13/10/2009

Cherche le beau surgelé

" Gamin, les papas sont là pour apprendre à leurs gamin, même si ceux-ci les font chier ". " Oui, papa, tu m'as déjà dit mille fois que toi tu pouvais dire faire chier et que je dois attendre ton âge pour pouvoir le dire aussi ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ça fait trois ans que tu me le dis et, à chaque année, il y a une bougie de plus sur ton gâteau. Si tu deviens centenaire je devrai attendre de le devenir aussi pour faire chier tout le monde ? ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ce que tu dis est aussi débile que le coiffeur qui avait fait peindre sur sa vitrine DEMAIN ON RASE GRATUITEMENT ". " Gamin, un papa doit instruire son gamin mais le gamin doit expliquer à son papa quand le papa ne comprend pas. C'est quoi cette histoire de coiffeur ? ". " Ben, papa, quand les clients venaient se faire raser gratuitement le coiffeur disait que c'était demain et, pour le prouver, il disait d'aller voir ce qui était écrit sur sa vitrine ". " Mais c'est de la publicité mensongère, ça, comme sur les plats préparés surgelés. Tu ouvres le paquet et, dedans, il n'y a pas les brins de ciboulettes qui sont sur la photo. Ni la vapeur qui s'échappe des petits pois carottes bien chauds. Ni la belle assiette. Ni la nappe. Ni le verre de vin bien rempli ". " Papa, tu devrais lire les emballages. C'est marqué suggestion de présentation ". " Ah, ça, gamin, pour être suggestif c'est suggestif. C'est tellement suggestif que je n'achète des surgelés que lorsque la photo est jolie ". " C'est du trompe l'oeil, papa ". " Oh, gamin, à propos de trompe l'oeil, regarde ce que j'ai photographié à Vesoul ". " Tu t'es encore fait avoir, hein, papa. Madame a voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul. Et l'accordéon. Et les flonflons ". " Ben, heuuu ".

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17/10/2008

Cherche une autre vitrine

Celle-là, il faut que je vous la raconte. Profitant de ce que le gamin était chez sa mère, moi en congé le lendemain, j’en ai profité pour en voir de toutes les couleurs. Je parle des vitrines derrière lesquelles de jolies dames invitent à aller prendre un verre. Evidemment, pas de tarif affiché. Mais, ça, on ne me la fait pas, celle-là. Alors j’ai tambouriné très fort sur la vitre, en faisant sous avec mes doigts et j’ai crié « C’est combien ? ». La dame, peu vêtue : « 250 euros ». Moi, en pleine débandade : « Oufti, c’est cher ». La dame, qui commençait à jouer des ailes de papillon avec ses jambes, cria alors : « Oui, mais c’est du double vitrage ».

14/08/2006

Cabine d'esayage (reprise du 15.05.06)

Quatorze heures, un pantalon en vitrine m'est tombé dan l'oeil. "Bonjour, Madame, c'est pour le pantalon en vitrine". "Lequel, Monsieur,il y en a au moins quarante". "Celui que j'aime bien". "Venez me montrer dehors". "Là, là, là, c'est lui". "Du calme, du calme, rentrons, je vais en chercher un. Quelle taille ?". "Un mètre quatre-vingt quatre". "Votre tour de taille ?". "J'sais pô. Je vais téléphoner à maman". "Pas nécessaire, je vais la mesurer". "Hé, relevez-vous vite, on nous regarde". "Cinquante". "Ah, c'est dix de plus qu'Ali baba, hé, hé, hé". "Calmez-vous, Monsieur, vous avez déjà renversé trois présentoirs et cinq mannequins. Je file à la réserve". "Mon pantalon est décousu, si ça continue on verra l'trou d'mon pantalon qu'est". "Monsieur, allez m'attendre dans la cabine d'essayage, s'il vous plait, et ne bougez plus". "Hé, c'est comme pour une radiographie du thorax, hé, hé, hé". Trente secondes plus tard. "Voilà, mais vous êtes tout rouge". "Ben oui, c'est dur, pas bouger, pas respirer". "Vous ne manquez pas d'air, vous. Allez, essayez-moi ça". Hop, chaussure droite, hop, chaussure gauche, hop, pantalon. "Maman, maman, regardes, là, en dessous de la tenture, il y a un monsieur avec des gros trous à ses chaussettes". "Pchiiiit". "Mais, maman, les trous dans les chaussettes". Paf. "Ouiiiin". J'ai essayé de faire le flamand rose, sur une jambe. Inutile, j'avais des trous des deux côtés. J'entendais bien que ça défilait devant la cabine. "Hihihi". "Hahaha". "Hohoho". Dix-huit heures et une rawette, soit quatre heures plus tard : "Vous pouvez sortir, les clients sont partis". "Le temps de remettre mon pantalon et j'arrive. Dites, vous auriez pu mettre de la lecture dans la cabine, non". "Alors, il vous va comment ?". "Comme un gant. Je le prends". "Faudra revenir demain, la caisse est déjà fermée".