20/08/2010

Cherche à rassurer Robert

« Salut Robert, ton séjour en milieu hospitalier se passe bien ? ». « Excellent ». « Robert, on t’a bourré de neuropsychoantidépresseurs ou quoi ? C’est la première fois que je te vois et que tu as le moral qui a quitté le zéro ». « Je dis ça pour que tu ne me poses pas de questions à la con ». « Heuuu. Ah bon. A propos, Robert, la soupe ce midi, elle était bonne ? ». « A la carotte. Je te l’ai déjà dit, ici c’est tous les jours la soupe au légume de saison. C’est moins cher ». « Robert, tu es un veinard. Pense à ceux qui sont hospitalisés à la saison des betteraves rouges. C’est dégueu la soupe à la betterave rouge ». « Et au bureau, comment ça se passe ? ». « Très bien, Robert. Personne ne s’est aperçu que tu n’es pas là. Le chef pense à supprimer ton poste de travail mais, jure-le moi, ne dis rien, c’est un secret, je ne peux pas te le dire. A propos, tu as reçu d’autres visites de collègues ? ». « Personne ».  « Un coup de fil ? ». « Rien ». « Une carte de condoléances ? ». « Aucune ». « Tu vois, Robert, la vie est belle. Il n’y a que moi qui viens te voir ». « Je sais. Je sais aussi que c’est pour manger mon repas du soir ». « Heuuu ».

23/10/2008

Cherche le fromage à tête pressée

« Papa, c’est quoi un fromage à pâte pressée ? ». « Heuuu, c’est quand tu l’as laissé tomber et que tu as marché dessus ». « Papa, ce n’est pas gentil ce que tu dis. Ce n’est arrivé qu’une fois la semaine dernière et c’est toi qui as marché dedans ». « Moi, moi ton père, tu oses me dire ça ». « Rappelle-toi, papa. Quand tu as glissé, j’ai juste eu le temps d’ouvrir la porte du palier, d’ouvrir celle de l’ascenseur, de pousser sur zéro et tu t’es engouffré dedans et tu as disparu ». « Heuuu, c’était à cause du fromage à tête pressée que je me suis retrouvé au rez-de-chaussée nez à nez avec la dame du deuxième ? Enfin, quand je dis nez à nez ce n’est pas tout à fait ça puisque j’ai su lire la marque de sa petite culotte ». « Et tu as fait quoi, papa ? ». « Je me suis accroché à la jupe de la dame pour me relever ». « Et alors, papa ? ». « Elle a craqué ». « T’as une touche alors, papa ». « Non, gamin, pas la dame, c’est sa jupe qui a craqué ». « Et alors, papa ? ». « Tu sais, gamin, on ne reçoit jamais une tuile à la fois, on reçoit toute la toiture. Monsieur Gonzales est arrivé ». « Et alors, papa ? ». « Tu me connais, hein, gamin. Devant l’adversité je fonce. J’ai vite empoigné la veste de la dame pour me relever, elle a craqué. Puis son chemisier, il a craqué. Puis son soutien-gorge, il a tenu grâce aux bretelles mais flop, flop, sein gauche, sein droit, je tenais debout mais j’avais deux obus devant moi ». « Tu as fait quoi, papa ? ». « Tu sais, gamin, des obus, il faut les désamorcer ». « Tu as désamorcé comment, papa ? ». « C’est monsieur Gonzales qui s’en est chargé ». « Et alors, papa ? ». « On a reçu l’autre pan de toiture sur la tête, madame Gonzales est rentrée d’avoir été faire ses courses. Tu peux voir les traces sur mon crâne, gamin, ce sont ses coups de poireaux pour que j’arrête d’étrangler monsieur Gonzales ». « Papa, tu es un héros ». « Je le sais, gamin ».