfle, je gonfle. Un soulagement s’impose. Tant pis pour ma sieste, je vais aller étouffer mes bruits de désespoir sous mon oreiller. Décision : je fais le mort. C’est pourquoi je n’ai rien posté aujourd’hui.

26/09/2009

Cherche le trou de balle

« Papa, pourquoi il y a des X blancs sur la photo ». « Trou de balle, gamin ». « Mais, papa, tu m’as déjà dit que dire trou de balle c’était grossier ». « Oui, gamin, mais ici, ce sont de vrais trous faits avec de vraies balles ». « Pourquoi, papa ? ». « Ah, ça, gamin, il faut être français pour comprendre. Ils avaient un grand président et ils ont cherché à l’éliminer. Conséquence et punition du ciel : maintenant ils ont un nain ». C’était qui, papa ? ». « Charles ». « Aznavour, papa ? ». « Gamin, voyons, un grand, pas un nain ». « Tu l’as connu, papa ? ». « Non, gamin, je n’étais pas né lors de l’appel du 18 juin mais j’ai retenu la date parce que je me suis cassé la pipe un 18 juin en me prenant les pieds dans une pelle. La pelle du 18 juin. Le grand Charles, qui, en 1959, confiait à Alain Peyrefitte : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne ... Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! ». « Il a dit ça, monsieur Charles, papa ». « Oui, gamin, c’était un visionnaire ». « C’est quoi un visionnaire, papa ? ». « C’est quelqu’un qui te dit avant ce qui va se passer après, gamin ». « Comme toi quand tu dis que ça sent le cramé et qu’on va manger des tartines avec des triangles de vache qui rit ». « Heuuu ».

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18/09/2009

Bébé assume l'intérim - 6

Coucou, c'est Bébé. Mon aventuture, zut, mon aventure sur ce blog a commencé il y a six jours. Je ne sais pas comment revenir en arrière. Je n'ai pas su effacer aventuture. Revenir en arrière c'est tout un programme. Moi, par exemple, j'étais Bag-in-Box, d'où mon surnom de Bébé. J'ai quitté le Box. Personne n'arrive à revenir en arrière. Mon Box en carton a servi à allumer un barbecue. Les cendres ont été dispercées. Sans tambour ni trompette. Personne n'est venu à la dispersion des cendres. Des cendres, mais jusqu'où ? Jusqu'où peut-on descendre ? Y a-t-il un ascenseur dans la salle ? Pour remonter. Je parie qu'il y a un ascenseur et que c'est moi qui ne trouve pas le bouton pour remonter. Pourtant, des boutons, j'en avais beaucoup quand j'étais adolescente. Pour tous les étages d'un immeuble de mille étages. Je pressais sur les boutons mais ça a laissé de petits trous. A l'école de danse on m'appelait Emmenthal. Bandes de cons. Aujourd'hui j'ai un nouveau problème : je n'arrive pas à sortir mon bras gauche (à droite pour vous sur la photo) de ma manche gauche. La vie est une suite de problèmes qu'il faut résoudre, un par un. Aujourd'hui, pour moi, c'est sortir mon bras gauche. A demain.

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16/08/2009

Cherche le poulet précuit

(Si vous étiez absent hier, vous avez intérêt à lire le post précédent avant celui-ci) J'adore le poulet, surtout quand il est déjà cuit et fourni dans une barquette. Je n'en cuis plus moi-même. Un pas cuit, je ne pas certain qu'il soit vraiment mort et je ne tiens pas à courir derrière un poulet sans plume dans l'appartement. Par ailleurs, mes deux seules expérience de cuisson de poulet (et je n'exagère pas en parlant d'expérience) se sont terminées, la première, par une odeur tenace de viande brûlée qui a persisté une semaine dans l'appartement (j'ai vidé trois spray anti mauvaises petites odeurs à la lavande mais ça a aggravé la situation vu que nous étions en hiver), la seconde et dernière par le dépôt clandestin du bidule caoutchouteux, encore en partie rose et sans goût parce que je ne savais qu'il fallait ajouter des épices. Ce que je préfère dans le poulet précuit vendu au supermarché c'est la barquette. Elle flotte sur l'étang du parc communal où je la dépose en cachette car elle n'a pas de trou dans le fond, comme pour les champignons pas cuits. Si ça vous étonne sachez qu'une barquette avec des trous dans le fond n'est plus une barquette mais un sous-marin. En plus, votre poulet précuit n'a plus de sauce puisque toute la sauce s'est retrouvée dans le caddy. Savez-vous que le poulet précuit en barquette est moins cher que le poulet rose et douteux à qui il faut tout faire. A condition de disposer d'un parc communal avec un étang. Comme ce serait ridicule de faire circuler une barquette à vide sur l'étang je la remplis avec toutes les crasses, épluchures, bâtonnets avec de l'ouate pour les oreilles usagés et jaunes, capsules de bières, mégots de cigarettes, pelures d'agrumes, boîtes de raviolis vides, restes de l'avant-veille, coquilles de moules. Résultat des courses : presque plus de sacs poubelle payants. Un conseil : ne jamais y mettre des tickets de caisse sur lesquels figure votre numéro de compte banquaire, vous verriez d'autres poulets débarquer chez vous. 

26/06/2009

Cherche à disculper le gamin

« Alors, gamin, as-tu reçu tes résultats scolaires ? ». « Oui, papa ». « Et alors ? ». « J’ai un échec en religion ». « En religion ! Mais je t’avais fait répéter : Jésus, Marie, Joseph, l’âne et le bœuf, les bergers et les moutons. Tu as eu un trou de mémoire ? ». « C’est à cause des autres, papa ». « Quels autres, gamin ? ». « Les rois mages, papa ». « Mais, gamin, je t’avais dit d’écrire leurs noms à l’intérieur de la ceinture de ton pantalon ». « Je l’ai fait, papa, même que ce n’était pas facile de relire les noms pendant que madame interrogeait ». « Explique-moi, gamin ». « Le premier, c’était Gaspard ». « Et alors, gamin ? ». « Madame était contente de ma réponse. Le deuxième, j’ai lu Balthazar dans mon pantalon et j’ai dit Balthazar à madame ». « Et alors, gamin ? ». « Madame était contente. Pour le troisième j’ai lu dans mon pantalon et j’ai répondu Benetton. Madame n’a pas été contente ». « Gamin, j’irai dire à madame que j’ai eu une mauvaise idée ».  

06/06/2009

Cherche à sauver la planète

Chers amis, l'heure est grave. Notre planète se meurt. En cette veille d'élections européennes il est urgent de rappeler que notre vote doit être utile. Votons pour ceux qui prendrons des mesures intelligentes. Par exemple : exiger que les pilules de viagra soient peintes en vert pour que je ne les confonde plus avec les granulés bleus anti-limace. Economisons le carburant. Pourquoi aller en Bretagne pour manger des artichaux alors qu'on en vend chez Carrefour. Economisons le temps. Pourquoi certaines femmes se maquillent le matin pour se démaquiller le soir. Economisons notre salive. Pourquoi nos politiciens parlent-ils pour ne rien dire alors qu'ils seraient plus utiles s'ils rebouchaient les trous dans les routes. Economisons le papier. Pourquoi ne photocopierions-nous pas au bureau nos rouleaux de papier Q au lieu d'en acheter de nouveaux. Economisons l'énergie. Pourquoi ne pas avoir dans les immeubles de bureau des ascenseurs à horaire fixe plutôt qu'à la demande. Nous avons vécu le cul dans le beurre. Nous devons apprendre à nous asseoir sur de la margarine. Et apprendre les gestes qui sauveront la planète. Deux exemples : un petit besoin urgent ? Pas de gaspillage, allons pisser sur le jardin le plus proche, un jardin où poussent des poireaux, ça les fera grossir ; un gros besoin urgent ? Courons vers le tas de compost le plus proche pour l'enrichir plutôt que d'emmerder ceux qui se baignent à la plage. Nous devons châtrer les chiens et les chiennes en chaleur car la chaleur réchauffe notre planète. Pour mieux vous convaincre du danger du réchauffement climatique j'ai emprunté à un ami infographiste une photo d'une projection de ce que deviendra le tunnel sous la Manche dans quelques dizaines d'années si nous n'agissons pas. A l'avant-plan on distingue nettement, en blanc, les restes des belles falaises normandes. Pour éviter cela, votons pour la planète. 

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21/05/2009

Cherche le dénouement

Je ne dors plus. On m’annonce que je dois être mûr pour enlever le plâtre. J’ai peur d’un massacre à la tronçonneuse. Je n’en ai pas mais j’ai déjà vu une tronçonneuse. Si j’éternue pendant le spectacle je serai transformé en rondelles, en carpaccio sans le parmesan, la roquette et le vinaigre balsamique. Mon Dieu, c’est ma dernière volonté : j’ai envie d’un carpaccio, un vrai. Un carpaccio en entrée. Après, un américain (steak tartare pour les français) frites mayonnaise. Trou normand à l’Eau de Villée et, ensuite, puisqu’il faut manger du poisson pour le phosphore, douze cuisses de grenouilles à l’ail. Attention : pas douze fois une cuisse mais douze fois deux cuisses. Pas des cuisses de grenouilles unijambistes. Une grenouille unijambiste ça tourne en rond, dzoing, dzoing, dzoing, comme moi quand j’essaye de me gratter avec mon plâtre à gauche quand ça chatouille au cou du côté droit. J’a dit au cou mais ailleurs c’est le même. Seigneur, j’ai honte de vous embêter avec mes petites histoires. C’est pourquoi je vous laisse le choix du dessert, avec une petite préférence pour une crème glacée à la vraie vanille surmontée d’un bon chocolat belge. Mon Dieu, le dénouement est proche. Donnez-moi la force de ne pas éternuer pendant la tronçonneuse.  

28/04/2009

Cherche le bon mot

« Rebonjour, docteur ». « Comment allez-vous ? ». « Bof, j’ai des, heuuu, des, heuuu, des, zut, merde, crotte, di djû, j’ai des, heuuu ». « Des trous de mémoire ? ». « Oui, docteur. J’ai des trous de mémoire ». « Alors payez moi la séance tout de suite ».

08:11 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : docteur, mot, bon mot, trou, zut, crotte |  Facebook |

21/01/2009

Cherche à vendre lampadaire original

Il vous suffira d’une foreuse et d’une très longue mèche pour percer le trou destiné à y faire passer le fil électrique, d’une scie à bois pour adapter la hauteur à votre intérieur, de mettre une ampoule dans le support à ampoule électrique que vous mettrez obligatoirement au sommet et de mettre la fiche dans la prise électrique et vous disposerez d’un lampadaire original en bois massif. En sapin. Celui que je ne suis pas arrivé à vendre hier. J’ajoute que la fonction porte-manteaux est incluse dans le prix. Optez pour un porte-manteaux branché. Faire offre. Livraison à domicile, à mon domicile au cinquième, en face de l’ascenseur. Sonnez longtemps si c’est l’heure de la sieste.

24/10/2008

Cherche une foreuse à cuillère

Chez des amis j’ai été ridicule quand je me suis mis plein de potage orange halloween sur le pantalon. Je n’avais pas vu qu’on m’avait mis une cuillère avec un trou. Depuis lors, chaque jour de travail, je reviens chez moi avec la cuillère à soupe du restaurant d’entreprise. Pas bête, hein, le bol de soupe dans ma boîte coûte moins cher qu’une cuillère chez Ikea. Je veux remonter le moral de mes collègues qui prennent du potage à midi. J’ai un problème : le trou. Je cherche une foreuse à cuillère à prêter. Si vous êtes un de mes collègues, ne vendez pas la mèche. Merci.

18/08/2008

Cherche à aérer

A la pèche aux moules moules moules

Je n’veux plus aller, maman

Les gens de la ville ville ville

Ont pris mon panier, maman

En fait, ce qui s’est passé

C’est qu’il a été interdit de jeter

Les ordures ménagères dans le vide-ordures

A cause du tri sélectif

Moi, je l’ai fait, le tri sélectif

Dans le vide-ordures, uniquement les moules

Pour le reste, de grandes boîtes aux lettres

De banques, de notaires, d’avocats, selon arrivage

Grandes gueules, grandes boîtes aux lettres

Le problème, pour les moules, c’est un trou

Un trou de mémoire récurrent

A savoir qu’à chaque fois que, zouuu

Les coquilles se tapaient six étages sans parachute

Je me rappelais qu’il n’y avait plus de poubelle

En dessous du vide-ordures

Qui c’est qui se tapait un aller-retour en ascenseur

Pour balayer les moules dans ma cave, hein ?

J’ai trouvé un truc pour l’odeur

J’ouvre la grille d’aération de la cave ainsi que la porte

Puis j’appelle l’ascenseur et je l’envoie au sixième

Ce qui crée un appel d’air extérieur dans la cave

Et un appel de l’air intérieur de la cave vers la cage d’ascenseur

Maintenant ça sent l’échappement de mobylette et les crottes de chien

Franchement je préférais l’odeur de moules, même usagées

03/08/2008

Cherche à vendre un plafond

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. Mais je me cogne. Je me cogne au plafond de la cave. Je vais en mettre un autre, plus haut. Mais avant, il faut que le plafond actuel disparaisse. Je le vends. Etat quasi neuf. Ne convient pas pour un fond de piscine parce qu’au milieu il y a un trou avec un petit bout de tuyau en plastique, un fil qui passe dans le trou et, au bout du fil, une ampoule électrique. Faire offre.

15/03/2008

Cherche un grand maigre

J’ai profité de ce que la voisine de palier était partie en vacances se refaire de la cellulite pour jouer des percussions. Je m’explique, ma voisine de palier m’a dit qu’elle partait en France. Moi : C’est grand, la France. Vous allez où ? ». Elle : « Père Igor, foie gras ». Moi : « Et c’est où, cette auberge ? ». Elle : « Excusez-moi, je suis pressée ». Moi (tout bas) : « Si t’es pressée, t’avais qu’à prendre une taille au dessus ». Les percussions : c’est simple : un burin dans une main et un marteau dans l’autre. L’inverse pour les gauchers. Objectif : profiter de l’absence de ma voisine de palier pour me construire un passe-plat, entre la cuisine et ma chambre. Je veux bien continuer à manger dans la cuisine quand le gamin est là mais, quand il n’est pas là, je mange où j’ai faim, là où je peux m’allonger pour manger à la romaine et là où il y a un petit frigo avec des bières fraîches. Je ne veux plus aller à pied de la cuisine à la chambre. Il y a des plis dans la moquette. Deux fois sur trois je n’ai plus rien à manger, il faut changer les draps et je dois me faire un shampooing à cause de la sauce des raviolis. La solution : du producteur au consommateur, via le passe-plat. J’ai eu un problème de localisation. Une fois le trou fait, je n’ai plus reconnu ma chambre. Le passe-plat donnait dans l’appartement de la voisine de palier. Je cherche quelqu’un, si possible grand et surtout très maigre, pour passer dans le passe-plat avec un seau de plâtre et une truelle, deux ou trois sandwichs pour tenir le coup en attendant le retour de ma voisine et une cagoule. La cagoule, c’est pour sortir incognito de l’appartement de ma voisine quand elle rentrera de vacances. J’ai réfléchis à toutes les autres solutions : il n’y en a pas. Vu que j’habite au cinquième étage, ma voisine de palier y habite aussi, logique, non ?

05/12/2006

Cherche Saint Nicolas (1)

"Gamin". "Oui, papa". "N'oublies pas, pour demain". "Quoi, papa ? ". "Demain, c'est Saint Nicolas, alors, si tu veux quelque chose, tu dois mettre une pantoufle, un décapsuleur et quatre bières des trappistes". "Oui, oui, et aussi une carotte". "Mais, gamin, où veux-tu qu'il se la mette, la carotte, saint Nicolas". "C'est pour son âne, papa". "S'cuse-moi, j'avais oublié la carotte, pour sa bestiole. Le jour où il viendra en 4 X 4, on lui mettra un litre de diesel". "Papa, y a pas de carotte". "Mets une boîte de raviolis, les ânes, ça adore les raviolis"; "Je mets ça où, papa". "Ben, devant la cheminée, enfin". "Papa, dans l'appartement, y a pas de cheminée". "Heuuu, mets tout devant le hublot de la lessiveuse". "Pourquoi la lessiveuse, papa". "Gamin, un trou, c'est un trou. S'il sait passer dans des châteaux où il y a une cheminée, et y faire passer son âne pour qu'il mange les raviolis, il saura passer par le hublot de la lessiveuse". "Papa, je mets aussi un verre ?". "Un ver, Saint Nicolas vient aussi avec sa poule ?". "C'est pour ses quatre bières". "Non, non, gamin, Saint Nicolas boit au goulot. Mais n'oublies pas le décapsuleur". "Oui, papa". "Allez, hop, au lit, et ne me réveille pas demain, je fais grasse matinée".

30/08/2006

Cherche Martine

J'ai gagné une petite barque à deux rames et à deux places. Alors, dans l'appartement, je rame : "Ah le petit vin blannnc, qu'on boit sous les tonnêêêêêlles, que les filles sont bêêêêêlles, du côté de Nogent". J'ai calé la barquette sur la table comme ça, ça m'évite de ramer les chaises. Mais j'ai tendance à ramer de plus en plus vite : "Tout' ma vie, j'ai révé, d'être une hotesse de l'air, tout' ma vie, j'ai révé, de voir le bas d'en haut". Du cinquième j'ai une belle vue. Mais, avec la hauteur de la table et la barquette en plus, j'arrive à voir les passants : "Help, I need somebody, help, hou houhou houhouhou". J'ai ouvert la porte du palier pour faire courant d'air. J'ai l'air du grand large. Un locataire s'est fâché : "Alleï, ça est pas un peu fini ta zinneke parade". "Monsieur Charles, bonjour, pourquoi cette foreuse". "Men, tu rentres au port sinon tu vas être le propriétaire de la plus grande passoire de Belgique". "Heu, vous pourriez pas faire un seul trou, pour raccrocher le plafonnier, j'ai ramé dedans". "Ca t'as vu, non mais, vas faire le monstre du Loque Nesse sur le lac de la Martine". Il a claqué la porte. Martine, chère madame ou mademoiselle Martine, si vous avez un lac, j'ai la barque et les rames. Je précise : c'est une barque à deux places, donc pour deux célibataires, sans gros chienchien ou vieille maman assise à l'arrière.

14/08/2006

Cabine d'esayage (reprise du 15.05.06)

Quatorze heures, un pantalon en vitrine m'est tombé dan l'oeil. "Bonjour, Madame, c'est pour le pantalon en vitrine". "Lequel, Monsieur,il y en a au moins quarante". "Celui que j'aime bien". "Venez me montrer dehors". "Là, là, là, c'est lui". "Du calme, du calme, rentrons, je vais en chercher un. Quelle taille ?". "Un mètre quatre-vingt quatre". "Votre tour de taille ?". "J'sais pô. Je vais téléphoner à maman". "Pas nécessaire, je vais la mesurer". "Hé, relevez-vous vite, on nous regarde". "Cinquante". "Ah, c'est dix de plus qu'Ali baba, hé, hé, hé". "Calmez-vous, Monsieur, vous avez déjà renversé trois présentoirs et cinq mannequins. Je file à la réserve". "Mon pantalon est décousu, si ça continue on verra l'trou d'mon pantalon qu'est". "Monsieur, allez m'attendre dans la cabine d'essayage, s'il vous plait, et ne bougez plus". "Hé, c'est comme pour une radiographie du thorax, hé, hé, hé". Trente secondes plus tard. "Voilà, mais vous êtes tout rouge". "Ben oui, c'est dur, pas bouger, pas respirer". "Vous ne manquez pas d'air, vous. Allez, essayez-moi ça". Hop, chaussure droite, hop, chaussure gauche, hop, pantalon. "Maman, maman, regardes, là, en dessous de la tenture, il y a un monsieur avec des gros trous à ses chaussettes". "Pchiiiit". "Mais, maman, les trous dans les chaussettes". Paf. "Ouiiiin". J'ai essayé de faire le flamand rose, sur une jambe. Inutile, j'avais des trous des deux côtés. J'entendais bien que ça défilait devant la cabine. "Hihihi". "Hahaha". "Hohoho". Dix-huit heures et une rawette, soit quatre heures plus tard : "Vous pouvez sortir, les clients sont partis". "Le temps de remettre mon pantalon et j'arrive. Dites, vous auriez pu mettre de la lecture dans la cabine, non". "Alors, il vous va comment ?". "Comme un gant. Je le prends". "Faudra revenir demain, la caisse est déjà fermée".

03/08/2006

Vacances à la mère - 10 -

Dernier jour de vacances, avec maman dans l'appartement et moi dans la cave. Je remontais au cinquième en cas de besoin urgent. "'jour, hic". "Mais, tu pues l'alcool, tu vas au café ?". "Je fais comme toi, hic, pendant que tu ranges en haut, je range la cave, hic". "Et tu ranges quoi, idiot ?". "Ben, heuuu, j'ai du mal à m'allonger pour dormir à cause des bouteilles d'apéritif entamées, alors, hic, je vide les bouteilles avant d'aller les jeter, je teste des coquetails". "Continue, tu auras le prix Nobel du coquetail, non mais. A propos, en dessous de l'évier j'ai trouvé quatre kilos de coquilles de moules. Tu testes l'élevage de coquilles ?". "C'était pour faire un collier et une ceinture pour la soirée africaine mais, réfléchis, maman, pour faire un collier, il faut du fil, et pour passer le fil il faut un trou. Mais j'ai électrocuté la foreuse quand je m'en suis servi pour ouvrir une boîte de raviolis". "Des bananes, fais tes colliers en bananes". "Mais, hic, maman, la prochaine fois c'est une soirée espagnole". "Fais-toi des colliers en castagnettes, idiot, il y a déjà les trous". "Des castagnettes avec des coquilles de moules ? hic". "Allez, hop, à la cave, idiot, et demain, je te le rappelle, je rentre chez moi". "Je vais nettoyer le caddy pour te ramener dedans".