27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

20/10/2006

Cherche à payer l'essence (suite 2)

"Bonjour, madame, c'est la pompe quatre". "53 euros 69. Attention, Bancontact Mister Casch est en panne". "Ah, ah ah, ah ah ah, et je paie comment, hé, hé ?". "Uniquement en liquide, monsieur". "Ah, ah ah, ah ah ah, excuseeez-moi c'est nerveux. C'est parce que le seul liquide que j'ai c'est l'essence dans mon réservoir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Ah, ah ah, ah ah ah, oh, hé hé, pour le 69 on peut s'arranger mais pour le 53, je ne connais pas. Demandez un dépanneur de Mister Flache". "C'est fait, monsieur". "Et bien, j'attend, hé hé". "Il sera là demain. Et arrètez d'imiter Daerden, ça m'énerve". "Haaa, hé, hé, hooo, je vais faire comme le gamin. Lui, il fait vacances à la neige, vacances à la ferme, vacances à la mer. J'ai vu que dans votre superette il y a de quoi prendre un copieux petit déjeuner. Je vais faire vacances à la station service. Avez-vous des chambres ?". "Des chambres, vous êtes fou !". "Hé, hooo, pas des des chambres à air, hé hé hé, des chambres pour dormir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Mais vous êtes une têtue, vous, hé hé. Je plains monsieur". "Il n'y a pas de monsieur dans ma vie". "Ca ne m'étonne pas. Et bien, vous allez en avoir un, pour une nuit, dans votre garage. Dites-moi simplement où sont les toilettes et où je peux trouver un tire-bouchon".

 

(suite 1) "Dites, il est bon ce vin ?". "Monsieur, c'est du vin à 4 euros, je n'en bois jamais". "Moi oui, j'en prends quatre bouteilles, comme ça j'aurai du liquide, hé hé hééé". "Grosse bièsse". "Hé, mais vous faites de l'humour maintenant, la pompiste. Hé, hé hé, dites, une pompiste, ça fait des   ". "Salaud".  Paf. "Aïe". "Vous me devez 69 euros 69, cochon". "Hé hé hé, je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès. Le vin, c'est pour ma soirée, en attendant le dépanneur de Mister Flache". "Monsieur, c'est impossible de dormir ici, payez-moi et partez". "Tuut tuut tuut, pas possible, je n'ai pas de liquide. A propos de liquide, où sont les toilettes ?".


(suite 2) "Alors, monsieur, on a la vessie nette ?". "La vaissinette, la vaissinette, je ne suis pas malade, moi. Dites, madame la pompon, la pompière, avez-vous des verres dans votre superette ?". "Des vers, dans ma quoi, non mais, je ne suis pas malade, moi". "Chère madame, je vous dois 69 virgule 69, j'ai acheté du vin et je vous invite ce soir à prendre un verre avec moi dans votre station service". "Grand fou". "Enfin, un mot gentil". "Vous ne pouvez pas dormir ici, monsieur, c'est interdit par le règlement". "M'en fous, hé, ho, poupée, je dors ici, j'attends le dépanneur de Mister Flache". "Monsieur, il est l'heure, je dois fermer". "Et bien, tu la fermes, c'est quoi ce matelas gonflable à 4,99 euros ?". "Il faut acheter pour 10 euros de chewing gum et alors vous pouvez    ". "J'achète les tchouwinne gomme et le matelas. Je vais dormir dessus. Sur le matelas, hé hé hé, pas sur les tchouwinne gomme".

15/09/2006

Cherche à être absent

Je pars en voyage. Je vais être absent. Profitez-en pour lire les messages antérieurs. Je pars en car de luxe. Avec accompagnateur. Et climatisation. J'ai peur. Il y a vingt-trois points de ramassage des participants à la journée exceptionnelle de démonstrations. Je prends le car de luxe à 6 h 45 au deuxième point de ramassage. Le dépliant est formel : à chaque arrêt, accueil des nouveaux avec des applaudissements. J'imagine, au troisième arrêt : "Clap, clap, clap, salut les vieux, venez, avec vous nous serons cinq". Au dixième arrêt : "Clap, clap, pousse ton cul, la grosse, il est déjà 11 heures". Au dix-septième arrêt : "Clap, hé, ho, dépèchez-vous, on va rater les boulettes sauce tomate". Au vingtième arrêt : "Pendant qu'ils montent, je descend, j'ai pipi, je ne peux plus tenir". Ouf, ça fait du bien; j'ai la vessie vide. Quel cauchemard. Promis, je vous raconterai la suite.