11/10/2008

Cherche à passer la nuit

« Que faites-vous, monsieur, le Salon est fermé ». « Je sais ». « Vous devez sortir, monsieur ». « Je sais ». « Où habitez-vous ? ». « Je ne sais plus ». « Que s’est-t-il passé, monsieur ? ». « Voyez-vous, monsieur, il y a de bons flamands, des philosophes, qui disent : Wijn op bier, plezier ; bier op wijn, venijn. Je vous explique ». « Ce n’est pas nécessaire, j’ai tout compris ». « Monsieur, vous n’êtes pas seul sur terre. Je traduis pour les autres. Français, françaises, je vous ai compris. Mais pas vous. Du vin après de la bière, c’est du plaisir ; de la bière après du vin, c’est du venin ». « Et vous avez fait quoi, vous, monsieur ? ». « Les deux. Plus de la soupe et du salami. Je sens que ça tourne. Pourriez-vous diriger votre lampe de poche ailleurs que dans ma tronche. Merci ». « A qui puis-je téléphoner pour qu’on vienne vous chercher ». « A Kiki ». « A qui ? ». « A Kiki, quoi ». « C’est une dame, Kiki ? ». « Non, c’est le hamster du gamin. Je suis sûr qu’il ne viendra pas ». « Je comprends, il n’a pas son permis ». « Mais, pour la roulette il n’en faut pas ». « Soyons sérieux, monsieur. Vous ne pouvez pas rester ici et je dois continuer ma tournée ». « Ah, si c’est votre tournée, je vous suis. Pour moi c’est une brune d’abbaye ». « Voyons, monsieur, avez-vous vu dans quel état vous errez ». « Dans quelle étagère ! Non mais, je suis sur un matelas à eau, ça fait bizarre un matelas au salon de l’alimentation ». « C’est également le salon du confort, monsieur ». « Ah, du confort ! Alors laissez-moi dormir. Vous avez terminé votre tournée à quelle heure ?». « A l’ouverture du salon, monsieur ». « Très bien, très très bien. Venez me réveiller juste avant. Je sortirai pour vous faire plaisir. Et j’entrerai à nouveau salon que je m’en fiche, j’ai plein d’entrées gratuites ».