10/06/2008

Cherche le destructeur d'archives

« Dis-moi, c’est toi ? ». « Dis-moi quoi, Gérard ? ». « Le destructeur d’archives, c’est toi ? Le chef demande qui c’est ». « Non, Gérard, ce n’est pas moi ». « Je parie que c’est toi. C’est ton style ». « Gérard, comment veux-tu que ce soit moi puisque je ne sais pas me servir du destructeur d’archives ». « Tu es un comique, toi. Tu me dis que ce n’est pas toi et tu ne sais même pas ce qui lui est arrivé, au destructeur d’archives ». « Je ne l’ai pas fait exprès, Gérard, donc, ce n’est pas moi ». « Si tu le l’a pas fait exprès, c’est que tu sais ce que tu as fait, non ? ». « Heuuu, oui et non, Gérard. Non, ce n’est pas moi parce que je ne savais pas que le chef le verrait ». Le chef l’a vu, donc explique-moi pourquoi c’est toi ». « Ne le dis pas au chef, Gérard. C’est à cause de mon ex-belle-mère. Elle a fait de la mousse de thon au gamin et il a voulu que je lui en fasse ». «  Dis-moi tout ». « Je jure de dire la vérité, Gérard, toute la vérité, rien que la vérité, je le jure, ratchâââ. Et merde ». « Pourquoi et merde ». « Gérard, en jurant j’ai craché comme les scouts. Et maintenant je ne sais plus lire ce que j’avais écrit sur le calendrier  mural, ça dégouline ». « Et ton thon ? ». « Lequel ? J’ai trois Tonton, Gérard ». « Ta mousse de thon ? ». « Ah, la mousse. Heuuu, je me suis trompé une première fois, j’ai confondu thon et saumon. J’ai confondu une seconde fois,  j’ai acheté du saumon fumé ». « Et alors ? ». « Gérard, je te le jure, c’est impossible d’écraser du saumon fumé à la fourchette pour faire de la mousse de thon. Gérard, il me faut une oreille bien nettoyée qui m’écoute. J’ai voulu faire de la mousse de thon pour le gamin en mettant du saumon fumé dans le destructeur d’archives ». « Et alors ? ». « Je lui ai fait des raviolis en boîte ».

05/04/2008

Cherche à dire la vérité

« Gamin, je te dois la vérité sur la mer ». « Et ça vaut combien d’euros, papa ? ». « Non, hein, gamin, je t’ai suffisamment payé pour que tu n’ailles pas dire que je croyais qu’on attrapait les crevettes avec une canne à pêche ni que j’en ai acheté qui n’étaient pas déplumées ». « C’est quoi, alors, la vérité, papa ? ». « Vois-tu, gamin, quand je me trompe, ce qui est très rare, et que je dis quelque chose de faux et que je crois que c’est vrai, je ne dois pas te dire ce qui est vrai puisque pour moi le faux est le vrai. Tu me suis, gamin ? ». « On va où, papa ? ». « Est-ce que tu suis mon raisonnement ? ». « Non ». « Je recommence. Dire vrai, c’est dire la vérité. En tant que père responsable je te dois de dire vrai. Arrête de rire, gamin, je vais perdre le fil de l’aiguille ». « Tu vas recoudre les boutons de mon imper qui s’est coincé dans la porte de l’ascenseur, papa ? ». « Gamin, à la mer je me suis trompé, aujourd’hui je le sais et je te dois la vérité ». « Comme quand tu m’as montré des tourterelles sur la plage et que je t’ai appris que ces coquillages s’appelaient des tourelles, papa ? ». « Heuuu, gamin, sur la plage, je t’ai montré des os de seiche, hein ? ». « Oui, papa, je t’ai même dit qu’on dirait des savonnettes usées jusqu’à la corde tellement elles sont plates ». « C’est ça, gamin. Je t’ai même montré un os de seiche géant. Tu te rappelles ? ». « Oui, papa, même que tu as dit que le coffre de l’auto était trop petit, sinon tu l’aurais pris pour le montrer à ton copain Gérard ». « Et bien, tiens-toi bien, gamin ». « Oui, papa ». « Ce n’était pas un os de seiche géant. J’ai décrit la chose à Gérard et il m’a dit que c’était une planche de surf ».