21/08/2008

Cherche une sortie honorable

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. Je vide ma cave et me remplis l’esprit. Comme l’appel du large, comme l’appel du 18 juin et comme l’appel à tarte, je sens monter en moi les espérances de la rentrée scolaire. Je ne comprends pas pourquoi mais j’ai l’esprit plus haut au moins un dans la cave que dans mon appartement au cinquième. Est-ce la proximité du centre de la terre,  la déesse Gé des cruciverbistes, qui me rend tangible les vibrations ? Mon point Gé serait-il en harmonie avec la déesse ou ces vibrations seraient-elles dues à la proximité d’une ligne de métro souterraine ?  Est-ce l’éloignement du ciel et de ses rayonnements cosmétiques qui m’empêche de bronzer idiotement ? Où suis-je ? Au moins un, d’accord. Où vais-je ? Il faudra bien que je remonte un jour. Dans quel état j’erre ? Ah, ça, c’est une bonne question. A force de déplacer les étagères de la cave je ne sais plus où se trouve la porte d’entrée. Pire, je ne trouve plus la porte de sortie. Une cave, c’est un cube. Plutôt un paralélé, un paralélipette, disons un cube qui serait plus long d’un côté. Procédons par élimination. Un cube a six faces. Je peux déjà éliminer celle du dessus et celle du dessous pour trouver la porte. Sauf en cas d’erreur de l’architecte car ça arrive. Je connais un autre cube qui a été planté sur un des coins, avec ses huit boules plus une au milieu. Il y a beaucoup de gens qui le visitent, donc, si on s’y perd, il suffit de suivre la file et, hop, on retrouve l’air libre. Mais, ici, si je demande un droit d’entrée, par où les gens vont-ils entrer ? C’est vraiment mal conçu, une cave. Il devrait y avoir une porte d’entrée et une porte de sortie, comme dans les supermarchés, avec obligation, pour sortir, de stationner devant des piles de friandises, de mini paquets de chips, de chewing gum avec sucre et sans sucre. J’en passe et des meilleures. Il y a même, dans mon supermarché, des gants en caoutchouc à un doigt. N’importe quoi, je vous dis, on vend n’importe quoi. Et on t’oblige à rester devant ! Moi, ça m’énerve. J’ai tendance à remplir le caddy tant qu’il y reste de la place. Bon, retour à la spéléo. Une chance, il n’y a pas de stalactites, juste un fil et une ampoule électrique, très mal située d’ailleurs car elle est juste au dessus du seul endroit libre pour pouvoir déboucher une bouteille de blanc sans en mettre partout. A propos de blanc, dès que je sors d’ici je prends un bain. Ou deux. Parce que j’en tiens une bonne couche. Ma dernière découverte ressemble à un coup de génie : un entonnoir. Je peux comparer ce que je bois et ce que je restitue. Je vais devoir montrer toutes ces bouteilles à mon médecin pour qu’il me dise si mon fonctionnement est bon, si je ne consomme pas trop aux cent kilomètres. Si je meurs, je veux qu’on m’entèèèèère, dans une cave, où y a du bon vin, du bon vin, oui oui oui, du bon vin, non non non, dans une cave, où y a du bon vin. A demain. Je vais piquer un petit roussillon.