17/02/2010

Cherche un endroit tranquille

« Oh, mon fils ! Mais tu es tombé sur la tête. Tu m’offres un voyage dans ta voiture ! Au prix de l’essence, je ne te reconnais plus ». « C’est une diesel, maman, et c’est la voiture de la société ». « Tu es devenu fonctionnaire, mon fils ? ». « Non, maman, t’inquiètes pas, ils n’y verront que du feu ». « Tu sais, je vais te donner quelques conseils. Tu dois faire de plus petites pelures quand tu fais des pommes de terre, tu gaspilles. Freine, c’est un virage. Et tes chaussures, hein, tes chaussures, cela fait combien de temps que tu ne les as plus cirées, hein, on ne sait pas si ce sont des brunes ou des noires. Attention, ralentis, il va peut-être passer au rouge. Tu devrais changer de slip plus souvent, et mettre de dentifrice sur ta brosse à dent, tu vas attirer des mouches. Tu as vu ce camion, fais-lui une queue de poisson. Mon amie Lucienne dit toujours qu’il faut être hygiénique. Pour les toilettes, plus de papier journal découpé, du papier hygiénique, en rouleau, je t’expliquerai comment t’en servir. Non, je n’irai pas sur le siège à l’arrière, il faut que je sois devant pour te guider. Où va-t-on ? Tu ne t’es pas rasé ce matin. Moi je connais des mamans dont le fils se rase avant de les conduire à la campagne. J’ai pris du salami pour le pique nique. Parce que c’est moi qui t’offre le repas de midi. Ici, ici, arrête-toi ici, ce paysage me laisse sans voix ». « Ouf ».

12/12/2009

Cherche le naturel

« Papa, c’est quoi un minaret ? ». « Ah, gamin, c’est joli. C’est comme une tour, comme un clocher chez nous, mais incompatible avec notre paysage et notre culture européenne. Il n’y a pas de cloches dans un minaret mais c’est plus fin, plus élégant, plus adapté à d’autres contrées, loin de chez nous, là où il y a du soleil. Un clocher, c’est l’emblème de notre passé, même si les églises sont désertes, et un minaret, pour nous européens, c’est presque un symbole, celui des voyages en Tunisie, en Turquie, au Maroc, mais pas à Bruxelles, à Venise ou à Lourdes ». « Et en Suisse, papa ? ». « Gamin, je vois qu’à l’école on t’enseigne l’actualité. C’est bien. Les suisses ont voulu rester suisses, gamin, avec leurs chalets, leurs vaches et leurs cloches. Vois-tu, gamin, les minarets, c’est comme la grippe H1N1, ça risque d’être une pandémie. Sais-tu ce que c’est ? ». « Oui, papa, c’est quand tout le monde peut être victime et en mourir ». « Dis donc, gamin, tu es dans une bonne école ». « Et tu es contre les minarets, papa ? ». « Gamin, réfléchis un peu. Si les anciens égyptiens débarquaient comme les autres avec leurs minarets, nous aurions des pyramides partout. Un rond-point, hop, une pyramide. Plus de parking au supermarché car, dessus, hop, une pyramide. A Versailles, hop, une pyramide. Si on laisse faire les constructeurs de pyramides, nous, les belges, nous aurions l’air ridicules avec notre Lion de Waterloo ». « Papa, si j’ai bien compris, à chacun sa culture mais chacun chez soi, c’est ça ? ». « Gamin, tu es de la graine de génie. Et je n’oublie pas que la petite graine c’était moi ».

25/09/2009

Cherche la sécurité en vacances

« Papa, je sais où tu es allé en vacances ». « Impossible, gamin ». « Si, papa, c’est possible ». « Non, gamin, ce n’est pas possible ». « Si, papa, c’est possible et possible c’est français ». « Mais j’étais, heuuu, comment dire, dans une colonie de vacances à douche le matin, le midi et le soir. Nous étions gardés et surveillés, sans visites autorisées ». « Mais tu pouvais sortir, hein, papa ». « Bien sûr, gamin, des vacances durant lesquelles tu ne peux pas sortir de l’hôtel, ce ne sont pas des vacances, c’est la république dominicaine. Moi, j’étais en vacances de remise en forme ». « A Luxeuil-les-Bains, papa, en république française ». « Gamin, tu m’as suivi ? ». « Mais non, papa, j’ai ramassé un papier tombé de tes poches quand tu es rentré. J’ai lu Luxeuil-les-Bains, sorties autorisées et j’ai vu un gribouillis ». « Le gribouillis c’est la signature du médecin, heuuu, je veux dire de l’organisateur du voyage organisé. Parce que le voyage était organisé, gamin. Et bien organisé. Pendant que nous étions tout nus dans les douches un gardien surveillait la cour des promenades. En cas d’évasion il ne sifflait pas, de peur de nous stresser davantage. Il jouait du pipeau. La truite de Schubert. Parce que la truite vagabonde. Nous pouvions vagabonder mais pas pendant les douches. C’est normal, hein, gamin, vagabonder tout nu ça ne se fait pas. C’est ça la sécurité d’un voyage organisé. Regarde, j’ai pris des photos du gardien ».

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12/09/2009

Cherche à me reposer

Une semaine sans ordinateur, sans aller au bureau photocopier du matin au soir, sans poster de commentaire sur vos blogs, sans l'énigme du jeudi, ça va être dur, surtout le jeudi. Je vous livre mon programme, grâce à Gotlib. Quels souvenirs ce Gotlib, surtout l'histoire du raton laveur qui a attrapé une crampe dans la queue et qui tournait en rond dans l'eau, verticalement. Gotlib c'est mon Jacques Salomé à moi (que ceux qui ne comprennent pas relisent Rafaël). Le gamin, qui sera chez sa mère, enfin, chez les parents de sa mère parce qu'elle joue à faire le Moulin Rouge en écartant ses jambes pour trouver un Roc aux six Freddy et Blanche-Neige a fait mieux puisqu'il lui en a phallus sept, m'a dit que là où je vais il y a des Gilbert cafés où on peut se brancher sur internet. Je pourrai peut-être vous envoyer des cartes postales, sans les timbrer. Je suis préparé pour mes vacances : Imodium, Motilium, Géranium, aluminium pour emballer les restes du buffet du soir pour les manger le lendemain à midi car j'ai choisi la demi-pension. " Il ne faut pas vous pensionner tout de suite " m'a dit mon psy, " vous êtes trop jeune. Commencez par une demi-pension ". Ils m'ont rassuré à l'agence de voyage : même en demi-pension on a droit à un lit entier. Et à un copieux petit déjeuner comme chez Titine et Chacha. J'ai établi mon programme de la semaine et je vous le livre. Vous recevrez chaque jour une oeuvre inédite sur ce blog, histoire de garder le contact. Vos commentaires sont les bienvenus, comme d'habitude, comme a dit Maille Oué. Pff, dure, dure, celle-là. J'ai vraiment besoin de repos !

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20/08/2009

Cherche l'énigme de l'expression

Aujourd'hui l'énigme du jour, en compétition avec la seule, la vraie, l'unique, celle de Rafaël, tous les jeudis, sur http://carpe-diem-lbsp.skynetblogs.be est : " Voici le portrait d'un jeune homme, célibataire avec un gamin, Kiki et Pipette les hamsters et leur roulette qui empêchent de dormir parce que ces cons font du body-training la nuit, Maurice le poisson rouge beaucoup plus silencieux, rasé de près, l'oeil persan comme les chats du même nom, qui arrive à lire à distance dans les pensées de celles et ceux qui regardent sa photo en ce moment et qui se dit que ce n'est pas beau tous les jours, champion du virage à gauche toute avec un caddy vide au supermarché, attendant inlassablement blonde à forte poitrine aimant vaisseler et repasser des chemises, belge ce qui est une grande qualité, wallon oufti biloute, cuisinier amateur débutant esayant désespérement d'atteindre le niveau amateur averti, éteint de vertige quand il faut remplacer une ampoule électrique quand il faut monter sur un tabouret, habitant au cinquième étage ce qui est un énorme avantage pour les blondes à la forte poitrine qui ont le sommeil léger parce qu'on n'entend pas les bruits de la route et que de la route on n'entend pas les cris du cinquième, ayant toutes ses facultés sauf celle de monter sur un tabouret, pouvant ouvrir une boîte de raviolis les yeux fermés sans se blesser si on lui donne l'ouvre-boîte et la boîte dans le bon sens, aimant les voyages surtout ceux d'une heure ou deux au parc communal. Et bien, ce jeune homme, représente une expression. Top chrono, vous avez vingt-quatre heures pour trouver et une semaine pour répondre si vous êtes blonde ... 

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15/06/2009

Cherche à me souvenir du 11 juin

Le voyage du 11 juin (avec une copine dont je tairai le nom) avec des petits vieux s’est bien passé. Le parcours en train touristique, un vrai train, pas un tracteur agricole à pneus déguisé en locomotive, avec de vrais rails d’époque pas soudés mais mis bout à bout, avec le vrai tagadam tagadam tagadam à chaque joint de rail. Impossible de dormir, impossible de se parler, impossible de résoudre un sudoku, le crayon se trompait de case tellement nous étions secoués. Voyage magnifique. Je le dis, le pète et le répète parce que je sais qu’un de mes potes, Michel, l’organisateur, va lire ce message et j’ai envie qu’il m’invite encore. Par la fenêtre du train on a vu des arbres, des arbres, des arbres. A un certain moment, le conducteur du train, le machiniste en langage ferroviaire, a annoncé : « Vous allez revivre et voir ce que voyaient les travailleurs qui, au début du siècle précédent, prenaient le train tôt, c’est-à-dire de nuit l’hiver et rentraient tard, c’est-à-dire dans le noir ». Revivre, peut-être mais voir, rien. Nous sommes entrés dans un tunnel de plus d’un demi-kilomètre, à un mètre près et le machiniste a éteint les loupiotes. Dans un tunnel ! Noir de chez noir. Pendant un demi-kilomètre parcouru à du dix à l’heure, tagadam, tagadam, tagadam. Faites le calcul. Je ne sais pas si des mains se sont perdues dans le noir mais, par précaution et, afin de garder ma copine, j’ai laissé les miennes dans mes poches. J’ai entendu des cris dans le noir. Incroyable l’effet d’un train dans un tunnel, sans lumière, sur la libido de petits vieux de quatre-vingt ans et plus. Un vrai spectacle son et lumière mais sans lumière. Après le train nous avons eu droit à une séance de musculation. Dans un bus sorti d’un musée. Et trop petit pour asseoir tout le monde. J’étais debout. Remonter le long du cours d’une rivière, en bus asthmatique, cramponné à deux barres verticales, avec le cul qui esquisse la danse des canards à chaque virage, coin coin, je me suis dit en moi-même ‘Et dire que j’ai payé pour ça’. Après 20 minutes de musculation des biceps dans la salle de body-building à roulettes je me suis mis à marcher en lacets, comme le cours de la rivière. J’ai du m’accrocher à un tilleul tricentenaire classé au patrimoine mondial du village. Vint ensuite le repas qui, il faut l‘avouer, était délicieux. Trois services : 1. Tartelette ardennaise OU Terrine de Pâté maison ; 2. Jambonneau rôti à la MOutarde OU TruiTE de la Lesse Cuite mEUnière ; 3. Glace MaisOn OU Crêpe de Campagne (sur le menu il y avait des majuscules un peu partout mais je ne sais plus où). Notre truc à ma copine et moi : nous avons demandé un plat de chaque sorte et nous avons partagé. De ce fait, j’ai mangé une demi-tartelette ardennaise, de la terrine de pâté maison, une demi-truite meunière, un demi-jambonneau à la moutarde, une demi-crêpe et une moitié d’une glace. Six plats pour le prix de trois ! En cette période de récession économique, ce n’est pas négligeable. Si j’avais participé à l’excursion seul je n’aurais pas pu le faire. Je vous laisse le truc sans droits d’auteur. Autre truc : j’ai envoyé ma copine aux toilettes pendant le Café et ses MiGnardises. Il faut dire que nous étions parmi les plus jeunes, ce qui me donnait une légère supériorité en matière de rapidité de fonctionnement des neurones. Parce qu’après il y avait visite guidée du village. D’accord, il faut associer le culturel à la bouffe mais, si l’organisation avait été parfaite, on nous aurait prévenu qu’il n’y avait que deux toilettes pour quatre-vingt petits vieux. C’est dingue le temps que ça prend, pour un petit vieux, de déboutonner sa braguette, de trouver où se cache son rince-patates, de viser dans le pot et de reboutonner le pantalon. Il y en a qui sont ressortis la braguette ouverte, à cause de la complexité des boutons. J’en ai vu deux qui avaient déboutonné leurs gilets, tenu leur cravate en main et pissé dans leur pantalon. Nous, nous étions déjà dehors, près du guide, un peu spécial avec son parapluie ouvert alors qu’il ne pleuvait pas. On nous a quand même prévenu qu’un léger retard dans l’horaire allait se produire parce qu’une des toilettes était réservée aux sans papier vu l’absence de rouleau de réserve. Quand on sait que vingt pourcent des petits vieux doivent faire leur « grande », ça allonge la file devant les toilettes. Le guide est resté sous son parapluie pendant que ma copine et moi avons fait trois fois le tour du village sans guide. N’ayant pas pris mes précautions durant le cAfé ET ses milliardiSes j’ai aidé des indigènes locaux en arrosant leur jardinière de fleurs assoiffées. Nous avons rejoint le groupe quant le guide expliquait « Aux fenêtres de l’étage supérieur, en vous penchant sur la gauche, vous pouvez distinguer des géraniums ». Ah, bon, des géraniums. Je n’ai pas perdu ma journée, je sais maintenant que les trucs qui pendouillent aux fenêtres s’appellent des géraniums. C’est beau, la culture. Après, c-à-d après être monté péniblement dans le car (nous, on est déjà dedans pour ne pas avoir à pousser des culs de petits vieux qui pètent d’avoir trop mangé et qui, pour avoir abusé des boissons gratuites comprises dans le prix de l’excursion, n’arrivent plus à compter les deux marches pour entrer dans le car) nous sommes allés visiter une brasserie où on cultive la bière. Avec l’autocar de l’époque de la pierre taillée (aujourd’hui je me pose encore la question de savoir comment nos ancêtres ont fait pour inventer le moteur alors que les sources de diesel n’étaient pas encore découvertes) nous avons rejoint la brasserie pour une visite obligatoire avant la dégustation gratuite pour les plus valides qui ne se sont pas égarés entre les cuves. Plus de cent marches, vers le haut et vers le bas ! Des marches en treillis métalliques. « Vous n’avancez plus, madame ? ». « Mes souliers à talon aiguille se sont plantés dans la marche en treillis et je n’arrive pas à les enlever ». « Vous devez aller pieds nus à l’étage en dessous et sucer les talons, ça les aidera à sortir ». « Mon bon monsieur, il y a vingt-deux ans que je suis veuve et que je n’ai plus sucé ». « Désolé, ma petite vieille mais on m’attend à la dégustation ». Personnellement, une visite de brasserie dans une excursion de petits vieux, c’est ce que je préfère.   Chaque fois que la serveuse passait, mon verre vide était déjà mis devant l’octogénaire à côté de moi. « Madame, ici, chez moi la chope, lui il ne peut pas, il a le diabète. Dommage pour lui, hein, une si bonne bière ». Après, je ne sais plus. Ni comment on m’a sorti de la brasserie ni comment je me suis retrouvé chez moi dormant tout habillé dans la baignoire. Quelle belle journée. Je cherche à reconstituer l’après-midi du 11 juin.

05/06/2009

Cherche un chouette type

Je recherche un chic type rencontré lors d'un voyage au Kandibandistan. Il avait un accent pas possible et je ne retrouve plus le bout de papier sur lequel il avait écrit son nom imprononçable, quelque chose comme Ptrlchtmngska. Je ne suis sûr que du a. J'en suis certain, un a qui vient de loin, comme aaagl. Je le recherche pour le remercier de m'avoir sauvé de la noyade. Je ne possède qu'une seule photo de lui prise juste avant ma chute dans l'eau. Vous pouvez le voir de dos, partiellement, entre mon bras et mon corps. Le reste est coupé. La personne qui a pris la photo, ne sachant pas que ce charmant monsieur allait me sauver deux secondes après, l'a coupé. C'était un choix difficile : soit le couper, lui, ou me couper la tête. Si vous connaissez cette personne, envoyez-moi ses coordonnées à l'adresse habituelle. D'avance merci. 

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26/09/2008

Cherche à me guérir de la distraction

L’autre jour je m’enduis de mousse à raser et hop, plus moyen de me souvenir où j’avais déposé le rasoir. Je cherche partout, même dans le tiroir à couverts de la cuisine puis, comme d’habitude, je ne me rappelle plus ce que je cherche. Arrivé au supermarché, une petite fille s’écrie : « Maman, là, Saint Nicolas ». Je me retourne brusquement pour le voir et hop, je me retrouve assis dans le caddy d’une dame âgée, plus vieille que les pilues âgées qu’il faut rapporter quand la lampe de poche n’éclaire plus. Et oui, ça aussi c’est idiot. Je lis en cachette, le soir. J’oublie que je vis seul et que j’ai une lampe de chevet. Mais il paraît qu’on peut gagner un voyage si on rapporte ses pilues âgées. Je vais sûrement gagner parce que j’oublie d’éteindre ma lampe de poche. Surtout que je laisse tomber ma lampe de poche en m’endormant. J’oublie que j’ai mis le pot de chambre avec  de l’eau de javel près de moi. Je fais ça parce que je vais bientôt apprendre à nager, pour m’habituer à l’odeur de la piscine. Bref, comme dit mon savon à vaisselle, j’ai du payer le contenu abîmé du caddy. Le garde de la sécurité du supermarché a même voulu que je rembourse la mousse à raser. Or, je peux le jurer comme les scouts, la dame n’était pas rasée. Je n’ai pas vu sa moquette mais sa moustache. Ah oui, j’oubliais ceci. J’ai aussi oublié de dire qu’en tombant dans le caddy je suis tombé sur douze œufs. C’est en voulant sortir de la voiture que j’ai fait un trou dans le siège avant. Le tissus était collé à mon derrière. On dit que les trous noirs sont troublants mais rouler en voiture avec un napperon sur le siège ça fait bizarre. J’ai aussi oublié autre chose mais je ne m’en rappelle plus.

22/09/2006

Cherche à être absent (6)

Mes vacances d'un jour en car de luxe. 17 heures. L'accompagnateur : "Chers amis, nous vous amenons voir des moules".Moi : "C'est con, c'est à midi qu'on aurait du manger des moules". "Ah, ah, monsieur est un comique, on voit bien qu'il est le plus jeune du car". Moi : "Ca doit vous changer, hein". Les petits vieux, en choeur : "Ooooh, honteux". Moi : je n'ai plus rien dit, j'ai peur des coups de canne. L'accompagnateur : "Ce sont des moules en silicone". Moi : "Qu'on bouffe à la sauce polypropylène". Effectivement, c'était une démonstration de moules à tarte, à gâteaux, qu'on peut tordre dans tous les sens et qui reprennent leur forme. J'imagine le lave-vaisselle en silicone, on s'assied dessus et on a un fauteuil ou, dans les ménages, "Chérie, ça tombe, vas te faire placer deux moules". Ce qui est pénible dans ces voyages, c'est la pression : on se sent obligé d'acheter. J'ai choisi la plus grande moule à tarte, ce sera mon souvenir de vacances pour le gamin, je lui dirai que c'est un freesbee. Six fois le prix du voyage. Mon budget vacances a explosé.

16/09/2006

Cherche à être absent (2)

Mon voyage d'un jour en car de luxe, avec climatisation, accompagnateur et démonstrations. Youpie. Voyons le programe : prise en charge des participants. Ouais, je sais, je suis dans le car depuis 6 h 45, il est 12h 15 et il y a encore deux arrêts sur les 23 prévus. La prochaine fois que je voyage en car de luxe, je prends le tgv. Stop. Arrêt. Des soeurs jumelles montent. Deux. Waow. Zut, à elles deux elles doivent totaliser plus de 140 ans au compteur. C'est un voyage ou un cauchemard, hein. On est obligé d'applaudir chaque nouveau participant. Moi : "Clap, clap, nous avons, faim, clap, clap, nous avons, faim". L'accompagnateur : "Je vous rappelle le programme, quand nous aurons réuni tout le monde, nous aurons droit à une petite démonstration". Enfin, nous y voilà, dans une salle. Une dame, au micro : "Qui peut me dire ce que c'est que ces merveilles. Des vitro ..., des vitro ... . Un petit vieux du car : "Heu, des vitraux d'art ?". La dame, au micro : "Non, non, des vitro ..., des vitro ...". J'ai craqué et j'ai pris le micro : "Je sais, moi, madame, je sais, des vî trô d'cul". Aïe, aïe, aïe, ça a jeté un froid dans la salle, tous les vî trô d'cul présents ont crié "Oooooh". C'étaient des plaques vitrocéramiques.Résultat, personne n'a voulu en acheter. M'en fous. J'ai faim. Il est 14 h 20 et toujours pas de boulettes sauce tomate à l'horizon. Je vous raconterai la suite, si je ne suis pas mort de faim.

15/09/2006

Cherche à être absent

Je pars en voyage. Je vais être absent. Profitez-en pour lire les messages antérieurs. Je pars en car de luxe. Avec accompagnateur. Et climatisation. J'ai peur. Il y a vingt-trois points de ramassage des participants à la journée exceptionnelle de démonstrations. Je prends le car de luxe à 6 h 45 au deuxième point de ramassage. Le dépliant est formel : à chaque arrêt, accueil des nouveaux avec des applaudissements. J'imagine, au troisième arrêt : "Clap, clap, clap, salut les vieux, venez, avec vous nous serons cinq". Au dixième arrêt : "Clap, clap, pousse ton cul, la grosse, il est déjà 11 heures". Au dix-septième arrêt : "Clap, hé, ho, dépèchez-vous, on va rater les boulettes sauce tomate". Au vingtième arrêt : "Pendant qu'ils montent, je descend, j'ai pipi, je ne peux plus tenir". Ouf, ça fait du bien; j'ai la vessie vide. Quel cauchemard. Promis, je vous raconterai la suite.

05/04/2006

Cherche les bons gros

Le gamin est à la mer avec sa mère. Avant de partir, il m'a dit qu'il avait perdu le papier de l'école pour le voyage scolaire. Il a juste retenu le prix et il sait qu'il va aller voir les gros de Han. Je trouve que c'est cher pour voir des gros. Il y en a plein les fast food, des gros, gratuitement. Je suis allé sur internet et j'ai tapé gros, pour voir. J'ai obtenu 64.437.612 résultats. Il va me falloir deux ans pour tout visiter. Le gamin revient dans dix jours. Je demande de l'aide aux citoyens et citoyennes pour se répartir la tâche et visiter chacun quelques milliers de sites.

Cherche personnes dormant la fenêtre ouverte

Pendant que le gamin est à la mer avec sa mère, pour lui faire une surprise (au gamin, pas à sa mère), avec l'aide d'un copain, de son garage, de son établi, de sa scie sauteuse, de ses clous, de ses planches de palette et de quelques bières, j'ai réussi à construire quatre nichoirs. Hop, un clou, et de un, dans la cuisine. Hop, un clou, et de deux, dans la salle de bain. Hop, un clou, dans le coin au-dessus de la commode, vous voyez. Le quatrième hop je l'ai cloué dans l'ascenseur, histoire d'égayer l'immeuble avec quelques petits oiseaux. La vie en immeuble pourrait être chouette si on pouvait choisir les autres locataires. Moi, je n'ai pas pu. Parfois je rêve que je suis dans mon appartement au cinquième, seul, sur un île déserte, et que le propriétaire s'est noyé en venant à la nage me réclamer le loyer. Pour les nichoirs, c'est la catastrophe. Les collègues m'ont dit que je devrai dormir la fenêtre ouverte. Ca, jamais. C'est déjà tout juste pour me réchauffer avec les cinq nounours dans le lit. Je cherche des personnes qui dorment la fenêtre ouverte et qui acceptent qu'un gamin aille voir éclore les petits oiseaux chez eux.